Se laisser entraîner par la musique
Se liquéfier et s'imprégner de tous les virages pris par les instruments
Ici une batterie au rythme militaire qui nous oblige à rester debout
Là un piano dont le marteau assène ses coups sans relâche
Plus loin des chœurs qui amplifient notre douleur
Puis une accalmie.
Enfin.
Un nouvel air plus doux éclipse le précédent
Ce sera un déclic pour les reliques passées
Les violons tendront leur corde et nous permettront de passer sans encombre de l'autre côté de la rive
Virevolte, modulation, vibration
La voix apportera un souffle de bon augure
Arrivera alors une note suspendue
Ce sera elle qui nous exhortera à lever la tête pour entrevoir ce qui peut encore être sauvé.
©Leiloona, le 10.10.2009
Il est là, posé sur un bord du canapé. Invitation à la nonchalance.
Il nous nargue, aussi, à être si bien plié !
Jamais on n'y résiste longtemps.
Le prendre, le déplier et le faire glisser jusque sur les orteils, histoire de ne pas perdre de sa chaleur.
Puis, lentement, le remonter sous le menton.
Entreprise bien souvent délicate : si les pieds se découvrent, tout est à refaire.
Une fois en place, profiter de cet instant où la chaleur nous submerge.
Être à ce moment envahi d'une certaine douceur. Avoir même envie de plonger son nez dans cette tiédeur.
Puis viennent les odeurs : un reste de lessive, un peu de son parfum.
Sur nos joues tout n'est que douceur.
Retourner alors dans un recoin oublié de sa mémoire et renouer avec des sensations oubliées.
Lutter contre la torpeur.
Y résister.
Puis sombrer.
Perçois-tu ce cri qui monte lentement ?
Tes entrailles s'entrouvrent et laissent entrevoir un fêlure familière.
Inutile d'en avoir peur. Elle était là, tapie depuis longtemps, ne demandant qu'à se réveiller.
Un signal lui a été donné. LE signal que tout peut recommencer.
Crie, hurle. Elle ne partira pas. Cela fait bien longtemps qu'elle n'a plus peur de toi.
Mais de cet éternel combat tu peux te libérer.
Plonge la main dans les flancs de ton âme, retires-en ce venin qui te ronge, puis lentement verse ce liquide dans la plume de ton stylo.
Entends-tu déjà ce chant salvateur s'élever ?
©Leiloona
Oksana monta avec difficulté les quelques mètres qui la séparaient du haut de la falaise.
Le vent de face s'acharnait à ralentir sa marche, mais le spectacle de la mer déchaînée valait bien cette petite souffrance. Un pas après l'autre, lentement mais assurément, elle parvint en haut.
Le spectacle des vagues fut saisissant. La mer rejetait sur le sable une écume jaunâtre.
Une purification bien vaine, mais indispensable.
Au-dessus de cette masse en furie, des mouettes tournoyaient et semblaient se moquer de la tache ardue de la mer.
Oksana inspira une grande bouffée d'air pur et bloqua sa respiration, visage levé vers un ciel nuageux.
Très vite la jeune femme plongea dans des souvenirs lointains. Une épuisette, des bottes en caoutchouc, un chapeau jaune, un père avec un petit seau. Son père.
De lui que restait-il ?
Pourquoi la mer avait-elle sur Oksana un tel impact ? Pourquoi le passé remontait-il à chaque fois à la surface ? Était-ce son écume jaunâtre à elle ?
En fermant les yeux, quelques bribes étaient là, perceptibles.
Ne pas ouvrir les yeux, replonger dans le passé et retrouver des sensations perdues.
C'est d'abord l'odeur de la cire qui remonta. Lors de toutes les fêtes de Pâques, le rituel était le même. Après avoir évidé l'œuf, il fallait appliquer de la cire fondue sur la coquille afin de protéger des parties de la prochaine teinture. Maladroite au début, Oksana était devenue assez habile au fil des ans. Les pyssanky, ces œufs peints, étaient un jeu pour elle. Elle ne savait pas encore que c'était une tradition qui célébrait le renouveau et la vie.
