Après avoir vu l'adaptation de Joe Wright et lu le livre d'Austen, il fallait bien que je complète ma collection avec cette série. Le film ne m'avait pas du tout convaincue, aussi je ne devais pas rester sur "cet échec".
Je ne reviendrai pas sur les différents faits de l'intrigue : elle reste toujours la même. : les préjugés et l'orgueil ouvrent toujours le bal de cette histoire avant de laisser place à l'amour ...
L'intérêt de cette série réside surtout dans sa longueur : les six épisodes permettent au réalisateur de ne pas faire trop de coupes. Du coup, il n'a pas été obligé de passer sous silence certains faits essentiels au déploiement du ton de l'histoire. En effet, dans le film de Wright, j'avais trouvé l'ensemble un peu trop porté sur la guimauve, laissant peu de place à l'ironie sous-jacente du narrateur. Dans cette série, ce ton est bien rendu car on retrouve vraiment la verve du livre. Cette longueur qui pourrait effrayer celui qui se lance dans cette aventure est en fait un réel avantage !
D'autant plus que les acteurs sont vraiment crédibles. Jennifer Ehle joue souvent de ses regards et de son sourire narquois, ce qui rend son jeu parfait. Quant à Colin Firth que je ne connais que peu (je crois ne l'avoir vu que dans Bridget Jones), il a su incarner parfaitement les deux versants de Darcy : sa froideur et son petit côté hautain au début de l'histoire sont vite oubliés par ses regards de braise dans la suite de l'histoire ...
D'ailleurs, le casting est dans l'ensemble très bien réussi. Même si le choix de Jane m'a étonnée (dans cette série, Elisabeth est presque plus jolie que sa sœur), le reste m'a bien plu. Une mention spéciale pour Alison Steadman qui joue Mrs Bennet.
Elle m'était tellement insupportable que j'ai été soulagée de moins la voir dans les trois derniers épisodes. Brrrr quelle voix stridente !
Si on se tourne du côté des décors ou des costumes, là encore ils reflètent vraiment l'idée que j'ai de cette époque. Bon, je ne suis pas non une spécialiste, mais dans cette série, Elisabeth n'a jamais les cheveux détachés (alors que dans l'adaptation de Wright, elle arrivait chez Mr Bingley les cheveux défaits.) Le réalisateur a donc trouvé un autre moyen de montrer aux spectateurs l'esprit libre de Lizzy. Quant aux domaines, je ne serais pas contre un petit séjour à Pemberley ! (surtout si Colin sort de nouveau avec sa chemise trempée) 
D'ailleurs à ce propos, l'ajout de cette scène ne me choque pas du tout. Je trouve qu'elle montre à quel point Darcy est désemparé face à ses sentiments. Dans cette série, le bouillon de sentiments contradictoires se voit vraiment bien, montrant ainsi les affres de l'amour.
Alors bien-sûr, il n'y a pas vraiment de recherches de plan particulier, d'effet de zoom ou de travelling, les jeux de lumière sont absents, mais en contrepartie cette série est très fidèle au roman. Les six heures passent donc très vite.
BBC : 6 épisodes de 50 min. Série récompensée par 15 prix internationaux dont quatre nominations aux Emmy awards.
Lou et Isil ont aimé elles aussi.
Je sens que certaines vont rire en découvrant ce nouveau billet ... oui, c'est vrai, j'avoue m'être montrée faible et avoir continué mon voyage austenien avec cette adaptation cinématographique d'Emma. Mais, que voulez-vous, je ne suis qu'une faible femme. ![]()
Emma Woodhouse est une jeune fille à l'abri du besoin qui est persuadée que sa gouvernante a trouvé l'amour grâce à elle. Elle se met alors en tête de trouver un mari à sa fidèle amie Harriet. Et ce, même si celle-ci a déjà ses regards tournés vers Robert Martin. Mais pour Emma, Harriet vaut mieux que ce fermier. Le vicaire Highbury est d'ailleurs tout désigné pour devenir le futur compagnon d'Harriet.
Emma la marieuse vient de naître.
Et elle, me direz-vous ? Eh bien, à 22 ans, le célibat ne la dérange pas. Elle aime vivre avec son père vieillissant, et elle ne manque pas d'amis. Entre ses visites chez les plus défavorisés, des bals, des soupers, sans oublier de nombreux loisirs en compagnie de son ami d'enfance, Mr Knightley, elle ne voit pas le temps passer.
Finalement voici un portrait bien élogieux.
Oui, mais ce ne serait pas vraiment Austen si ça ne grinçait pas un peu ...
