Bric à Book

En pagaille ordonnée, des livres (pour le côté sérieux) mais pas que ... se nichent aussi des fariboles et des notes sur la musique.

21 novembre 2009

Le livre des choses perdues en livre-voyageur !

37613400Alors que Pétales est chez Liliba et Mangez-le si vous voulez chez Yohan, un petit nouveau vient s'ajouter à la liste des livres-voyageurs : Le livre des choses perdues de Connolly, actuellement chez ma causeuse préférée. 45648140_p

Du coup, j'en fais un livre-voyageur. Le principe est simple : si vous souhaitez lire ce livre, inscrivez-vous ici en écrivant un commentaire, ou envoyez-moi un mail. Je vous contacterai par la suite pour connaître votre adresse.
Quelques petites règles à respecter :
- Poster des commentaires sur ce blog. En gros, il est préférable que je vous connaisse (Ne serait-ce que virtuellement).
- Ne pas garder le livre reçu plus d'un mois. Le but est de ne pas faire attendre trop longtemps les personnes suivantes.
- Me prévenir quand vous l'avez fini afin que je puisse vous donner l'adresse de la personne suivante.

Rien de bien contraignant ...greenstars

© Leiloona à 13:24 - ¤ Balivernes et fariboles - [9] Petites graines - Permalien [#]
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20 novembre 2009

Murena : Vie des feux (chapitre septième)

preview_pageVoici une BD qui semble faire l'unanimité (ou presque), mais que je n'avais pas encore pris le temps de lire ... les couvertures ne me plaisaient pas, et je n'avais pas cherché à aller plus loin (oui, c'est une réaction bien légère, je vous l'accorde).
Il y a quelques semaines, la liseuse m'a vanté les scenarii et le dessin de cette série, du coup j'ai eu envie de jeter un coup d'œil au dernier tome. Coup d'œil qui s'est transformé en achat très rapidement.
Comme il s'agit du septième tome, j'ai pris l'histoire en cours de route.

Nous sommes en 63 ap JC et Néron vient de perdre sa petite fille Claudia Augusta. Il est alors rongé par le chagrin, et pense qu'une malédiction s'est abattue sur sa famille. Alors qu'il est plongé dans ses pensées, sa femme Poppée lui annonce que Tigellin vient d'arriver avec l'homme que Néron recherchait. Cet homme, c'est Pierre, à la tête d'une secte qui prend une grande ampleur ...
Toujours lors de cette entrevue, le préfet des vigiles tente de le mettre en garde : les grands bâtiments en bois localisés dans le centre de Rome pourraient prendre rapidement feu si personne ne change la taille des immeubles et des rues. De plus, on annonce un été particulièrement chaud : il faut réagir !
Au même moment, dans une taverne de la ville, deux hommes parlent de deux autres hommes qui auraient trouvé refuge chez une vestale : il s'agirait de Balba et de Murena. Les voici de retour ! Murena aussi a perdu un être cher, Actée, sa fiancée. Et il est prêt à se venger.

La personnalité de Néron fascine : son caractère emporté, sa persécution contre les chrétiens, son côté artiste extravagant et fou ... il y a tant à dire sur cet empereur qu'il méritait bien une série en son honneur !
Ici, même si Murena est un personnage fictif, les auteurs de la BD  publient une histoire réaliste. Du coup, à la fin de l'opus, différentes explications historiques avec leur source sont données. Très appréciable de savoir que les auteurs souhaitent garder un cadre réaliste.
Quand l'Histoire possède plusieurs versions d'un fait reconnu (ici, l'incendie de Rome), les scénaristes choisissent de nous donner leur version, celle qui aurait pu avoir lieu, tout en gardant une pointe de vraisemblance.
2Malgré tout, nous sommes loin de l'univers d'Alix. Ici, les différents personnages n'hésitent pas à tuer ou à montrer leur côté sombre. Pour les besoin de l'histoire, les scènes de viol ne seront pas censurées par exemple, même si on ne s'attarde pas non plus sur cette action, et plus d'une fois l'homosexualité sera évoquée. Ainsi, cette BD s'adressera plutôt à un public averti.
J'ai été assez bluffée par les détails des planches, dont le découpage rappelle les plans cinématographiques, et l'utilisation des couleurs est irréprochable.
Je comprends donc pourquoi cette série a tant de succès.

A noter que le premier tome "Le Pourpre et l'Or" vient d'être édité en latin : "Murex et Aurum" ! Je sais donc quelle BD je vais acheter prochainement ! Murena_en_latin_Murex_et_Aurum_MURENA_8_bd_full_size

Ed. Dargaud, 46 pages, 11 €

lhistoire_MurenaSur le blog de Manuel Picaud, vous pourrez visionner la vidéo d'une conférence donnée à la Sorbonne lors de la publication de ce 7ème tome.