Une fois le dessin terminé, il fallait encore plonger l'œuf dans une teinture. La couleur rouge était sa préférée. A côté d'elle se tenait toujours sa grand-mère. Regards protecteurs et main prête à intervenir en cas d'accident. Dans la cuisine, on préparait déjà le panier. Du sel, du beurre et des mets que le prêtre bénirait lors de la messe.
Oksana sourit.
Qu'il était loin ce temps !
A Pâques, c'est à peine si aujourd'hui elle mangeait du chocolat. Malgré tout, ce souvenir lui appartenait. Même si la religion était sortie de sa vie, elle continuait d'aimer ces anciens préparatifs lors de la fête pascale.
Après la cire, ce furent les paroles de son grand-père qui échouèrent en elle :
- Krystos Voskres !
Ces paroles ukrainiennes célébraient la résurrection du Christ. Paroles qui étaient toujours suivies d'un "Voyistynou Voskres !" montrant que le message était accepté. Pour Oksana, c'était un jeu auquel elle se pliait volontiers. Elle qui ne comprenait pas cette langue aimait voir les yeux de son grand-père briller de fierté quand elle lui répondait en ukrainien, s'appliquant à bien rouler les R.
La tradition avait été respectée, la filiation était là, palpable.
Où était-elle aujourd'hui ?
La cire était rangée dans un tiroir, les œufs servirait sûrement à une omelette et personne ne dirait Krystos Voskres.
Et Oksana eut honte.
Honte car elle n'avait pas su garder le flambeau allumé, honte car à Pâques elle ne faisait rien. Certains auraient même pu dire qu'elle avait trahi ses parents.
Alors, pour panser cette blessure ouverte, la jeune femme se leva, ouvrit les bras et cria à la mer la formule du passé, certaine que quelque part elle serait entendue.
Leiloona, le 19 avril 2009
La route était déserte. Les yeux sur la route, Léna vaquait à ses pensées en plongeant de temps en temps sa main dans le paquet de bonbons posé sur le siège conducteur. A la radio, Björk faisait des Shhhhhhhh shhhhhhh, it's nice and quiet et Léna reprenait en choeur les paroles.
Au détour d'un virage, elle vit un homme en plein milieu de la route qui faisait de grands signes. Léna ralentit et posa machinalement ses yeux sur la voiture arrêtée un peu en amont sur le bas-côté de la route. Sur la banquette arrière, se tenait un homme dont la tête était recouverte d'une capuche. L'homme au milieu de la route n'avait pas bougé d'un iota.
Léna décida se s'arrêter.
Une panne, sûrement.
Voiture à l'arrêt mais moteur en marche, elle descendit la vitre du passager.
A la radio, un sombre groupe de rock commença sa complainte.
L'homme s'approcha de la voiture et posa ses deux coudes exactement là où la vitre avait laissé la place à du vide.
- Speak english ? spanish ? french ?
Léna acquiesça à la dernière langue citée. L'homme ne maîtrisait pas bien le français. Comme pour s'excuser, il tendit une carte plastifiée à Léna.
Dessus, un nom qu'elle ne retiendra pas.
Aux inflexions de sa voix, il était allemand, et d'après ce qu'il disait, sa voiture était effectivement en panne sèche.
Tout en s'expliquant, l'homme se penchait subrepticement mais sûrement un peu plus dans l'habitacle, les coudes résolument fixés sur la portière de la voiture. Léna n'avait pas peur, mais elle sentait que quelque chose clochait.
C'est alors que l'homme lui dit qu'il n'avait pas d'argent pour nourrir sa famille.
- Donnez-moi de l'argent.
En prononçant ces mots, il enleva une des chevalières de sa main droite et la tendit à Léna.
- Prenez-la et donnez-moi de l'argent.
Sur le siège conducteur, à côté du paquet de bonbons, il y avait le sac de Léna. Une mauvaise habitude, c'est vrai.
Comme Léna restait interdite devant cette main tendue d'une bague vraisemblablement fausse, elle ne pensait pas à son sac jusqu'à ce qu'elle fixât l'homme dans les yeux (pour voir s'il mentait peut-être). Elle vit alors que les yeux de l'homme se posaient régulièrement sur son sac avant de revenir à son visage.
Tout se passa très vite. L'adrénaline sans doute.
Elle répéta plusieurs fois non, remonta la vitre du passager et enclencha la première.
