02 juil. 09
Orgueil et Préjugés ( Version de la BBC)
Après avoir vu l'adaptation de Joe Wright et lu le livre d'Austen, il fallait bien que je complète ma collection avec cette série. Le film ne m'avait pas du tout convaincue, aussi je ne devais pas rester sur "cet échec".
Je ne reviendrai pas sur les différents faits de l'intrigue : elle reste toujours la même. : les préjugés et l'orgueil ouvrent toujours le bal de cette histoire avant de laisser place à l'amour ...
L'intérêt de cette série réside surtout dans sa longueur : les six épisodes permettent au réalisateur de ne pas faire trop de coupes. Du coup, il n'a pas été obligé de passer sous silence certains faits essentiels au déploiement du ton de l'histoire. En effet, dans le film de Wright, j'avais trouvé l'ensemble un peu trop porté sur la guimauve, laissant peu de place à l'ironie sous-jacente du narrateur. Dans cette série, ce ton est bien rendu car on retrouve vraiment la verve du livre. Cette longueur qui pourrait effrayer celui qui se lance dans cette aventure est en fait un réel avantage !
D'autant plus que les acteurs sont vraiment crédibles. Jennifer Ehle joue souvent de ses regards et de son sourire narquois, ce qui rend son jeu parfait. Quant à Colin Firth que je ne connais que peu (je crois ne l'avoir vu que dans Bridget Jones), il a su incarner parfaitement les deux versants de Darcy : sa froideur et son petit côté hautain au début de l'histoire sont vite oubliés par ses regards de braise dans la suite de l'histoire ...
D'ailleurs, le casting est dans l'ensemble très bien réussi. Même si le choix de Jane m'a étonnée (dans cette série, Elisabeth est presque plus jolie que sa sœur), le reste m'a bien plu. Une mention spéciale pour Alison Steadman qui joue Mrs Bennet.
Elle m'était tellement insupportable que j'ai été soulagée de moins la voir dans les trois derniers épisodes. Brrrr quelle voix stridente !
Si on se tourne du côté des décors ou des costumes, là encore ils reflètent vraiment l'idée que j'ai de cette époque. Bon, je ne suis pas non une spécialiste, mais dans cette série, Elisabeth n'a jamais les cheveux détachés (alors que dans l'adaptation de Wright, elle arrivait chez Mr Bingley les cheveux défaits.) Le réalisateur a donc trouvé un autre moyen de montrer aux spectateurs l'esprit libre de Lizzy. Quant aux domaines, je ne serais pas contre un petit séjour à Pemberley ! (surtout si Colin sort de nouveau avec sa chemise trempée) 
D'ailleurs à ce propos, l'ajout de cette scène ne me choque pas du tout. Je trouve qu'elle montre à quel point Darcy est désemparé face à ses sentiments. Dans cette série, le bouillon de sentiments contradictoires se voit vraiment bien, montrant ainsi les affres de l'amour.
Alors bien-sûr, il n'y a pas vraiment de recherches de plan particulier, d'effet de zoom ou de travelling, les jeux de lumière sont absents, mais en contrepartie cette série est très fidèle au roman. Les six heures passent donc très vite.
BBC : 6 épisodes de 50 min. Série récompensée par 15 prix internationaux dont quatre nominations aux Emmy awards.
Lou et Isil ont aimé elles aussi.
29 juin 09
Une médaille en or !
Voici que ma copine Stéphie me décerne une belle médaille en or (fourrée au chocolat ! Si, si !) 
Elle a un p'tit côté mille et une nuits qui me plaît bien (la médaille, pas Stéphie). D'ailleurs n'hésitez pas à aller visiter le blog de cette dernière : c'est une grande lectrice ! ![]()
Voici le règlement :
Le mettre sur son blog
Mettre un lien vers le blog qui le lui a transmis
Offrir cette récompense à un ou plusieurs autres blogs
Informer les destinataires
Recopier le règlement.