Sur BD Gest', vous pourrez lire les 7 premières planches.

En complément de ce septième chapitre "Vie des feux", j'ai aussi acheté un Hors-Série  "L"Histoire", sorti tout spécialement pour ce tome : "Rome au temps de Néron."

© Leiloona à 08:51 - ¤ Balivernes et fariboles - [18] Petites graines - Permalien [#]
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18 novembre 2009

Grimpow, le chemin invisible de Rafael Ábalos

9782226193506_jAprès Grimpow, l'élu des Templiers, revoici notre héros avec Le chemin de l'invisible. Ce deuxième tome est la suite directe du premier : Grimpow possède enfin la Lapis philosophorum, pierre supposée lui donner un pouvoir immense.
Quand le livre s'ouvre, il est à Chartres, avec Weienell et Salietti. Ils s'apprêtent à reprendre la route, quand Grimpow entend sur la place une voix  qui ne lui est pas inconnue. Mais bien-sûr, il s'agit bien d'un sage de l'Ourobore !
Nos compagnons s'arrêtent alors pour s'apercevoir que deux soldats prennent chacun un bras du vieil homme qui en retour se débat. L'occasion est trop belle : Grimpow l'appelle pour que le vieux sage prenne la route avec lui.
Grimpow ne s'était pas trompé : il s'agit bien d'Anatole Pempius, celui qui lui a parlé dans la cathédrale ! Selon le vieil homme, il faut que Grimpow aille sur Paris pour suivre sa destinée. Il s'agirait de découvrir bien plus qu'un trésor, en lien avec cette fameuse pierre ...

Cette nouvelle quête, qui n'est autre que la suite directe du premier tome ne sera pas de tout repos puisque Grimpow devra affronter Boulvar de Gotzell, l'Inquisiteur féroce. Ce dernier a fait appel cette fois-ci à des forces mystérieuses, puisqu'il a sorti de son cachot une jeune sorcière pas comme les autres. Avec sa marque en forme d'étoile sur son épaule, elle serait la descendante d'une lignée de sorcières extrêmement puissante !

Dans ce deuxième tome, la narration est beaucoup plus axée sur la psychologie de Grimpow. Dans le premier tome, il subissait son destin, ici le lecteur le voit plus évoluer dans un univers de la vie quotidienne. Par exemple, à Paris, on suit l'adolescent à la Sorbonne où il fait la connaissance d'un autre jeune homme de son âge.
Ainsi le jeune lecteur pourra davantage s'identifier au héros. Surtout que ce dernier connaitra dans ce deuxième tome les premiers frissons de l'amour.
Néanmoins, la quête n'en est pas reléguée au second plan pour autant : c'est en compagnie de  ses deux nouveaux amis que Grimpow essaiera d'avancer un peu plus sur ce chemin invisible, quitte à se retrouver dans des situations bien rocambolesques.

En somme, l'action tourne surtout ici autour de l'adolescence de Grimpow. Dans l'autre tome, il était catapulté héros sans le vouloir, dans ce tome-ci le récit s'attarde sur les joies typiques d'un adolescent, avec pour cadre le Paris du XIIIème siècle.
Les grandes lignes de l'Histoire ne me semblent pas erronées (je pense par exemple à la mort de Philippe Le Bel ou encore à la chute de l'ordre du Temple), mais là encore je ne pense pas avoir les connaissances nécessaires pour débusquer l'anachronisme. Bien-sûr, la présence de la magie ou de la sorcellerie fait tout de suite glisser ce roman vers le merveilleux. Mais le but de l'auteur n'a pas été ici d'écrire un roman historique.
Un roman médiéval-fantastique ("un med-fan") qui, sans oublier les mystères et les énigmes du premier tome (l'auteur a réutilisé le fameux carré magique Sator dans ce tome.), est davantage axé sur la psychologie de notre héros adolescent.

Collection Wiz chez Albin Michel, 376 pages, 15 €

15 novembre 2009

Terre des Affranchis de Liliana Lazar

terre_des_affranchisUne partie isolée de la Roumanie des années 70, une forêt qui encercle un village perdu, des croyances autour d'un lac "La Fosse aux lions", des moroï que d'autres contrées appelleraient des âmes errantes, des villageois bien isolés et remplis de superstitions.
Voilà le décor brumeux de Terre des Affranchis planté.
Si on zoome d'un peu plus près, on tombe sur une maison encore plus isolée que les autres. Il faut vraiment le vouloir pour rendre visite à cette famille ! Un père violent impose une loi féroce au sein de sa famille, c'est lui le patriarche et on doit lui obéir. Sa femme ne dit rien. Seuls les bleus qui criblent son corps sont les témoins de ce qu'on lui fait subir. En revanche, son jeune fils Victor ne l'entend pas de cette oreille. Ainsi, alors qu'il se balade près de la Fosse aux lions, il aperçoit son père au loin. Encore une fois, cet homme pourchasse son petit pour lui donner une belle correction.
Mais Victor a un lien particulier avec ce lac. Comme si les eaux souhaitaient le protéger. Alors, quand son père approche, voici que les eaux montent et emportent petit à petit le corps du père. Les coups de son fils suffiront à lui faire lâcher prise.
Ce sera le premier meurtre de Victor.