Bientôt derrière elle, l'homme ne fut plus qu'un point.
NB : J'ai raconté ce texte à la troisième personne tant ce que j'ai vécu me semble appartenir à une autre dimension.Parfois un jeudi 12 peut ressembler à un vendredi 13.
Ça commence comme une banale histoire.
Un message sur le répondeur : c'est l'homme qui me demande si je peux passer le voir à son boulot. Le vin pour Noël acheminé par une gentille collègue est arrivé. En scoot', il est difficile de ramener ces bouteilles.
Je n'ai qu'à faire un petit détour, ça ne me dérange pas.
C'était sans compter les bouchons parisiens et mon piètre sens de l'orientation.
Une fois sur l'autoroute qui me mène tout droit aux bouteilles à mon cher et tendre, je constate qu'elle est bien bouchée. Pas grave ! Hop, petit coup vers la sortie à droite. Je retrouverai bien mon chemin. Il suffira de tourner vers la gauche à un moment.
Pour agrémenter le tout, une petite envie commençait à faire son chemin. Je dois remercier les litres de thé ou café que j'ingurgite dans la journée.
Tiens, et si j'allais par là ? Ce ne serait pas plus court ? Allez, je tente.
Ah oui, super idée ! J'étais bien avancée parmi ces milliers de voitures qui m'entouraient ! Parce qu'il n'y a pas que des bouchons sur le périph' ou les autoroutes. Non ! Ce serait trop beau. Il y en a partout.
Me voici à attendre comme tout le monde. La petite envie se transformant pernicieusement en grosse envie.
Pas un endroit où m'arrêter.
D'ailleurs je ne sais plus où je suis. J'ai bien-sûr déjà parcouru cette route, mais le seul chemin que je connais est celui de la maison. Pas celui du boulot de l'homme.
L'heure tourne. Il ne me reste plus qu'à appeler l'Homme pour lui dire que je serai en retard.
Sauf que, malheur, le portable n'avait plus de batterie.
Forcément.
Préoccupée par le chemin à prendre, je n'écoute pas mon corps qui n'en peut plus de m'adresser des signes évidents de douleur dans le bas-ventre.
Bientôt je ne peux plus l'ignorer.
La légende selon laquelle les femmes possèdent des petites vessies n'a rien de faux.
Au loin, j'aperçois une station essence. Unique bouée de sauvetage à ce moment-là. Je m'y arrête et fais un mini plein. Je cours presque au moment de payer.
Et là, misère.
Les toilettes ne fonctionnent pas. Je fais les yeux du chat potté au garagiste et lui demande si je ne peux tout de même pas y aller. Il me conseille alors de faire pipi dans un p'tit coin à l'arrière.
Ah mais bien-sûr, mon cher ! C'est pas comme si la station était entourée de voitures avec des gens dedans. ![]()
Tant pis, je repars. Pliée en deux.
Bon courage me dit le garagiste.
Humpf' !
Allez, je tourne à gauche, je ne peux que me rapprocher du lieu convoité. Mon ventre va exploser ... les spasmes me feraient presque pleurer.
Finalement, je n'ai pas dû prendre le bon chemin, je suis entourée de barres d'immeubles, mais je ne connais pas du tout cet endroit.
Cela faisait tout de même plus d'une heure que j'étais partie du boulot. L'Homme devait commencer à s'inquiéter. Je ne mets jamais autant de temps ...
Au loin, une enseigne lumineuse : un petit centre commercial ! Hourra ! Qui dit commerces dit toilettes !
Je gare ma voiture et descends vers ce centre.
Autour de moi, il fait nuit. Des bandes de jeunes traînent devant le magasin. Je tais la trouillarde qui est en moi et je m'engage dans la galerie marchande. Mais tous les magasins sont fermés depuis plusieurs mois. C'est un centre désert. Les commerçants ont dû partir à cause de nombreuses agressions. Le seul lieu de perdition ouvert : un bar.
En entrant, je fais mine de ne pas voir les regards masculins qui se posent sur moi. Ce ne sont que des rires gras tout autour de moi.
Je tente de me consoler en me disant que je connais bien ces centres commerciaux. J'ai grandi dans une cité-dortoir, je sais à quoi m'attendre.