Emma est avant tout une jeune femme qui ne jure que par le paraître et la futilité. Elle n'est animée que par l'envie de marier son amie sans réellement prendre en compte l'amour. A quoi bon s'enticher d'un fermier quand un vicaire ferait mieux l'affaire ?
Mais ce n'est pas tout. C'est un personnage aveuglé par la bêtise qui se meut sous nos yeux. Malgré les nombreux avertissements de Mr Knightley au sujet de sa nouvelle fonction, notre marieuse ne veut pas voir la réalité en face. Elle a tellement envie de bien faire qu'elle ne voit pas quels torts elle pourrait commettre envers son entourage.
Voici donc encore une fois un personnage pétri d'orgueil (un Darcy version féminine ?) qui souhaite diriger tout son petit monde.
Malgré tout une ambiguité existe : on ne peut que se moquer de cette femme si sûre d'elle qui ne cesse de faire des erreurs, mais on ne peut aussi qu'admirer sa belle répartie et son franc-parler qui pourrait faire penser à Elisabeth Bennet.
Si le choix de Gwyneth Paltrow est assez judicieux, j'ai été étonnée par l'acteur qui joue Mr Knightley.
D'après l'intrigue, il devrait avoir 16 ans de plus qu'elle. Mais à l'écran il ne semble pas si âgé que ça ... Certes Jeremy Northam est appétissant, mais la différence d'âge entre Emma et Knightley n'est pas vraiment évidente.
Quant à Ewan McGregor, je l'ai attendu longtemps et je ne l'ai pas vu beaucoup. Je pensais, à tort peut-être, qu'il jouerait un plus grand rôle ... Malgré tout, j'ai aimé sa prestation vocale qui m'a rappelé -soupir- "Moulin rouge".
Les personnages secondaires sont tous bien choisis : mention spéciale pour le visage chevalin d'Harriet incarnée par Toni Collette. Et le couple formé par Juliet Stevenson et Alan Gumming (le révérend Elton) est à mourir de rire. Le pauvre, le voici marié à une femme qui ne le laisse jamais parler.
Si le contexte historique semble avoir été respecté, il y a tout de même un petit point qui me laisse perplexe. La scène du bisou était-elle vraiment indispensable ? Je pensais qu'à cette époque-là il était plus convenable d'attendre les sacrements du mariage ...
Finalement c'est un film plaisant où j'ai retrouvé la verve d'Austen, mais dont je n'ai pratiquement rien à dire sur le choix des plans et des couleurs. Autant "Orgueil et Préjugés" de Joe Wright était visuellement très travaillé, autant celui-ci est assez fade.
Sorti en 1997, réalisé par Douglas McGrath, avec Gwyneth Paltrow, Greta Scacchi, Ewan McGregor ...
Merci Anne pour ce DVD.
Isil a aimé ce film, Cuné l'a d'abord rejeté en bloc avant de passer le film en VO.
Voilà, ça y est, j'ai fait le grand saut.
J'ai enfin lu mon premier long roman d'Austen (Lady Susan n'étant qu'une mise en bouche).
J'ai bien failli ne jamais ouvrir un de ses livres ... après mon billet en demi-teinte sur le film de Joe Wright, j'avais d'Austen une image un peu faussée.
La charpente de l'histoire reste la même que dans le film ...
Mrs Bennet, qui ne brille pas par son intelligence, a cinq filles qu'elle veut à tout prix caser. L'ombre du cousin Collins qui héritera des biens à la mort de Mr Bennet (un entail dont tout le monde se serait bien passé) plane au-dessus de Longbourn.
Les cinq sœurs sont toutes différentes. Jane se démarque par sa beauté et sa gentillesse (elle voit toujours le bon côté des hommes), Elisabeth (Lizzy) n'est pas non plus un laideron mais c'est son caractère assez trempé et résolument moderne qui la distingue. Viennent ensuite Mary très effacée et les deux chipies Lydia et Kitty dont la simple vue d'un uniforme les fait frémir de plaisir.
La location de Netherfiled Park par la famille Bingley va être l'occasion de perturber ce petit monde ...
Il faut dire que l'arrivée de Mr Bingley au village est vue comme celle du messie par Mrs Bennet : elle voit déjà l'aînée de ses filles, Jane, mariée à ce gentleman célibataire. Et c'est vrai que très vite, une certaine osmose se dégage entre Jane et Mr Bingley. Ce dernier est vraiment une bonne pâte, ce qui ne semble pas être le cas de Mr Darcy, son fidèle ami.
Lizzy, qui n'a pas la langue dans sa poche, le voit comme un homme orgueilleux et très hautain. Et son côté ténébreux ne rattrapera pas l'ensemble. Elle préfère de loin l'officier Wickham ...