Pour finir, je décerne donc ce prix à Laurence qui tient toujours en équilibre sur un fil, à Fashion parce qu' en ce moment elle interroge des élèves en or, et à une Rose du Maquis dont la cause est belle.
28 juin 09
Chocolat amer de Laura Esquivel
Lors du dernier salon du livre, je suis tombée sur ce livre dont le bandeau orange a attiré mes yeux : 4 millions d'exemplaires dans le monde. Bon, c'est vrai que la qualité d'un livre ne rime pas souvent avec le nombre d'exemplaires vendus, mais parfois, si.
L'histoire se passe au Mexique, il y a quelques centaines d'années. Doña Elena, femme de poigne, gère sa ferme de main de maître. Aussi lorsque sa dernière fille, Tita, tombe éperdument amoureuse de Pedro, Elena refuse de la marier. Selon la tradition familiale, la dernière fille se doit de rester avec sa mère afin de s'occuper d'elle. Pedro pourra tout de même se marier, mais avec une autre soeur : Rosaura.
Tita, bien que meurtrie au plus profond d'elle-même, laisse ce mariage se dérouler et prépare les plats du mariage...
Cette jeune femme est donc la plus jeune des filles, celle dont la destinée a été fixée dès la naissance. Chaque jour, elle prépare la cuisine et elle aime les différentes effluves qui s'échappent de ses casseroles. Avec sa nourrice Nacha, elle aime rester dans cette pièce d'où un fumet toujours savoureux fait venir la salive aux lèvres.
Mais ce qu'elle ne sait pas encore, c'est que les émotions qu'elle ressent en préparant les différents plats se répercutent sur les invités. Ainsi suffit-il qu'elle voie Pedro pour que son plat se transforme en concentré aphrodisiaque ayant des effets particulièrement étonnants sur ceux qui mangent ce plat.
Comme vous l'aurez compris, l'histoire mélange délicatement histoire d'amour et cuisine. Chaque chapitre commence par la recette d'un plat, fait lors d'une occasion particulière : un mariage, une naissance, un retour ... 12 chapitres pour 12 plats qui correspondent à un mois de l'année, et ce même si l'intrigue s'étend sur un quart de siècle. 12 plats clés que Tita est la seule à réaliser aussi bien. Je serais bien incapable de réaliser certains plats car la démesure est souvent au rendez-vous. Pour le mariage de Pedro et Rosaura, Tita a dû battre pas loin de 170 oeufs !
Une recette digne de Gargantua !
Cette démesure n'apparaît pas exclusivement dans la cuisine : de temps en temps, la vie semble prendre un tour merveilleux qui semble être la caractéristique de la littérature sud-américaine. Ainsi, en plus d'être une saga familiale réaliste (un roman-feuilleton comme le dit la page de garde du livre), un ton merveilleux se glisse entre les pages. Ce doit sûrement être l'ingrédient secret pour rendre ce livre si attachant, un peu comme l'épice secrète que la cuisinière ajoute dans ses plats les rendant ainsi uniques.
En ouvrant ce livre, préparez-vous à être assailli par de multiples saveurs, à suivre la vie étonnante de Tita, à avoir envie de goûter au gâteau Chabela, de faire le baume à lèvres au chocolat, ou encore de voir de ses yeux les conséquences des cailles aux pétales de roses. Un livre où la sensualité serait le maître-mot.
Un livre qui m'a aussi fait penser au roman de Carole Martinez, Le Coeur cousu.
Ed. Folio, 248p, 6€50
Clarabel a aimé aussi.
24 juin 09
Maliki : Mots roses au clair de lune (tome 3)
Et voici la parution du troisième tome ! Pour compléter ma collection, il fallait bien que je me procure cette nouvelle publication. ![]()
Si vous ne connaissez pas Maliki, je vous conseille d'aller faire un tour sur son site mis à jour une fois par semaine. Ainsi vous pourrez vous faire une idée de ses strips.