Quand on ouvre ce roman, on prend de plein fouet des vapeurs slaves sur son visage. Nous sommes en Roumanie, pays connu pour avoir été le berceau de Dracula. Un pays où les légendes côtoient de près le quotidien des villageois, auxquelles s'ajoute une foi religieuse assez prégnante.
Quand on descendit la bière de l'attelage, la clameur monta d'un cran. Les pleureuses n'étaient pas des professionnelles mais de pieuses femmes qui, en échange d'une collation, donnaient aux funérailles une dimension plus dramatique encore. Après quelques minutes, les lamentations s'atténuèrent. Le père Ilie s'approcha du corps et commença à réciter la prière des morts. Le cercueil était ouvert pour que la défunte reste présente aux vivants jusqu'à sa mise en terre.
Aux légendes et à la religion viendront s'ajouter les turpitudes de la Roumanie de Ceauşescu au fil du roman, puisque ce récit s'étale sur plus de 20 ans. Nous avons donc ici une carte de la Roumanie des années 70 à nos jours. Des années de changements et de renouveau.

Les ingrédients de ce récit ne pouvaient que me plaire ! Que pouvais-je demander de plus ? Une terre slave de légendes, un lac animé de pouvoirs bien surprenants, un communisme montré sous son jour le plus noir ... malheureusement la mayonnaise n'a pas pris. Un peu comme lorsqu'au cinéma une perche reste visible. Dans ce récit, les descriptions sont très belles, oniriques et nimbées d'une brume envoûtante, mais aussi très travaillées. Trop, peut-être, puisqu'elles semblent souvent plaquées et artificielles.
Et que dire de Victor, grand naïf et costaud, un peu Quasimodo sur les bords, qui tue mais sans savoir pourquoi et qui reste tout de même doux comme un agneau à d'autres moments ! Un jour brave élève consciencieux qui recopie des écritures saintes, un autre jour meurtrier sans âme.
Parfois, on croise un personnage qui semble avoir une importance dans ce récit, mais qui s'éclipse trop vite pour revenir  une quarantaine de pages plus tard et prendre pour le coup une très grande place dans l'intrigue.
Il n'en aurait pas fallu beaucoup pour que la sauce prenne.
Quelques ficelles en moins, des personnages plus subtils, une narration mieux maîtrisée. Malgré tout, un charme certain émane de ces pages.

Ed. Gaïa, 198 pages, 18 €

Merci à Guillaume de Babelio de m'avoir envoyé ce livre via l'opération masse_critique.
C'était aussi une lecture commune avec Petite Fleur : elle a déjà rendu sa copie (j'ai été la mauvaise élève, aujourd'hui.) Pour elle, ce roman une réussite, sombre, fort et dérangeant.
D'autres l'ont lu et je crois que nous sommes peu nombreux à ne pas avoir été charmés par cette histoire.
Papillon a ressenti la même chose, et je vais d'ailleurs me joindre à ses hurlements de louve.
Aifelle reconnaît quelques maladresses, mais elle a aimé l'écriture fluide de l'auteur, Béné écrit que c'est un roman très dense qui dépeint la condition de l'homme dans une société roumaine bien compliquée, Lael a été emportée par le tumulte des Moroï, Kathel et Lilly se promettent de suivre cet auteur au talent prometteur.
Arff, j'aurais tant aimé partager ces mêmes émotions et me plonger à corps perdu dans cet univers à la Barbey D'Aurevilly ! 