Ce résumé fait très "Feux de l'amour", mais cette œuvre d'Austen ne se réduit vraiment pas à un soap.
Il suffit de lire la première phrase pour se rendre compte de l'ironie sous-jacente du texte :
C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier ...
Malgré tout, ce ton est manié avec subtilité : c'est au moment où le lecteur s'y attend le moins que l'ironie pointe le bout de son nez, déclenchant alors un sourire franc.
En outre la voix d'Austen se fait entendre à travers de nombreux personnages. C'est une voix assez moderne et en décalage avec ces femmes animées par un seul but : se trouver un mââri.
( A propos de Charlotte, amie de Lizzy) : Elle voyait dans le mariage la seule situation convenable pour une femme d'éducation distinguée de fortune modeste, car, s'il ne donnait pas nécessairement le bonheur, il mettait du moins à l'abri des difficultés matérielles.
Difficile de faire passer ce ton satirique dans un film. Ou alors s'il apparaît, j'avoue ne pas l'avoir détecté.
J'ai aussi apprécié que tous les personnages soient à un moment ou un autre trompés par les apparences. Bien-sûr, certains sont tellement attachés aux convenances qu'ils ne sortiront jamais de la sphère du paraître, et ceux-ci ont droit à un portrait au vitriol des plus exquis. D'autres sortent de cette sphère, grâce à l'amour principalement, et ces derniers auront la part belle dans ce roman. Néanmoins même Lizzy -qui est présentée comme la plus perspicace- est trompée plusieurs fois par l'apparence ou les préjugés. Du coup, je ne sais pas vraiment si on peut voir en elle un double d'Austen.
Ainsi, même si ce roman contient des topoï littéraires, des scènes convenues (le fameux "et leurs yeux se rencontrèrent" figure bien dans ma traduction), il serait regrettable de s'arrêter à l'intrigue romanesque de cet opus.
C'est donc avec délice que j'ai lu ce roman en une journée. Même si je connaissais l'histoire, je me suis surprise à la redécouvrir sous un nouveau jour.
Ed. 10/18, 380p, 10€ - Préface de Virginia Woolf - Note biographique de Jacques Roubaud
Je remercie Anne de m'avoir offert ce livre.
Et comme je dois être une des dernières à le lire, je vous conseille d'aller voir BOB pour lire d'autres avis.
Quand Lady Susan arrive chez son beau-frère, elle est loin d'être accueillie les bras ouverts. Veuve depuis quelques mois et sans le sou, elle a d'abord séjourné quelques temps chez Sir Manwaring qu'elle a vraisemblablement séduit. Il va sans dire que la femme de cet homme n'a guère apprécié que son invitée fasse les yeux doux à son cher mari. Lady Susan choisit alors de partir de Langford afin de trouver gîte et couverts chez son beau-frère Mr Vernon, un riche banquier vivant à Churchill. Elle arrive alors chez lui avec une sacrée réputation !
Mais ce n'est pas tout ! Il y a quelques années, elle a tenté de faire échouer le mariage de son beau-frère : l'accueil de la belle-sœur risque d'être pour le moins glacial, et leur cohabitation promet même quelques crêpages de chignon (crêpages relatifs car nous sommes chez des gens qui connaissent par cœur le code des bonnes manières.)
Pour parfaire ce joli tableau, Lady Susan a une fille qu'elle n'aime pas. Plus elle est éloignée d'elle, mieux elle se porte. Oui, Lady Susan n'a rien de la figure maternelle qui couve ses petits. Elle se classerait plutôt dans la catégorie des mantes religieuses.
Voilà pourquoi quand Reginald, le frère de Mme Vernon, arrive à Churchill, Lady Susan s'empresse de lui faire de belles oeillades ...
Lady Susan arrivera-t-elle à ses fins ? Qui saura voir clair dans le jeu de cette femme ?
Vous l'aurez compris, Lady Susan n'a rien d'un personnage attachant. Intrigante, manipulatrice et dénuée de sentiments maternels, elle se classe plutôt du côté des garces. Mme Vermon se méfie de cette femme que rien ne semble atteindre, quant aux hommes, ils sont dupés par cette beauté. Ils tombent tous dans le panneau ! (D'ailleurs je me demande si Jane Austen n'avait pas un compte à régler avec les hommes tant ils sont candides et crédules.)