Je demande au garçon un café et j'attends debout derrière le bar.
Lorsqu'il m'apporte enfin ma tasse, je lui demande où sont les toilettes.
Au sous-sol, me dit-il.![]()
A ce moment-là, je me dis que je vais finir ma vie dans ce bar, attaquée par le groupe d'hommes qui se font de plus en plus insistants.
C'est fou comme j'ai l'imagination fertile.
Ni une, ni deux, je descends alors au sous-sol. M'attendant à trouver des objets pas super orthodoxes. La douleur du ventre est plus forte que ma peur.
Inutile de raconter dans quel état sont les toilettes. Mais je retrouve une seconde vie.
Une fois remontée vers la surface, je bois une minuscule goutte de café en évitant les regards. Incroyable comme un café peut être réconfortant dans ces moments-là. Puis je m'acquitte de la somme due et dis du bout des lèvres au revoir.
Je reprends ma voiture plus légère, presque euphorique. Honteuse aussi d'avoir imaginé que ces hommes allaient m'attaquer.
L'épopée ne s'arrête pas là. J'étais toujours bel et bien perdue.
Vingt minutes plus tard, j'aperçois de loin un panneau bleu : mon autoroute m'ouvrait de nouveau les bras.
Finalement, je me retrouve au même endroit que quarante cinq minutes plus tôt.
Sacré sens de l'orientation !
Il y a quelques jours, cœur de chêne a écrit un texte sur la barbe à papa, suite à un exercice d'atelier d'écriture.
Voilà ce qu'il a écrit : La proposition était de piocher un titre de nouvelle tiré d'ouvrages de
Philip Delerm et de s'en inspirer pour faire un texte résolument tourné
vers le passé…
J'ai 45 minutes pour écrire ce texte. Top chrono !
Vite, un bouquin de Delerm que je pioche un titre !
La purée vivante.
De mon enfance, je n'ai presque rien retenu. Des mains fermées à jamais, des visages baignés d'un halo mystérieux. Le passé semble scellé à jamais dans un coin de ma mémoire.
Étrangement la nourriture de mon enfance reste le souvenir le plus ancré en moi. Ah, j'en vois déjà qui rient sous cape.
C'est une gourmande, voilà tout. Mais c'est plus complexe que ça.
Je me nourris plusieurs fois par jour, comme tout le monde je présume. Cet acte est directement lié à la vie.
Et si le meilleur moyen de se souvenir des proches était leur recette ? Ne dit-on pas qu'on se passe les recettes de génération en génération ?
Même si cela est prosaïque, la purée restera toujours attachée à ma grand-mère.
C'est le plat de la guérison. 
Invariablement, quand j'étais malade, j'allais chez ma grand-mère. Le corps sous un gros édredon rose en plumes, elle me demandait jour après jour comment j'allais. Si le rose pointait de nouveau sur mes joues, ma grand-mère irradiait.
- Mais, il faut fêter ta guérison, ma petite ! Que veux-tu manger ?
Constamment je répondais alors, les yeux déjà plus gros que le ventre :
- De la purée !
Et la voici qui partait s'affairer en cuisine. Le bruit du journal qu'elle défroissait sur la nappe en plastique, celui de l'économe qui ôtait la peau couverte de terre. Sur le journal, les guirlandes d'épluchures s'amoncelaient. Au bout de quelques minutes, un frémissement montait de la casserole en inox. Le bain des pommes de terre dans l'évier servait à enlever le trop plein d'amidon.
Du lit, je surveillais ces bruits, signes du futur repas pantagruélique. Une véritable montagne attendait d'être plongée dans l'eau bouillante ! Babou (mais pas Yaga) a toujours eu du mal avec les proportions. Mais les dieux comprendront aisément cette démesure.
Bientôt les pommes de terre gigotaient dans la casserole. Cette danse s'accompagnait d'une bonne odeur. La buée sur les carreaux cachait le monde extérieur. J'étais doublement dans une bulle protectrice.
Venait alors le moment d'écraser les patates. Un moulin à légumes orange sortait pour cette occasion. Énergiquement, Babou transformait alors les pommes de terre. Le bruit du frigo qui s'ouvre, puis celui du pot de crème. Fermière forcément ! De vigoureux coups dans le plat pour mélanger le tout.