14 novembre 2009

Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates

fille_noire__fille_blancheDeux portraits de deux jeunes femmes s'opposent dans le nouveau roman de Joyce Carol Oates. L'une, Genna Meade, est issue d'une famille blanche aisée. Fille d'un avocat, fervent défenseur des droits civiques et d'une femme déjà ruinée psychologiquement par des drogues diverses, et descendante du fondateur d'un collège prestigieux dans lequel elle s'apprête à entrer en première année. C'est une jeune femme frêle aux multiples tâches de rousseur. L'autre, Minette Swift, noire, fille de pasteur et animée d'une foi sans failles. Boursière et de corpulence bien plus ronde que Genna.
Le hasard place Genna et Minette dans une même chambre. Deux femmes que tout oppose et qui ne partent pas sur un terrain d 'égalité.
Nous sommes alors dans les années 70 encore marquées par un racisme ambiant, et il n'est pas rare que Minette soit l'objet d'attaques, qu'elles soient fantasmées ou réelles.
Malgré cette opposition flagrante, ce sont avant tout deux femmes dont l'esprit est entaché par le poids des générations précédentes.
Ainsi, Genna tentera de combler les moindres désirs de sa camarade : puisqu'elle descend d'un homme illustre, elle se doit  pour lui et pour son père de compenser tous les outrages subis par Minette. Genna est en effet animée par la volonté de reconnaissance d'un père omniprésent par son absence. Un père qu'elle vénère, même s'il possède des côtés obscurs, comme le montre un diminutif dont elle l'affuble de temps en temps : Mad Max.
Comment  trouver sa place entre un père brillant et reconnu et une mère lentement gagnée par l'hystérie ?
Protéger Minette est sa bouée de sauvetage : avec elle, elle a l'impression de servir à quelque chose.
De son côté, Minette n'a rien d'une camarade sympathique. Son dédain pour Genna, malgré tout ce que celle-ci fait pour elle, ne diminue pas au fil des pages.
On pourrait facilement s'apitoyer sur Genna, puisque celle qui ne possède pas grand chose si ce n'est un nom, de l'argent et sa peau blanche, on pourrait aussi rejeter Minette et son caractère bien trempé. Mais il ne s'agit pas ici de savoir à quel personnage le lecteur doit s'identifier.
Il s'agit plutôt dans ce récit de faire le portrait d'une Amérique post-nixonienne à travers le portrait de ces deux jeunes femmes.
Finalement, dans ces années 70, quelle place peut-il y avoir pour deux individus ? Comment une amitié aurait-elle pu réunir ces deux étudiantes alors marquées par le poids de leur famille et une certaine culpabilité ?

En ouvrant le livre, le lecteur sait déjà comment se terminera cette histoire, puisque le narrateur place son récit sous le signe d'une enquête. C'est avant tout un récit cathartique écrit dans le but de soulager une conscience, celle de Genna :
Minette n'a pas eu une mort naturelle, elle n'a pas eu une mort facile. Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j'ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j'étais celle qui aurait pu la sauver, et je ne l'ai pas fait. Et personne ne l'a jamais su.
Quinze ans après les faits, Genna reprend donc son stylo pour écrire un texte sans titre. Un texte qu'elle n'arrive pas à nommer, un peu comme sa vie en somme.
Le lecteur est alors amené à comprendre comment Minette a pu trouver la mort avant la fin de sa première année scolaire. Malgré tout, le roman n'en devient pas policier pour autant. Hormis une tension palpable, le récit s'oriente davantage vers une peinture de l'Amérique des années 70 à travers le portrait de deux étudiantes de 19 ans, que tout oppose au premier abord.
Les personnages sont intéressants à suivre du fait de leur complexité. Au début, on pourrait se dire que Genna est antipathique parce qu'elle n'agit que par procuration, afin d'être bien vue par ce père absent. Une pauvre petite fille riche remplie de compassion pour les opprimés en somme. Et Minette peut l'être tout autant. Elle, la jeune femme noire si hautaine, qui est-elle pour mépriser tout le monde ?
Mais quand on gratte un peu plus, ce roman dépasse la simple opposition entre Genna et Minette. C'est beaucoup plus complexe que ça, tout comme la fragile amitié qui les unit.
Et puis, en lisant la fin, le lecteur s'apercevra que la problématique ethnique est reléguée derrière celle qu'on se pose tous : quelle est ma part de responsabilité dans ce que je vis ? N'y a-t-il pas une part de fatalité ? Et surtout, jusqu'où pouvons-nous aller pour nous émanciper de nos attaches ?

Un roman complexe, à plusieurs niveaux de lecture.
Quand le lecteur tourne les pages, c'est un peu comme lorsqu'il va voir une tragédie sur scène. Ce n'est pas la fin qui est importante, mais tous les évènements qui conduisent à cette fin. Au début du livre, le ressort est bandé, cela roule tout seul. C'est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts, et les éclats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence quand le bras du bourreau se lève à la fin (...) Antigone, Anouilh.    

Ed. Philippe Rey, 379 pages, 20 €

Roman lu grâce à blogobookih8. Vous retrouverez de nombreux avis de billets ici.
Amanda : Culpabilité, identité, solitude :  fille noire, fille blanche, les héroïnes de Joyce Carol Oates ne sont ni toutes blanches ni toutes noires : toutes en nuances et grises et obscures.
In Cold Blog : L’atmosphère de Fille noire, fille blanche est digne de celle d’un polar : tendue, douloureuse, oppressante. En un mot : inconfortable.

