Jinn, la trentaine pas encore passée, travaille dans un endroit loufoque où l'obtention d'une clé pour accéder à son bureau relèverait presque d'un travail herculéen. Aussi quand il apprend quelques jours plus tard que ses patrons sont partis avec la caisse sous le bras, il n'est pas des plus surpris ! Il décide alors de partir à l'aventure avec un colocataire un peu collant et un autre copain.
Direction l'Espagne ! Sea, sex & sun !
Ah les virées entre copains sans compte à rendre, les sorties en boîte où on rentre à pas d'heures ... une vie de jeunes libres et ravis de pouvoir profiter de cette liberté.
Malheureusement rien ne va se passer comme cela était prévu !
Voici un roman léger qui devrait plaire aux plus jeunes, surtout les geeks car ils devraient se reconnaître.
D'entrée, la scène du bureau donne le ton. Cette secrétaire qui ne veut pas donner la clé pour ouvrir le bureau au nouvel employé et qui menace tout de même de lui donner un blâme est assez cocasse. Voici une critique du monde du travail à peine voilée.
C'est aussi un roman où les dialogues occupent un très grande place. Dialogues qui flirtent presque parfois avec ceux qu'on peut trouver dans les BD :
"RAAAAAAAAAAAAAAAAATEAAUUUUUUUUUUUUU ! QUI VEUT UN RAAAAAAAAATEAUU".
Malheureusement, c'est un roman où l'humour assez gras et répétitif ne m'a pas fait sourire :
Elle aurait pu se targuer devant ses amis (ndlr : si elle en avait eu) d'avoir à la fois le pouvoir d'attraction et le quotient intellectuel d'une fosse à purin. Tout en le regardant comme une touffe de poils coincée dans le siphon de la baignoire, elle lui fit signe de s'asseoir.
Les personnages un brin losers, très puérils aussi (pour vous donner un point de comparaison, un épisode dans une boîte en Espagne m'a fait penser à un personnage de Dubosc qui n'arrive pas à draguer) ne m'ont pas plu. Disons que j'avais vraiment du mal à trouver un point de ressemblance.
Je n'ai pas terminé ce roman car il m'a semblé désorganisé, et je n'ai pas vraiment compris quel était l'intérêt de certaines scènes et je n'ai pas trouvé ce récit hilarant. Il est toujours plus difficile de faire rire que d'émouvoir.
En revanche, je pense que c'est un livre destiné davantage à un lectorat masculin qui aurait aimé "Wayne's world".
Ed. Edilivre, 387p, 21€
Keisha a trouvé cette lecture plaisante même si elle est très loin de cet univers, Saxaoul trouve que c'est un roman sympa, loufoque qui lui a fait penser à "L'Auberge espagnole".
Droit de réponse de l'auteur :
Sincèrement désolé que vous n’ayez pas aimé le livre. J’abonde dans
votre sens sur certains points… mais pas sur tous (au fait j’espère que
vous ne trouverez pas ce mini « droit de réponse » trop intrusif).
Il
est vrai que la première partie du roman est la plus faible, je ne
cherche pas à le cacher, c’est vrai. Le roman prend son véritable
rythme avec l’arrivée du premier véritable personnage féminin, Susan
(c’est d’ailleurs elle le vrai « héros » du livre). A partir de ce
moment j’ai réellement trouvé mon rythme et j’ai pu véhiculer de façon
plus fluide les messages que je souhaitais faire passer. Les citations
que vous avez sélectionné (située dans le début sont certainement ce
qu’il y a de moins bon dans le livre, en plus hors contexte, l’effet
est dévastateur) sont « puériles » et c’est vrai. Mais quelque part, il
y a une raison. Mon personnage évolue dans le cours de l’histoire, il
va « devenir un homme » et aller vers moins de puérilité, il est donc
normal que j’ai souhaité marquer son coté puéril (un peu a la façon des
photos « avant » qui servent à vendre des appareils de musculation dans
les teleshopping diffusés au milieu de la nuit) afin que le lecteur
puisse sentir son évolution, sa croissance (la photo « après »).
Cependant
c’est la première fois que l’on qualifie l’humour de « gras » (je pense
que les autres bloggeuses qui l’ont terminé seraient d’accord sur ce
point). Sur plusieurs dizaines de retours c’est la première fois que je
l’entends. C’est ce qui m’a le plus surpris car c’est cela que je
déteste le plus (avec la vulgarité). Encore une fois je pense que vous
l’avez arrête trop tôt. C’est certainement de ma faute de ne pas avoir
réussi à vous accrocher pour aller au bout mais, pour le moment, ceux
qui l’ont lu entièrement ne l’on pas regretté. J’aurais peut-être du
écrire, sur chaque page du début au dessous du numéro « Ne vous
inquiétez pas cela devient mieux a l’arrivée de Susan, au pire allez-y
directement ».
La désorganisation que vous avez senti au début prend
tout son sens par la suite et tout s’emboîte correctement (souvent mes
lecteurs ont fait un « Ahhh… d’accord ») passe la première moitié.
En
tout cas je vous remercie, ainsi que les personnes qui ont laissé des
commentaires et, d'un être humain a plusieurs autres je vous souhaite
une bonne soirée, nous partageons tous la même passion, la littérature,
je suis 500 fois plus expérimenté en lecture qu’en écriture (j’ai du
lire 500 livres et n’en ai écrit qu’un seul)
J’espère que la prochaine fois, j’arriverai à vous emmener au bout avec le prochain livre.
Bien cordialement
William Blondel
PS : Dernière chose, le livre est tout de même sélectionné pour le salon du premier roman 09, il n’est pas si mal…