Du lit, l'odeur devenait irrésistible ! C'était elle qui me guidait vers la cuisine. Un pied dans un chausson puis l'autre. Une robe de chambre molletonnée sur mes épaules. Victoire ! Je tenais debout ! Sur la table de la cuisine m'attendait une purée fumante.
Ce matin, je me suis pliée à un petit exercice marrant sur le blog de Zoridae. Les consignes à respecter étaient les suivantes.
Le texte doit commencer comme un conte, il doit aussi y avoir de l'amour, de la poésie, et comme c'est un conte, il doit bien se terminer. Le héros de cette histoire doit être au choix : un parapluie, une chaussette, un bol, une brosse à dents, un vélo, une porte.
Voici ce que j'ai écrit :
Il était une fois une fois une chaussette. Oh, mais pas n’importe laquelle ! C’était une chaussette seule. Depuis quelques mois, sa moitié était introuvable.
Alors elle trônait sur la commode, guettant avec attention le retour de sa douce.
100 % bambou, confortable, noire avec un petit liseré gris, c’était la rolls de la chaussette. Avec son double, elle aimait se pavaner devant les 100 % Coton. Des chaussettes bas de gamme en somme.
Le propriétaire de cette paire en bambou l’aimait par-dessus tout. Lorsqu’il avait un rendez-vous important, il la choisissait toujours. Grâce au bambou, la transpiration excessive était absorbée.
Sauf que depuis le mois de mars, son double avait mystérieusement disparu. C’est le lot de nombreuses chaussettes. On les lave ensemble mais l’autre disparait. Mais où ? Dans la machine ? Sur l’étendoir ? C’est le mystère de la chaussette.
Sur cette commode, la chaussette prenait donc la poussière. Son noir de jais était passé à un noir mat. Le gris menaçait de pointer son nez. Quelle déchéance ! C’est vrai qu’une chaussette seule perd son utilité, à moins d’avoir un propriétaire unijambiste …
Et madame Bambou ne voulait surtout pas devenir un chiffon à poussière ! Elle deviendrait la risée de la tribu des chaussettes Coton !
Mais voici qu’en pleine crise existentielle, la chaussette Bambou aperçut derrière la commode son double !
Une contorsion à droite, une à gauche, la chaussette tomba derrière la commode. L’histoire ne nous dit pas ce qu’elles firent ensemble au moment de ces retrouvailles. Bien-sûr qu’elles étaient inutiles derrière cette commode, mais elles étaient enfin ensemble. Et qui sait, peut-être qu’un jour, le propriétaire bougerait la commode et retrouverait sa paire fétiche.
Zoridae a choisi comme héros de son histoire une porte.
Et vous, quel héros vous tente ?
Tout héros qui se respecte, qu'il soit Indiana Jones ou Ulysse, rencontre parfois des obstacles sur sa route. Ça fait partie du lot des héros. Il en va de même pour l'Homme.
Il bosse dans ce qu'on appelle la Com'. La pub' est censée faire rêver, sauf ceux qui planchent dessus. Pour quelles raisons ? Tout simplement parce qu'au moment de la rentrée, les contrats s'accumulent jusqu'à rivaliser avec la tour de Babel. Et qui doit honorer ces contrats ? L'Homme et ses collègues. Et ce dans un temps ridiculement court.
Alors il bosse.
La journée.
Le soir.
Le samedi.
Et même le dimanche.
La pub ne connaît pas le jour du seigneur.
90 heures en une semaine.
Après cette semaine de folie, l'Homme ne voyait plus bien clair. Pire, ses yeux ressemblaient à un lapin qui aurait chopé la myxomatose. Il décida donc de prendre son après-midi.
Pour se reposer jouer avec la console ? Il aurait bien voulu.
Déjà il avait les joints de la salle de bain à refaire. Que dis-je, les joints ! Non ! La baignoire a été mal posée (je vous parlerai une autre fois de cette maison qui a été construite bizarrement. Pour tout vous dire, parfois je rêve que les murs sont en carton), du coup elle bouge. Peu, mais suffisamment pour annuler le principe du joint. C'était donc tout le tour qu'il fallait consolider avec je ne sais quoi. (Je ne suis pas une bricol girl, ça se voit ?) Avant de commencer ce 13ème travail herculéen, l'homme avait mis un des chats dehors.