Les deux précédents tomes parlaient essentiellement de ses chats : Fëanor et Fleya. De leurs bêtises, de leurs coups de flippe, de leurs petites habitudes ... c'était souvent hilarant. Ceux qui ont un chat ou plusieurs comprendront les déboires de Maliki.
Dans ce tome, Maliki a choisi de dessiner d'autres situations que les chats (sans pour autant les délaisser) : ses vacances en Guadeloupe au moment de la grève, ses collègues au boulot un brin ... particuliers, ses vacances au ski à la recherche d'un chamois ...
Bien-sûr, j'ai aimé cet album, mais j'ai moins ri. Peut-être parce que je trouvais les mimiques des chats vraiment excellentes et qu'elles m'ont manqué ici ?
Alors, oui, bien-sûr, c'est difficile après 3 ans (voire plus) de se renouveler. Au bout d'un moment, les chats ont essoufflé leur capacité à créer de nouvelles bêtises, mais j'aimais tellement la trogne de Fëanor que je suis un peu déçue. En contrepartie, les dessins prennent de l'ampleur et les couleurs sont toujours super soignées.
Ed. Ankama, 13.90€, 160p
22 juin 09
Le Canapé rouge de Michèle Lesbre
Au gré des paysages qui défilent devant elle, Anne pense à l'homme qu'elle est partie rejoindre, à cette voisine qu'elle a laissée derrière elle, à la vie qu'elle aurait pu avoir, à celle que d'autres auraient pu avoir.
De temps en temps elle revient à la réalité en regardant ses voisins du Transsibérien. Elle tend l'oreille pour attraper quelques mots en russe avant de replonger dans ses pensées.
Le rythme régulier du train est propice à la rêverie. Tous ces paysages qui défilent à vitesse accélérée permettent à Anne de revivre elle aussi sa vie en avance rapide. L'abandon de son corps dans ce compartiment lui donne enfin l'occasion d'être plus réceptive à ses choix de vie.
Plusieurs histoires se superposent donc dans ce roman. Celle du personnage principal, mais aussi celle de la vieille dame, Clémence Barrot, à qui Anne faisait la lecture avant de partir pour Irkoutsk. Une vieille dame avec un choix de vie étonnant, qui semble figée sur son canapé rouge, comme si elle couvait un trésor.
C'est donc un roman où la vie est comme en suspens.
A l'intérieur de la bulle du train, il est enfin possible à Anne de penser à sa vie, d'y réfléchir. Un peu comme si la vitesse du train lui permettait enfin de tourner son esprit vers le passé. Du coup, c'est un roman très introspectif. Sur la vie d'Anne, mais aussi sur celle d'autres personnes ayant compté dans sa vie.
Souvent j'ai moi-même été bercée par ce train car l'écriture est très fluide et ponctuée d'images qui rendent le texte très sensuel. Le mot sensuel ici n'a rien d'érotique ... de l'écriture de Lesbre s'élève une musique assez douce et captivante. A l'image de ce train donc.
Et puis, voici que l'auteur insère même une phrase de Camille Claudel. Je crois que cette citation a achevé de me séduire. Ce n'est pas une citation que je classe parmi les plus belles qui existent. Pour moi, c'est LA citation, celle qui m'a fait aimer Camille Claudel.
Voici ce qu'elle écrit à Rodin : Il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente. Encore aujourd'hui, cette phrase me trouble et me touche énormément.
Comme la musique de cette écriture m'a parlé, j'ai du coup corné plusieurs pages. Voici certaines des petites phrases qui m'ont bercée :
Je savais que le véritable voyage se fait au retour, quand il inonde les jours d'après au point de donner cette sensation prolongée d'égarement d'un temps à un autre, d'un espace à un autre. Les images se superposent, secrète alchimie, profondeur de champ où nos ombres semblent plus vraies que nous-mêmes.