11 novembre 2009

Le Grand Prix littéraire du Web

Souvenez-vous : il y a un peu moins d'un mois, je vous parlais d'un nouveau prix littéraire.
Encore ?,
entends-je dire dans le fond.
Oui, sauf que là, les internautes peuvent être actifs dans la sélection des œuvres retenues. En devenant cliconautes (c'est beau comme mot, il ne manque plus qu'un Jason à la barre !), vous, internautes, pouvez sélectionner certains de vos coups de cœur de la rentrée, ou au contraire, éviter qu'une daube œuvre qui n'aurait pas retenu votre attention soit sélectionnée.
Une fois le tri terminé (il suffit pour cela de cliquer sur les petites étoiles du site des Chroniques de la rentrée littéraire), 13 livres ont vaillamment tiré leur épingle du jeu. 
Livres que voici :

Les romans français :
Le grand exil de Franck Pavloff
La perrita d’Isabelle Condou
Conquistadors d’Eric Vuillard
Enclave de Philippe Carrese

Les romans étrangers :
Les aubes écarlates de Léonora Miano
La clé de l’abime de José Carlos Somoza
Le livre des choses perdues de John Connolly
Histoire de mes assassins de Tarun J. Tejpal

Les premiers romans :
L’éclat du diamant de John Marcus
L’invisible de Pascal Janoviak
L’homme de cinq heures de Gilles Heuré
La peine du menuisier de Marie Le Gall
Le livre des nuages de Chloe Aridis

A partir du moment où j'ai reçu ces livres, j'ai été projetée dans une autre dimension : les mots devenaient ma nouvelle patrie et mon nouveau compagnon pour quelques semaines. Souvent la traversée fut difficile : il fallait concilier le temps imparti avec une certaine qualité de lecture tout de même. Très vite, certains livres se sont détachés de cette sélection. D'autres ne resteront malheureusement pas dans mon top ten.   
Puis, le jury de ce prix s'est réuni pour délibérer. Il y eut quelques cheveux arrachés, des visages griffés, des pieds écrasés, mais en cette démocratie littéraire ©David Abiker le vote nous a départagés.

Voici donc les résultats (j'espère que pour la lecture de ce billet, vous avez mis votre smoking ou fait votre brushing !)

Dans la catégorie Romans français : La Perrita d'Isabelle Condou !
Dans la catégorie Romans étrangers : Le Livre des choses perdues de John Connolly !
Dans la catégorie Premiers Romans : L'Homme de cinq heures de Gilles Heuré !
Dans la catégorie Prix spécial du jury (comme à Cannes, on se la pète un peu, oui, oui) : Conquistadors d'Eric Vuillard !

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Récapitulatif des avis du jury avec ce petit diaporama :

1er Grand Prix Littéraire Du Web : La sélection

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(Si vous voulez, on peut faire un jeu qui consisterait à retrouver mes phrases : il paraît qu'on reconnaît mon style.)
Cette soirée de remise de prix, placée sous l'égide de David Abiker, a permis de voir deux des auteurs primés.
Gilles Heuré a expliqué comment l'idée de son premier roman lui était venue : depuis son passage en prépa, après avoir entendu dire que la fameuse phrase "La Marquise sortit à cinq heures" ne pouvait se trouver dans un nouveau roman, qu'au contraire cette phrase symbolisait un roman balzacien et daté, Gilles Heuré a commencé à noter toutes les occurrences de cette heure. Que ce soit en littérature, en peinture, au cinéma etc.
Cet historien de formation a donc eu au fil du temps une compilation assez importante sur ces "cinq heures du soir".  C'est alors qu'il eut l'idée de broder une fiction autour.
Ensuite, ce fut Isabelle Condou qui vint nous parler de sa Perrita. C'est une femme émue de l'accueil de son roman qui est venue nous parler. Une femme touchée par ce bébé qu'elle avait vu s'envoler de ses propres ailes. Si je n'avais pas lu son roman, je crois qu'elle m'aurait donné envie de le découvrir.
Connolly, actuellement à New-York, ne pouvait être là, mais son éditeur le représentait avec un mail à la main.
Vuillard n'était pas là pour cette remise de prix.

Voici comment se termine cette soirée. Elle m'a permis de revoir les membres du jury, qui comme moi ont lu cette douzaine de livres : Stéphie, Fashion, Tilly, mais aussi de revoir des blogueuses comme Amanda et Lancellau et de connaître Ori.
Dernière petite chose. Qui dit prix, dit bandeau. Celui du Grand Prix littéraire du Web est rouge, et le voici :

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Le site des Chroniques de la rentrée littéraire remet ça pour la rentrée littéraire du mois de janvier. Si vous voulez suivre ce prix et y participer, rendez-vous le moment venu sur leur site ici.