Arrêt sur images sur ce chat.
Cette boule de poils ne sort pas du jardin. Sauf quand il voit un autre chat (un peu comme Bambi qui suit son papillon). Le problème est qu'il ne sait pas revenir seul. Comme il est malade (une malformation au cœur), on le protège pas mal excessivement.
Après avoir fini son boulot dans la salle de bain, l'Homme pouvait enfin se reposer. Un p'tit coup d'œil dans le jardin et là, HORREUR ! Le chat s'était pris pour Copperfield. Montée de stress pour l'homme qui file dare dare motus chez les voisins. Le voici à quatre pattes. Minou Minou. Le chat avait décidé de faire durer son tour de magie.
2 heures à le chercher.
Quand je suis rentrée, mon lapin russe homme était échevelé. L'histoire se termine bien. Le chat avait décidé de se planquer sous la cabane bambou du voisin. Mais trop apeuré, il n'osait miauler (et pourtant, il miaule, hein !)
Nous voici rassurés. L'homme pouvait enfin se reposer ...
Mais les obstacles ne s'arrêtèrent pas là (C'eût été trop beau). L'Homme avait fait une machine ... je décidai donc de l'étendre. Étonnamment le linge ne sentait pas les prés. Je demandai à l'homme où il avait mis la lessive. Manque de bol, l'épreuve du linge était à refaire. La confusion entre le bac à lessive et le bac à adoucissant ne pardonne pas. Même à un héros.
Pour clore cette merveilleuse journée, l'Homme apprend qu'un de ses collègues quitte le navire.
A cette heure, l'homme se demande toujours si le gouvernement français n'a pas fait exprès de ruiner cet après-midi de repos. Histoire qu'il bosse encore plus.
Les voisins, on ne peut y échapper ... surtout en région parisienne où le moiiiiiiindre espace libre est tout de suite acheté par un grand opérateur mobile.
Du coup, j'ai des voisins. Comme tout le monde. Et comme tout le monde, je dois faire avec.
Même si je ne les connais pas beaucoup, j'ai déjà déjà repéré certains profils (j'ai toujours rêvé d'être profiler ...)
Y a les voisins sympas, chez qui on peut refaire le monde autour de plusieurs quelques bouteilles de rosé. Vu que nous avons les mêmes centres d'intérêt (pfffffff non je ne parlais pas du rosé), on peut rester longtemps à discutailler devant le portail ou dans le jardin.
Y a le voisin un brin casse-pieds qui vient sans avoir été convié et qui se tape l'incruste dès le premier soir, à 23 h, quand je suis toute seule ...
Puis y a les voisins bizarres.
Alors oui, je suis une trouillarde. Mais ce qui suit est tout de même étrange.
Mes voisins germains (les plus proches) sont des êtres tout à fait normaux que je classerais parmi les gens sympas.
Sauf ...
Sauf qu'ils vivent les volets fermés. Alors l'été, rien de plus normal.
Mais l'hiver !
On cherche tous le moindre rayon de soleil et on se plaint de devoir allumer la lumière dès 17 h (raaahhh et dire qu'on retourne bientôt en hiver) et eux, ils se la jouent volet fermés.
Du coup, mon côté détective privé (je regarde la série Véronica Mars en ce moment, ça accentue mon penchant) a pris le dessus.
Mais du coup je ne sais plus ce que je dois penser de cette découverte.
Alors que je lisais tranquillement dans le jardin, j'entendis un bruit chez les voisins. Zioup, à travers mes lunettes mouche, je regarde discrètos du côté du bruit et là ... et là !!!! Le volet s'ouvre !
Miracle ?
Non. Car le volet était ouvert par une main munie d'un gant chirurgical.
*musique de psycho*
Pour moi l'équation est simple. Gant en latex = scalpel dans l'autre main.
L'horreur s'incarnait.
Et là mon cerveau travaille vite.
La voisine découpe des chats en guise de repas ...
La voisine torture son mari
Ce sont des vampires et ils doivent vivre les volets fermés ...
Bon, depuis j'en ai parlé à l'Homme qui a ri. Sa mère aussi. Ça doit être héréditaire.