Si mes bagages apparents étaient sommaires, j'en avais d'autres en tête qui me débordaient parfois et me ramenaient le plus souvent à mes inquiétudes.
C'est peut-être ça vieillir, ne plus chercher l'éternel équilibre.
Ed. Folio, 138p, 5€
Jorge Semprun : Il sera difficile d'oublier Le Canapé rouge. Sa petite musique russe, universelle, retentira longtemps à nos oreilles.
Livre repéré chez Stéphie qui a aimé tout comme moi.Elle a trouvé que c'était un roman qui donnait envie de grands espaces. C'est aussi un grand coup de cœur pour Belle Sahi. Hathaway a elle aussi aimé ce voyage. Fashion a revanche s'est ennuyée et a même été agacée parfois.
20 juin 09
Ces petits riens qui font battre le coeur ...
Gio m'a donné une bien belle mission avec ce tag ! Et Emma quelques jours plus tard a pensé à moi aussi.
La mission est la suivante :
Je dois associer une image aux propositions qui suivent.
1. Choses qui font battre le cœur
Un regard gris bleu qui me regarde dans les yeux.
2. Choses qui font naître un doux souvenir du passé
Une ritournelle ukrainienne
3. Choses qui ont une grâce raffinée
Ma grand-mère qui remet ses boucles en place.
4. Choses qui gagnent à être peintes
Les champs de coquelicots
5. Choses qui donnent une impression de chaleur
Des bras qui encerclent sans étouffer
6. Choses embarrassantes
Des paroles mal prises
7. Choses qui emplissent l'âme de tristesse
Celui qui se rend inaccessible
8. Choses qui sont les plus belles du monde
La nature qui s'éveille
9. Choses qui semblent pures
L'eau d'une rivière à la campagne
10. Choses que l'on a grande hâte de voir, ou d'entendre
Sa voix, son souffle et son regard
11. Choses qui donnent confiance
Un sourire qu'il vienne d'un inconnu ou d'un proche
12. Choses vénérables et précieuses
La vie (car elle ne coule pas de source.)
A mon tour, je tague une jeune femme qui danse sur un fil, Antigone, et Eloah.
N'oubliez pas d'écrire un petit mot sur le blog de Gio pour qu'elle puisse collecter toutes nos petites phrases.
17 juin 09
L'inconsciencieux de William Blondel
Jinn, la trentaine pas encore passée, travaille dans un endroit loufoque où l'obtention d'une clé pour accéder à son bureau relèverait presque d'un travail herculéen. Aussi quand il apprend quelques jours plus tard que ses patrons sont partis avec la caisse sous le bras, il n'est pas des plus surpris ! Il décide alors de partir à l'aventure avec un colocataire un peu collant et un autre copain.
Direction l'Espagne ! Sea, sex & sun !
Ah les virées entre copains sans compte à rendre, les sorties en boîte où on rentre à pas d'heures ... une vie de jeunes libres et ravis de pouvoir profiter de cette liberté.
Malheureusement rien ne va se passer comme cela était prévu !
Voici un roman léger qui devrait plaire aux plus jeunes, surtout les geeks car ils devraient se reconnaître.
D'entrée, la scène du bureau donne le ton. Cette secrétaire qui ne veut pas donner la clé pour ouvrir le bureau au nouvel employé et qui menace tout de même de lui donner un blâme est assez cocasse. Voici une critique du monde du travail à peine voilée.
C'est aussi un roman où les dialogues occupent un très grande place. Dialogues qui flirtent presque parfois avec ceux qu'on peut trouver dans les BD :
"RAAAAAAAAAAAAAAAAATEAAUUUUUUUUUUUUU ! QUI VEUT UN RAAAAAAAAATEAUU".
Malheureusement, c'est un roman où l'humour assez gras et répétitif ne m'a pas fait sourire :
Elle aurait pu se targuer devant ses amis (ndlr : si elle en avait eu) d'avoir à la fois le pouvoir d'attraction et le quotient intellectuel d'une fosse à purin. Tout en le regardant comme une touffe de poils coincée dans le siphon de la baignoire, elle lui fit signe de s'asseoir.