10 novembre 2009

Rêve d'amour de Laurence Tardieu

reve_d_amourJe me demande ce que je suis, moi, à pleurer sur des fantômes, où est ma vie, où passe ma vie, trente ans déjà, trente ans à courir après des fantômes, trente ans à chercher celle dont je ne me remets pas de la disparition, trente ans à ne pas trouver les mots devant celui qui est resté. Il faudra bien, un jour, que je commence quelque chose, que je cesse de me laisser traverser par des absences, que je vive ma vie ...

Si je devais raconter l'intrigue de ce roman, elle tiendrait en quelques phrases.
Il s'agit d'Alice, une jeune femme encore hantée par la disparition de sa mère, morte quand elle avait cinq ans. A trente ans, alors que son père vient de mourir, elle tient à faire la connaissance d'un homme que sa mère a aimé. Pour pouvoir la comprendre, mais aussi pour se comprendre.
Il est tellement difficile d'avoir les ailes assez longues pour voler quand on ne sait pas d'où l'on vient. Eh bien, c'est la même chose pour Alice, au cœur meurtri.
Qu'espère-t-elle découvrir au juste en rencontrant cet homme ? Elle ne le sait pas vraiment elle-même, mais c'est un besoin vital pour elle.
Soutenu par Hannah, cette sœur de cœur, parce que les grandes douleurs ne se partagent pas, elles s'accompagnent, elle compte sonner chez cet homme, autrefois l'amant de sa mère, afin de se rapprocher une dernière fois de celle dont il ne reste rien.
Des souvenirs épars : Sont-ils à elle ou ont-ils été forgés par la mémoire des photos ? Alice a besoin de se créer des souvenirs concrets.
Au début, elle l'avait attendue. A 5 ans, on ne comprend pas la mort : je l'attendais des heures durant, assise dans ma chambre immobile, obstinée, je l'attendais, je ne pleurais pas, pour ne pas compter les jours je comptais les moutons, elle allait revenir, c'était évident, comment une mère peut-elle abandonner son enfant, comment ma mère aurait-elle pu m'abandonner, je l'attendais sans rien dire à personne de la brûlure de cette attente, je l'attendais, ma mère, son rire, l'odeur de sa peau, ses robes en coton, elle allait revenir, ce soir, ou demain, ou la semaine prochaine ... elle ne m'avait pas dit adieu or on dit adieu lorsqu'on ne revient pas, je pouvais attendre ma mère sans crainte, elle allait revenir.

Parfois les hasards de la vie sont vraiment troublants : après les lectures imposées pour les chroniques de la rentrée littéraire, je voulais revenir à mes choix. Et ce livre s'est imposé de lui-même avec cette couverture qui me rappelle mon enfance : des moufles oranges et un manteau vert à chevrons. Pas de doute, les années 80 sont bien présentes sur cette photo. Je ne savais pas de quoi ce livre parlait. Et puis, dès les premières pages, j'ai ressenti un vertige. Un peu comme si j'avais pu écrire ces pages.
Le hasard, me dites-vous ?
Alice se livre donc à une quête identitaire : retrouver des bouts de vie de sa mère pour savoir où placer ses deux pieds et devenir une femme stable.
Bien-sûr, ce sont les phrases interrogatives qui dominent. C'est encore ce qu'on fait de mieux pour poser des questions.
Après quoi suis-je en train de courir ? Des rêves ? Des souvenirs ? Des désirs ? Qu'y a-t-il de vrai dans tout ça ?
Ces phrases interrogatives et ce style haché donnent un rythme haletant à notre lecture.
Et puis, à côté de cette quête identitaire vient se greffer une autre problématique : l'écriture. A quoi cela sert-il d'écrire ?
Écrire, est-ce aimer ? Écrire, est-ce chercher à être aimé ? Y a-t-il une écriture possible sans amour ? Y a-t-il un amour possible sans mots, sans verbe, sans langage ?
L'écriture provient d'un désir, qui vient de très loin et s'éprouve au présent ? Le désir crée l'écriture. Amour, écriture : le même abandon.

Certains diront que ce livre est trop sentimental ou mélodramatique, mais comment ne pas montrer son désarroi face à cette quête qui semble interminable ? Chercher le passé d'un mort pour se construire est difficile puisqu'il y aura toujours une personne intermédiaire entre ce mort et soi-même.
Pour ma part, mais vous l'aurez compris, j'ai trouvé ce récit touchant et troublant.
C'est le deuxième livre de Tardieu que je lis. Un temps fou m'avait déçue car j'avais trouvé l'intrigue trop répétitive. Malgré tout, j'avais bien aimé le style de l'auteur. Je le retrouve ici, et ce fut une belle surprise. Tout comme le dit la quatrième de couverture  : l'auteur joue avec les mots pour mieux connaître nos géographies intimes.

