Bric à Book

En pagaille ordonnée, des livres (pour le côté sérieux) mais pas que ... se nichent aussi des fariboles et des notes sur la musique.

06 août 2009

La mécanique du coeur de Mathias Malzieu

mecaniquepocheLove is dangerous for your tiny heart : voici la douce mélodie qui a bercé Little Jack durant son enfance.
C'est un enfant fragile, né le jour le plus froid du monde. De sa mère, il n'a aucun souvenir puisqu'elle l'a abandonné dès l'accouchement terminé. C'est Madeleine la sage femme qui l'a donc recueilli. Une femme qui passe son temps à réparer les hommes. Un brin sorcière, un brin fée, elle vit sur une maison posée en équilibre sur le plus haute colline d'Edimbourg à l'écart des villageois.
C'est Madeleine qui a aidé la mère de Jack à accoucher, et aussitôt le bébé sorti, celle-ci a vite vu  que son cœur était bien fragile. Aussi lui en greffe-t-elle  un  mécanique, juste au-dessus de l'autre.
Mais ce cœur est soumis à certaines règles :
Premièrement ne touche pas à tes aiguilles
Deuxièmement ta colère tu devras maîtriser
Et surtout ne jamais oublier quoi qu'il arrive, ne jamais te laisser tomber amoureux 

Car alors pour toujours à l'horloge de ton cœur
La grande aiguille des heures transpercera ta peau
Explosera l'horloge, imploseront tes os, la mécanique du cœur sera brisée de nouveau.

Le temps passe, Jack reste bien au chaud dans la maison de Madeleine, mais le jour de son dixième anniversaire, Madeleine lui propose de découvrir la ville d'Edimbourg. C'est l'Amérique pour Little Jack ! Un nouveau monde s'ouvre à lui !
Et ce qu'il s'apprête à voir sera au-delà de ses espérances !
Au détour d'une rue, il entend la musique d'un orgue de Barbarie, puis apparaît une minuscule fille avec des airs d'arbre en fleur qui s'avance devant l'instrument de musique et commence à chanter.
Le cœur de Little Jack s'emballe alors : il vient de tomber amoureux de cette fille ...

Après avoir été charmée par l'émouvante histoire de Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, un an plus tard je réitère l'aventure avec le deuxième livre de ce auteur polyvalent.
D'entrée, le lecteur replonge dans l'univers si particulier, à la Burton ou à la Carroll comme diront certains : c'est une froide nuit d'hiver les fontaines se changent une à une en bouquets de glace. L'ancienne rivière, habituellement si sérieuse dans son rôle de rivière, s'est déguisée en lac de sucre de glace qui s'étend jusqu'à la mer. Le fracas du ressac sonne comme des vitres brisées. Le givre fait des merveilles en pailletant le corps des chats ...
Le décor est planté. Un décor qui pourrait très bien être celui d'un conte si l'histoire n'était ni datée (16 avril 1874) ni localisée (Edimbourg). D'ailleurs, la date n'est pas sortie du chapeau du narrateur par hasard, puisque Mathias Malzieu est né le 16 avril 1974 ... l'histoire sera peut-être alors un miroir déformé de sa propre vie, une vision enfantine ou fantasmagorique.
Les personnages sont  hors norme : Madeleine permet à des prostituées d'accoucher, Little Jack a tout du petit oisillon tombé du nid, et sa pendule en bois greffée sur son cœur lui donne un petit aspect monstrueux, mais aussi si  terriblement attachant, et les amis de Madeleine sont tous plus ou moins rejetés par la société. Des gens abîmés par la vie mais au grand cœur.

1601690106Même si cela ne se voit pas dans le résumé, c'est un roman d'apprentissage, voire même par certains côtés un roman picaresque. En effet, le héros ressemble à un picaro puisqu'il est  de condition sociale basse, l'intrigue reste sombre et pessimiste malgré quelques passages heureux et un certain déterminisme semble s'échapper de cette histoire.
Par certains côtés, c'est aussi une fausse autobiographie : tout d'abord Jack est né le même jour et le même mois que Matthias Malzieu, ensuite la Miss Acacia a des traits d'Olivia Ruiz (la chanteuse qui partage la vie de l'auteur).
Voici donc une œuvre qui semble mélanger plusieurs genres : fausse autobiographie, roman picaresque ou d'apprentissage et conte. Si on ajoute à cela l'album que l'auteur a sorti en même temps que le livre, nous avons donc bien ici une œuvre originale et plus complexe qu'elle n'en a l'air. D'ailleurs, je l'ai trouvée bien mieux construite que son premier livre : même s'il m'avait énormément plu, la fin était moins bien construite que le reste du livre, et dans ce deuxième livre ce défaut n'apparaît pas. Cela dit, son précédent livre m'avait plus émue ... comme ne pas l'être d'ailleurs ?