Les personnages un brin losers, très puérils aussi (pour vous donner un point de comparaison, un épisode dans une boîte en Espagne m'a fait penser à un personnage de Dubosc qui n'arrive pas à draguer) ne m'ont pas plu. Disons que j'avais vraiment du mal à trouver un point de ressemblance.
Je n'ai pas terminé ce roman car il m'a semblé désorganisé, et je n'ai pas vraiment compris quel était l'intérêt de certaines scènes et je n'ai pas trouvé ce récit hilarant. Il est toujours plus difficile de faire rire que d'émouvoir.
En revanche, je pense que c'est un livre destiné davantage à un lectorat masculin qui aurait aimé "Wayne's world".
Ed. Edilivre, 387p, 21€
Keisha a trouvé cette lecture plaisante même si elle est très loin de cet univers, Saxaoul trouve que c'est un roman sympa, loufoque qui lui a fait penser à "L'Auberge espagnole".
Droit de réponse de l'auteur :
Sincèrement désolé que vous n’ayez pas aimé le livre. J’abonde dans
votre sens sur certains points… mais pas sur tous (au fait j’espère que
vous ne trouverez pas ce mini « droit de réponse » trop intrusif).
Il
est vrai que la première partie du roman est la plus faible, je ne
cherche pas à le cacher, c’est vrai. Le roman prend son véritable
rythme avec l’arrivée du premier véritable personnage féminin, Susan
(c’est d’ailleurs elle le vrai « héros » du livre). A partir de ce
moment j’ai réellement trouvé mon rythme et j’ai pu véhiculer de façon
plus fluide les messages que je souhaitais faire passer. Les citations
que vous avez sélectionné (située dans le début sont certainement ce
qu’il y a de moins bon dans le livre, en plus hors contexte, l’effet
est dévastateur) sont « puériles » et c’est vrai. Mais quelque part, il
y a une raison. Mon personnage évolue dans le cours de l’histoire, il
va « devenir un homme » et aller vers moins de puérilité, il est donc
normal que j’ai souhaité marquer son coté puéril (un peu a la façon des
photos « avant » qui servent à vendre des appareils de musculation dans
les teleshopping diffusés au milieu de la nuit) afin que le lecteur
puisse sentir son évolution, sa croissance (la photo « après »).
Cependant
c’est la première fois que l’on qualifie l’humour de « gras » (je pense
que les autres bloggeuses qui l’ont terminé seraient d’accord sur ce
point). Sur plusieurs dizaines de retours c’est la première fois que je
l’entends. C’est ce qui m’a le plus surpris car c’est cela que je
déteste le plus (avec la vulgarité). Encore une fois je pense que vous
l’avez arrête trop tôt. C’est certainement de ma faute de ne pas avoir
réussi à vous accrocher pour aller au bout mais, pour le moment, ceux
qui l’ont lu entièrement ne l’on pas regretté. J’aurais peut-être du
écrire, sur chaque page du début au dessous du numéro « Ne vous
inquiétez pas cela devient mieux a l’arrivée de Susan, au pire allez-y
directement ».
La désorganisation que vous avez senti au début prend
tout son sens par la suite et tout s’emboîte correctement (souvent mes
lecteurs ont fait un « Ahhh… d’accord ») passe la première moitié.
En
tout cas je vous remercie, ainsi que les personnes qui ont laissé des
commentaires et, d'un être humain a plusieurs autres je vous souhaite
une bonne soirée, nous partageons tous la même passion, la littérature,
je suis 500 fois plus expérimenté en lecture qu’en écriture (j’ai du
lire 500 livres et n’en ai écrit qu’un seul)
J’espère que la prochaine fois, j’arriverai à vous emmener au bout avec le prochain livre.