Ed. Livre de Poche, 157 pages, 5 €

BOB recense les avis de la blogbulle. Vous y trouverez des avis dithyrambiques, d'autres plus négatifs. Cela doit sans doute venir de l'identification que ce roman provoque chez certains lecteurs.

Pour terminer, parce que le livre en parle : "Rêve d'amour n°3" de Liszt.

09 novembre 2009

Goncourt des lycéens 2009 décerné à ...

le_club_des_incorrigibles_optimistesRoulements de tambour ! mus23

 

Jean-Michel Guenassia pour son roman Le club des incorrigibles optimistes.

 

Le jury a été séduit par la richesse de cette histoire et le réalisme des personnages.

Une vidéo de l'auteur qui nous parle de son roman.


Eh bien, je sais quel sera mon prochain achat !
Et je suis ravie de constater que les 770 pages n'ont pas rebuté les lycéens !

© Leiloona à 15:03 - [27] Petites graines - Permalien [#]
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07 novembre 2009

"Seven things shaping my fall" ou l'art de passer un bon automne !

Je suis abonnée au chiffre trois puisqu'une fois encore, ce sont trois drôles de dames qui m'ont taguée : Emma, Choco Et Caro.
Il s'agit aujourd'hui de parler de 7 occupations qui rythment mon automne.
Petit interlude automnal.

1. Le repos :
En ce moment, tout le monde me dit "Profite, après ce ne sera plus possible". Alors, comme je suis sage, je m'exécute : je me repose et prends du temps pour moi.
Le calme avant la tempête, sans doute ! 2gwb921

2. La lecture :
Peut-être l'avez-vous remarqué, je lis davantage en ce moment. C'est la conséquence du petit 1. Ce dernier mois, j'ai surtout lu pour le prix des Chroniques de la rentrée littéraire car j'ai accepté de faire partie du jury ...
Pas toujours évident de garder le plaisir de lire lorsqu'on a un  temps imparti. Très court de surcroît. reading
Mais ce prix touche à sa fin, je vais reprendre le cours normal de mes lectures.

3. La cuisine : pin_up_cuisiniere_elvgren
Depuis un bon mois, j'ai enfilé le tablier de Bree Van De Kamp.
Armée de mes moules en silicone, je manie le fouet comme personne ! La farine, le sucre, le chocolat et la pâte de spéculoos n'ont qu'à bien se tenir ! J'ai même pensé ouvrir un blog cuisine. C'est dire !
L'homme ne s'en plaint pas, ses copains non plus.  (L'image de droite n'est pas contractuelle.)

4. Se documenter :
Une activité importante ... et elle ne cessera pas de si tôt.
En ce moment, je me passionne pour un sujet bien particulier. Si je vous dis que Laurence Pernoud n'aura bientôt plus de secret pour moi, je vous donne un sacré indice  ... 2lbkos0

5. La décoration :
Réaménager la chambre d'amis, choisir un nouveau lit. Bien plus petit que l'actuel ... et faire de cette pièce un petit nid douillet.(C'était le deuxième indice.)

6. Les séries :
Je vous ferai dans la semaine un billet sur l'une d'elles. Parce qu'elle est franchement hilarante. Vraiment. (Quel sens du teasing, c'est épatant ...)

7. Les feuilles :
Une dernière occupation que je ne peux avoir qu'en automne : faire voler les feuilles avec mes pieds. feuilles07Attitude très enfantine, je vous l'accorde.
Le top du top ? Une balade en forêt et faire un concours de feuilles.

Finalement ce sont des occupations bien casanières. Mais ça fait du bien de temps en temps de se poser.

Il me reste à taguer quelques blogueurs. interview
Stéphie parce qu'elle m'a donné une recette de muffins il y a quelques jours qui est une vraie tuerie (quand je vous dis que je ne suis qu'un ventre sur pattes ...), Faustine parce qu'elle a sûrement des choses à dire pendant la préparation de son mariage, Lael parce que j'aime ses billets et l'ambiance automnale de son blog.
A vous, les filles !