En ouvrant ce livre, le lecteur pénètrera donc dans un univers inquiétant, onirique dans lequel un héros fragile mais persévérant fera tout par amour. Car après tout, ce livre est aussi un bel hymne à l'amour.

Ed. J'ai Lu, 156 pages, 5€60

Gio l'a lu et a aimé le style de ce livre, Le petit mouton s'est ennuyé à la fin de l'œuvre.

Et je ne peux que vous conseiller d'écouter l'album de Dionysos, cliquez ici pour voir le clic de l'Homme sans trucage avec la belle voix de Jean Rochefort.
D'autres voix viennent s'ajouter à celle de Mathias Malzieu : Emily Loizeau, Olivia Ruiz, Grand Corps malade, Eric Cantona, Arthur H.

Posté par Leiloona à 14:12 - Chez J'ai lu - Commentaires [51] - Permalien [#]
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20 avril 2008

Je m'appelle Jeanne Mass de Thomas Lélu

Du temps à perdre ? Lisez le p'tit livre :
Je m'appelle Jeanne Mass de Thomas Lélu.2070394727


J'aurais dû me méfier de la 4ème de couv' :

Ma lecture la plus drôle de l'année .. débarque comme un pied de nez au snobisme de la littérature française. C'est d'une insolence de salubrité publique, Beigbeder.

Le titre complètement loufoque me plaisait bien.
C'est donc l'histoire de Jeanne Mass ( avec deux S), videur au Coconut Café, qui découvre le corps de son patron : il est donc le premier suspect. Un roman policier ? Que nenni ! Le patron se fait assassiner par deux ours roses. Déjà là, l'intrigue se corse ...

A ce moment du bouquin, j'me suis dit que Lélu voulait p'tre faire du Ionesco ou du Beckett et tourner tout en dérision ... sauf que cet auteur n'a pour moi aucun talent. Là encore, du vulgaire en veux-tu en voilà, une histoire qui ne tient pas debout.

Deux extraits pour vous faire une idée :

Pleins de bières sans bulle et couleur caca. Quelle belle soirée ! Nous voilà riches, prêts à exploser comme des vessies de grosses vierges allemandes. C'est cool la life. Merci Dieu. Merci Jésus et les autres. Merci papa, maman, Fellini... J'ai envie de dire jazz super fort en écartant les bras.

***

Je fais un pas vers le type et sort de ma poche la clef à molette en acier que je jette dans ses mains velues. Le temps qu'il comprenne ce qui lui arrive, je lui envoie un coup de pied dans le bide qui le propulse contre deux de ses partners.

Nous retirons nos chaussures en vitesse et prenons position. Les méchants ont l'air vraiment pas cool. Je tente de faire diversion en racontant une blague.

- Tu sais, ta mère est tellement grosse que Mac Gyver pourrait faire une mongolfière avec son slip !

Personne se poile et y'a comme un blanc. Je suggère à Benj d'utiliser une arme a feu et il s'excuse parce que'il avait oublié qu'il en avait une.
Après une courte pause publicitaire, ilsort enfin son flingue qu'il oriente vers le chef mais un des types lui fait une tache-pistache et Benj se fait avoir par cette vielle ruse de guerrier slave.

Nous sommes maintenant désarmés et face à une horde de chiens huskys déchaînés. Sur un tube de Kelis, je fais un moonwalk puis un pas chassé et quelques vrillres. J'enchaine avec un flip-flap tandis que Benj m'encourage avec un sifflet.

Les méchants regardent la scéne médusés et nous réussissons à franchir le seuil de la porte sains et saufs. Sauf que dehors il neige et des yakusas font du hors-piste.

Cet auteur est, semble-t-il, la nouvelle génération d'auteurs : il faut qu'on m'explique ...

Posté par Leiloona à 10:00 - Chez J'ai lu - Commentaires [2] - Permalien [#]
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