Attirée par le titre drôle et la quatrième de couverture (Bonne nouvelle ! Les Deschiens ont fait un enfant à Queneau et le chat se porte bien. Allumer le chat, c'est un feu d'artifices. Daniel Picouly), je décidai de lire ce livre sans connaître l'auteur. Du moins, je croyais ne pas la connaitre. Elle vient de sortir un nouveau livre A Mélie, sans mélo qui a un certain succès sur la blogobulle, j'avais donc lu des billets sur son second roman. Mais je ne m'en rappelais plus au moment de mon achat d'Allumer le chat.
Bref.
Dans ce roman, j'ai croisé des familles drôles, émouvantes, chiantes. Des familles comme on en voit tant, en somme.
Il y a d'abord Raymond, un homme bourru et pas tout jeune. A chaque fois qu'il voit son chat Bastos, il a envie de l'allumer (r'marquez le jeu de mots) car son air condescendant le met hors de lui. Mais a-t-il vraiment envie de le faire ? Sous ses airs renfrognés, Raymond a un grand cœur. D'ailleurs il a reçu un pouvoir : il sauve les gens. Son métier ? Rebouteux.
Alors quand sa fille Josette lui laisse son petit fils Rémi qu'il n'a jamais vu , Raymond a soudain la goutte au nez ...
Il y a aussi Pierrot l'embaumeur qui va se découvrir une nouvelle passion, Marie-Rose qui aime composer des plats surprenants.
Mais encore Edith, Roberte, Martial, Geneviève...
Daniel Picouly a bien raison en parlant d'un feu d'artifices : les courts chapitres (70 pour moins de 300 pages) permettent au lecteur de connaître de nombreuses tranches de vie. A chaque chapitre, la narration passe par un autre personnage. Je pourrais comparer ce livre à une course de relais. Allez, je te passe le témoin, à toi de raconter un bout de ton histoire ! Même le chat Bastos et la chienne Youka y vont de leurs petites anecdotes !
Chacun a droit à son heure de gloire.
Pourtant, ces personnages n'ont rien de fabuleux, ils sont comme vous et moi, pris avec leurs défauts et qualités. Je suis certaine de pouvoir croiser un jour Raymond, Mine ou les autres. La quatrième de couv' parle donc des Deschiens à-propos car Barbara Constantine a choisi de peindre (mais pas de caricaturer) ces petites gens, comme on dit.
Le langage oral (familier si la situation s'y prête) va de pair avec cette peinture, mais il n'est pas non plus dénué d'une certaine harmonie, voire d'humour. Je me suis d'ailleurs retrouvée dans cette écriture. Que Barbara Constantine soit aussi scripte ne m'étonne pas.
Pourtant, j'aurais pu laisser tomber ce livre. J'ai toujours eu du mal avec les prénoms : je confonds toujours Pierre avec Paul. Alors, au début du livre, il a fallu que je fasse de sérieux efforts ! Je n'ai jamais lu un livre qui sautait de cette manière de personnage en personnage.
Ces petits sauts de puce (je suis certaine qu'elles viennent du chat Bastos !) m'ont permis de passer du rire aux larmes. Un livre original et émouvant.
Un petit extrait :
C'est la nuit. Et pourtant, on se croirait en plein jour. C'est une nuit de pleine lune. Le chat Bastos est en vadrouille. La pleine lune, ça lui fait toujours un drôle d'effet. Il a la pupille dilatée, la démarche ondulante, le sourire carnassier ... il est chaud bouillant. Cette nuit, il ne va pas beaucoup dormir. Il a repéré une jeune chatte qui vient d'arriver dans le quartier. Il est en route. Plus que deux jardins à traverser. Il l'entend déjà la drôlesse.
Elle aussi, la pleine lune lui fait de l'effet. Elle n'a que sept mois. Et déjà elle appelle.
Quel tempérament !
C'est Rémi qui l'a trouvée dans une poubelle et qui l'a donnée à Jack.
Raymon dit que c'est un mâle, alors ils l'ont appelé Riton.
Raymond n'a jamais été fort pour déterminer le sexe des animaux...
Ed. Calmann-Lévy, 14€50, 262p
Les avis d' Enna, SmilingLilly, Cathulu, Cuné (qui n'a pas aimé).