© Leiloona à 19:27 - ¤ Balivernes et fariboles - [66] Petites graines - Permalien [#]
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06 novembre 2009

Enclave de Philippe Carrese

enclave_carreseQuand en janvier 1945, les Allemands prirent peur de l'avancée des chars soviétiques, des camps furent abandonnés. Après des années de captivité et de soumission, les détenus de ces camps étaient enfin libres !
Libres de sortir, de passer de l'autre côté de cette barrière, de franchir ces barbelés qui étaient pour ces détenus leur seule ligne d'horizon.
Libres de bouger comme bon leur semblait !
Au début, ils n'osèrent pas. Ils n'y croyaient pas vraiment. Cela s'était passé si vite ! Peut-être était-ce un piège des Allemands eux-mêmes ? Peut-être était-ce une machination pour leur donner une fausse joie ? Mais non. Il fallait bien se rendre à l'évidence : ils étaient bien partis. 
Les détenus de ce récit font partie d'un camp de travailleurs. Même si les conditions de vie n'ont rien d'idyllique, leur sort n'est pas comparable aux détenus des camps polonais. Ici en Slovaquie, les détenus ne sont pas devenus des fantômes vivants.
En fait, ce camp était à l'origine un bordel. Des femmes blondes aux yeux bleus, de type aryen donc, qui avaient sauvé leur peau en échange de leur enveloppe charnelle y avaient été amenées. Puis, avec le temps, une usine de cercueils avait vu le jour, et avec elle des travailleurs.

Ces hommes et ces femmes viennent donc tout juste de goûter à la liberté. Certains enfants nés en captivité ne savent même pas quelle herbe pousse derrière les barrières du camp.
Une fois la surprise passée, les détenus osent mettre un pied en dehors. Mais très vite, les voici confrontés à un problème de taille : les Allemands ont miné le pont, unique échappatoire.
Alors, ces hommes qui pensaient être libres sont obligés de rester dans ce camp. Dans cette enclave.
Une vie sans geôliers va commencer.
Ils doivent s'organiser le plus vite possible s'ils ne veulent pas mourir : trouver un chef, de la nourriture, se chauffer ...
Déjà des figures fortes jaillissent : Dansko paraît être le meilleur pour devenir leur commandant.
Mais comment éviter les débordements ? Ces hommes si longtemps avilis peuvent-ils suivre un nouveau chef ? Et ce meneur réussira-t-il à sauver ce petit groupe ? Dankso est-il vraiment le meilleur dans ce rôle ?

Voici un roman découpé en cinq chapitres, qui durent chacun une journée, comme plusieurs petites tragédies dont les écrous se mettraient en place un à un .
Même s'il s'agit de l'après libération d'un camp, ces hommes luttent toujours pour survivre. C'est donc un microcosme qui se met très vite en place : comme dans n'importe quelle société, un chef est désigné, puis des conseillers. A eux de gérer le camp. Il est intéressant de voir comment chacun tente de prendre ses marques dans ce système provisoire, voire de s'imposer.
C'est Matthias un jeune adolescent, dit Eide -le lézard-, qui nous raconte cette histoire. C'est lui le scribe qui  retrace les différentes journées. Le lecteur suivra donc ses pensées tout au long du livre.
Ce camp, cette enclave plutôt, a tout des Enfers antiques : c'est un lieu clos, où règnent certaines tentations comme  la nourriture qu'on ne doit pas toucher trop avidement sous peine de voir son estomac éclater. Ainsi, les anciens détenus sont un peu comme le supplicié Tantale qui ne pouvait  ni manger ni boire. C'est un lieu cerné par des montagnes et un tunnel,  comme l'entrée de Enfers, un lieu où un fleuve infranchissable coule. Fleuve qui pourrait rappeler le Styx, mais sans le passeur Charon malheureusement. Et aux frontières de ce lieu infernal, un animal dont les griffes et les crocs déchiquètent tout sur son passage : un Cerbère des temps modernes.
Il reste tout de même à savoir si, une fois sortis de cette enclave, ces hommes auront droit aux Champs-Elysées (lieu de repos éternel pour les héros) ou au Tartare (lieu de damnation.)

Encore une fois, ce n'est pas un sujet léger. Mais il s'agit avant tout ici de voir ce que l'homme met en place pour survivre dans de telles conditions. Et c'est aussi un roman plein d'espoir puisque Matthias, un adolescent qui symbolise l'avenir, ne cesse de vouloir sortir de cet Enfer.

Ed. Plon, 313 pages, 20 €

Lu dans le cadre du Prix des Chroniques de la rentrée littéraire.

20 Minutes : Exploitant jalousies entre classes sociales, tensions raciales et sexuelles au sein du camp, Dankso crée un mélange entre royaume féodal et dictature totalitaire, hanté par la présence fantomatique des nazis, restés dans le camp par le biais de leurs chats. En un roman qui se lit d'une traite, Carrese nous interroge sur le despotisme. Et, surtout, sur la responsabilité des hommes libres qui, par lâcheté, méconnaissance ou épuisement, le laissent prospérer. 
Le Figaro : Un récit palpitant d'une aventure hors norme, écrit avec la simplicité et la délicatesse qu'impose le maniement de la dynamite. 

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