Bien cordialement
William Blondel
PS : Dernière chose, le livre est tout de même sélectionné pour le salon du premier roman 09, il n’est pas si mal…
16 juin 09
Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano
Dans le café Condé situé près de l'Odéon, des jeunes entre dix huit et vingt-cinq ans se retrouvent. Parmi ces habitués une femme, une certaine Louki, capte l'attention. Un peu comme ces actrices des années 50 qui accrochaient la lumière.
D'elle on ne sait pas grand chose. Même Louki n'est qu'un pseudo.
Ces jeunes se retrouvent donc dans ce café, qui semble être un de ces lieux au pouvoir magnétique : si l'on faisait des probabilités le résultat l'aurait confirmé : dans un périmètre assez étendu, il était inévitable de dériver vers lui. J'en sais quelque chose.
Le Condé agit donc comme un aimant. Quant à ses habitués, ils semblent figés dans le passé, un peu comme si le futur ne pouvait exister.
C'est un roman à quatre voix. Le premier narrateur semble très intéressé par cette Louki. Le halo mystérieux qui l'entoure le fascine. Ainsi, ce premier narrateur, étudiant, épluche jour après jour un cahier dans lequel un client a marqué toutes les entrées dans ce café. Il espère retrouver la trace de Louki.
Puis un second narrateur commence son récit, lui aussi centré sur la jeune femme ... les clients du café le connaissent comme éditeur d'arts, mais peut-être n'est-ce qu'une couverture ...
Vient ensuite le récit de Louki. Enfin le lecteur peut approcher de près cette femme si énigmatique. Le quatrième récit sera celui de Roland.
Quatre récits sur Louki. Sur sa vie avant d'arriver au Condé, sur ses fréquentations.
Et pourtant, il me serait encore difficile de décrire avec précision cette femme. Les personnages de Modiano ne sont que des fantômes, des êtres où la lumière transparaît en filigrane. Ce sont des êtres errants et sans attaches. La seule chose qui les rattache au monde est le lieu dans lequel ils vivent.
Dans ce Paris des années 60, dans ce café près de l'Odéon.
Mais eux n'ont pas d'identité propre. C'est le lieu qui les habite et les rend moins transparents.
Étrangement les différents lieux sont tous estampillés. Il y a des lieux à éviter pour Louki, des lieux où l'ennemi semble se terrer. Il y a aussi "les zones neutres". Un peu comme si ce Paris d'après-guerre était encore marqué par celle-ci.
C'est un roman lent, presque délisquescent, où les personnages n'ont rien d'enjoué. Un roman où l'identité des personnages est encore très floue. Si vous aimez Modiano, vous ne serez pas déçu par ce roman.
Ed. Folio, 160p, 5€
Livre repéré chez Bookomaton "une écriture sobre et retenue".
13 juin 09
Tag à Da des huit voeux !
Rien que ça ! Huit vœux ! Et moi qui suis une grande superstitieuse, il va falloir contourner le tag sans me débiner. Oui, parce qu'elles ne se sont pas mis à deux ou trois pour me taguer sur cette mission. Non ... elles sont 6 ! Plus nombreuses que les 4 cavaliers de l'Apocalypse ! ![]()
La règle du jeu :
1) Écrire 8 souhaits
2) Dire à quoi font penser les dix mots donnés
3) Dire un mot sur sa tagueuse
4) Filer le bébé Taguer 8 personnes et les prévenir.
Mes 8 souhaits :
Pour certains vœux, à moins d'être la Sybille de Cûmes, il sera difficile de les décrypter. ![]()
1 - Que quelqu'un me donne le pouvoir de faire pousser correctement ce bel haricot magique trouvé dans une bourse en or !
2 - Qu'un autre puisse enfin déployer ses ailes et cesser d'être un albatros.
3 - Qu'un autre puisse jouer et rejouer avec sa souris pour de longues et longues années.
4- Qu'un autre puisse avoir à ses côtés pour de belles journées la belle Mnémosyne.