L'originalité de ce roman est de n'être constitué que de lettres échangées entre les différents protagonistes, permettant de connaître les différents points de vue et donnant un effet de réel assez saisissant. J'ai souvent souri en découvrant les portraits croisés des différentes lettres car, dans sa correspondance, Lady Susan ne fait aucun cadeau à Mme Vernon qui le lui rend bien quand on découvre à notre tour ce qu'elle écrit à propos de la Lady ! Ces portraits au vitriol m'ont bien amusée, et j'ai été étonnée de voir à quel point Jane Austen a réussi à travers des lettres à créer des personnages aussi précis. Du coup, je me dis que ses romans doivent fourmiller d'une pléiade de détails permettant au lecteur d'imaginer avec délice l'univers qui s'offre à lui.
C'est la première fois que je lis un roman d'Austen : jusqu'à présent j'étais assez dubitative. Je pensais (à tort) que j'allais lire des histoires enrobées de guimauve. Mais il n'en est rien ! Au contraire, même !
En filigrane de l'histoire, j'ai pu lire l'ironie mordante d'Austen, rendant ce roman épistolaire très moderne. Lady Susan a tout de la manipulatrice qui n'aspire qu'à son confort matériel, usant et abusant de ses charmes pour parvenir à ses fins. Nul doute qu'à l'époque d'Austen ces femmes devaient être légion !
En fait, je ne connaissais Austen que par l'intermédiaire d'une adaptation cinématographique d'une de ses oeuvres. Or dans le film "Orgueil et Préjugés" de Joe Wright, cette ironie est absente, rendant l'adaptation assez sirupeuse. Si Fashion n'avait pas écrit dans les commentaires dudit billet que les histoires d'Austen étaient loin de ressembler à un quelconque mélodrame sentimental, j'aurais classé ad vitam aeternam Austen chez les Guimauves et je n'aurais pas été tentée de découvrir cet auteur.
Ainsi, grâce à Fashion et Folio 2 € (le prix de la découverte ?), j'ai pu m'apercevoir que la renommée de cette romancière n'avait rien à voir avec le hasard.
Me voici prise dans les filets de cet auteur. Nul doute que j'entamerai bientôt un autre livre d'Austen.
Chez Folio 2, 116p, 2 €
Lilly qui connaît mieux Austen que moi a retrouvé dans ce livre l'humour piquant d'Austen, tout comme moi Caro[line] a découvert Austen grâce à ce livre (décidément Folio 2 € fait des adeptes), Praline écrit que ce n'est pas le meilleur Austen car les traits caustiques ne sont pas aussi présents que dans d'autres livres (Chic, alors !), Cathulu a été inspirée et a écrit une missive à Cuné après avoir lu ce livre, Virginie a aimé elle aussi.
Je me tourne vers vous pour vous demander quel(s) livre(s) (excepté Orgueils et Préjugés) vous me conseilleriez.
Après avoir vu "Atonement", j'étais curieuse de découvrir "Orgueil et Préjugés" du même réalisateur. Surtout que la blogobulle parle beaucoup de Mister Darcy (elles se reconnaîtront
).
La famille Bennet est composée de cinq filles : Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia. Leur mère ne semble animée que par un seul objectif : marier ses filles. Aussi saute-t-elle sur l'occasion quand de nouveaux voisins arrivent : Mr Bingley et Mr Darcy. Tous les deux excessivement riches. 
Que rêver de mieux pour sa progéniture !
Si Jane devient rapidement la complice de Mr Bingley, Elisabeth reste sur le carreau. D'ailleurs ce Darcy est bien trop hautain pour cette jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche. Peu de temps après, sa rencontre avec l'officier Wickham achève de la convaincre.
Bien-sûr la mention du mot "préjugés" dans le titre donne un indice non négligeable sur la suite de l'histoire ...
Mr Darcy s'est sûrement trompé en jugeant très tôt Jane, et Elisabeth (Lizzy) aussi en jugeant le ténébreux Darcy...
Dans "Atonement", c'était la machine à écrire qui rythmait les actions, là c'est le piano. Les différentes mélodies collent parfaitement bien aux envolées lyriques des différentes scènes. Quant à la lumière de chaque plan, elle semble avoir été minutieusement travaillée.
Les personnages sont touchants ou drôles (une mention spéciale pour Mr Collins, petit pantin à qui il ne manque plus que des grelots pour parfaire son personnage) et Keira Knightley incarne à merveille Lizzy, cette femme au caractère bien trempé (qui m'a rappelé Jo, personnage des Quatre filles du Docteur March).
Malgré tout, je n'ai pas vraiment accroché à l'histoire bien sirupeuse du roman de Jane Austen.
Que de tourments ! (Mais c'est l'époque qui veut ça ...)
Ainsi, même si Lizzy se moque des conventions de cette société de la fin du XVIIIème siècle, son personnage reste bien campé dans le mélodrame sentimental.