5- Qu'un jour enfin les histoires ne soient pas que celles du soir.
6- Trouver le sac de la santé éternelle (il doit être planqué dans un coin de la maison).
7- Que le sac des rires ne se referme pas.
8- Que les poils continuent d'envahir l'aspirateur !
A quoi me font penser les mots qui suivent :
Message : Bonnes nouvelles !
Blog : Chronophage !
Prix du livre : Perles
Croix : supplice
Scrap : inconnu
Création : invention
Bonheur : ces petits riens ...
Vie : Joie
Enfant : Zébulon
Passion : plusieurs
Et voici mes tagueuses :
Alwenn : tout comme moi, elle est un dinosaure et une dévoreuse de livres. Même boulot et mêmes passions. Et même façon de goûter la vie, je crois.
Saxaoul : Elle est devenue maman il y a peu mais continue de mettre des billets sur son blog. Sa bannière et le titre de son blog me font penser que c'est une grande aventurière.
Hambre : Elle passe en ce moment ses partiels, mais elle n'oublie pas ses lecteurs et met à jour son blog de temps en temps.
Awa : Une petite nouvelle dans la blogosphère. Elle fait le même métier que moi.
Theoma : Je ne la connais que très peu, mais là encore sa bannière me fait dire qu'elle croque la vie à pleines dents !
Enna que j'avais oubliée (Mea Culpa ! ) : alors j'ai appris il y a quelques semaines qu'elle connaissait très bien Caen et même son IUFM. Le monde est petit ! En ce moment, elle attend un petit loup pour novembre / décembre si je ne me trompe pas.
A mon tour de désigner : ça va être coton car j'ai l'impression que ce tag a fait le tour de la blogosphère ...![]()
Faustine dont je viens de découvrir le blog. J''aime beaucoup le ton qu'elle emploie dans ses billets. George Sand que je connais depuis peu mais que j'aime beaucoup, Brize que j'aurais dû connaître samedi dernier, Lael qui a un univers qui me plaît bien, le mouton qui se fait rare en ce moment, UnCoindeBlog que j'aurais dû voir aussi samedi, Sabbio qui fait des toiles aux couleurs chaudes, Line dont le blog a deux mois.
10 juin 09
Un temps fou de Laurence Tardieu
Un téléphone qui sonne. A l'autre bout du fil, une voix, Sa voix qu'elle reconnaîtrait entre toutes. Six ans qu'ils ne se sont pas parlé, et en quelques secondes, ces six ans viennent d'être abolis. Il n'aura fallu que de quelques mots soufflés dans le combiné pour abattre six ans de séparation.
Mais qui est-il ? Est-ce un amant retrouvé ? Pas du tout ! Cette voix est la voix d'un homme que Maud a connu une nuit. Une nuit chaste où leurs corps électriques ne demandaient qu'à s'étreindre.
Et voici que Maud comprend l'absence. Elle s'aperçoit qu'un gouffre s'était peu à peu creusé depuis cette séparation.
J'ai peur de vous revoir.
Peut-être aurait-il mieux valu en rester
là, comme nous l'avons fait depuis six ans, conformément à je ne sais
quel accord tacite passé entre nous : ne pas nous revoir, jamais,
garder au creux de nous cette longue nuit irréelle comme un secret qui
n'appartient qu'à nous. Peut-être, au fond, l'accident est-il celui de
notre rencontre, pas du silence qui s'ensuivit. Les vies sont si
fragiles, si incertaines.
On croit parfois leurs fondations
solides, on s'émerveille du chemin parcouru, puis, comme ça,
soudainement, pour un éblouissement, elles volent en éclats, se
fracassent contre un rêve. Qui peut se prémunir de ça ? Qui peut se
croire assez fort pour ne jamais chuter, pour ne pas désirer céder à ce
qui un instant l'a fait défaillir ? J'ai peur de vous revoir, mais
comme j'en suis heureuse.
Pourquoi cet homme qu'elle connaît à peine lui fait cet effet-là ? Qu'a-t-il de plus que son mari ? Pourquoi un frôlement de sa main lui fait pratiquement atteindre le septième ciel ?
Voici un roman qui nous parle de la passion amoureuse, d'une relation adultérine entre un homme et une femme. Tout le roman n'est qu'une sorte de monologue intérieur où le personnage féminin serait complètement vampirisé par cette relation au point de ne parler que de ça. De temps à autre un flashback (ou une analepse) sur un moment de l'enfance, flashback qui n'a vraisemblablement aucun lien avec l'histoire-cadre. Oui me suis-je demandé quel était vraiment l'intérêt de ces retours en arrière.
Mais généralement la narration se focalise sur cet amour atypique et déraisonné. Un amour comme seule l'absence est capable de créer.
Je suis passée par plusieurs phases avec ce roman. Au début, j'ai été séduite par l'écriture cotonneuse, tout en douceur, de la narratrice. Puis je me suis lassée quand je me suis aperçue que ce livre ne parlerait que de cette relation. Le décalage entre la passion amoureuse que la narratrice ressent et la monotonie de ce qui est rapporté était un chaud-froid dont je me serais bien passée. En fait, comme tout le roman est un monologue intérieur, cela crée une distance avec l'évènement raconté, distance qui éteint la passion décrite.
De temps en temps, l'histoire amoureuse avance, fait des pas de souris, le lecteur se dit que peut-être une regain va arriver.
Mais les saisons et les années passent, et le disque semble rayé.
Un ensemble mitigé car sans cette histoire monotone (quel paradoxe tout de même quand on pense que l'intrigue tourne autour de la passion !), je crois que j'aurais adoré ce livre.
J'ai tout de même corné quelques pages :
Tant d'autres choses que j'aurais voulu lui dire. Tant d'autres mots. Je suis démunie. Mais je sais qu'il sait. Ce qui se passe entre nous n'a pas besoin de mots pour se dire. Ce qui se passe entre nous dévore tous les mots. (...)
Vous, même vous, dès l'instant précis où je vous ai vu, où nos regards ont plongé l'un dans l'autre, j'ai su, dans le même éclair, avec bonheur, avec douleur, que vous étiez celui que j'aurais voulu garder pour toujours auprès de moi, mais que vous faisiez partie de ces êtres qui ne se laissent pas saisir, ces êtres que l'abandon effraie tant qu'ils préfèrent s'envoler. (...)
" C'est peut-être pour ça que vous écrivez. Pour vous souvenir de ce qui a été oublié. Pour le retrouver. (...)
C'est peut-être de vous attendu aussi obstinément, aussi ardemment, qui aura achevé de me lier à vous. Avec vous, j'aurai appris à aimer la lenteur. (...)
Et peut-être voici une réponse à la question des retours an arrière : Mise à nu était un livre dans lequel j'avais, pour la première fois, parlé de mon père, de ma mère, de mon frère et de ma sœur. J'avais évoqué mon enfance et j'avais essayé, dans le même temps, de raconter l'amour que j'éprouvais pour toi, le cataclysme qu'il avait représenté dans ma vie. Il m'avait semblé qu'il y avait là deux royaumes enchantés qui, de manière très souterraine, se rejoignaient, tout en restant hors du monde.
Ces pages cornées montrent que je ne suis pas restée insensible à ce livre, mais je reste tout de même déçue. Je lirai un autre Tardieu ... je ne sais pas lequel encore. Peut-être Puisque rien ne dure ?
Ed. Stock, 236p, 17€
Merci à Masse Critique de Babelio et aux éditions Stock de m'avoir permis de lire ce livre.
Ys a été déçue et n'a pas terminé le livre, Enna a fait la même chose, en revanche Clarabel a adoré.


























