Parce que la rentrée me submerge, parce que dans ces cas-là, j'écoute de la musique. Il paraît même qu'elle apaise ...
Et surtout parce que c'est mon coup de cœur de la rentrée : un petit billet musical !
Le 5ème album de Regina Spektor est encore un de ces albums que je pourrais être écouter jusqu'à plus soif ; il y aura toujours une intonation ou un instrument à découvrir.
Il faut dire que l'univers de la miss est assez riche. Je ne reviendrai pas sur ses origines russes, puisque d'après elle elle était très jeune lors de son arrivée aux États-Unis (à 9 ans), même si selon moi ce genre de racines colle à la peau et donne une coloration propre à ses disques.
Avec Spektor, il y a toujours un piano pas loin. C'est lui qui ouvre l'album. Dès les premières modulations, on reconnaît la voix si particulière de la belle. C'est une chanson enjouée, que j'aime écouter le matin pour me mettre de bonne humeur.
Que dire du reste des chansons ? Elles possèdent toutes la griffe Spektor tout en étant toutes différentes : des ballades pleines de douceur où une boîte à rythmes semble mimer les battements d'un cœur, des accélérations progressives, un phrasé particulier que la chanteuse a fait sien, une voix qui devient elle aussi un instrument à part entière.
Le piano se fait compagnon idéal puisqu'il suit les humeurs des différentes mélodies. Un piano protéiforme.
Si je devais mettre cette chanteuse dans une petite boîte, j'aurais bien du mal à définir son style ... De la pop ? Oui, mais dans chaque chanson, on trouve une petite fantaisie vocale ou instrumentale indéfinissable.
Un album assez enjoué (hormis deux chansons mélancoliques), plus abordable que ses précédents, mais avec toujours une belle fraîcheur.
1. The Calculation
2. Eet
3. Blue Lips
4. Folding Chair
5. Machine
6. Laughing With
7. Human of the Year
8. Two Birds
9. Dance Anthem of the 80s
10. Genius Next Door
11. The Wallet
12. One More Time With Feeling
13. Man of a Thousand Faces
Découvrez la playlist Spektor avec Regina Spektor
Un look improbable : avec ses lunettes, on le croirait tout droit sorti des sixties. En l'écoutant hier à Tarata, j'ai cru faire un saut spatio-temporel avec le Tardis ! Si vous aimez la Motown (The Temptations, Diana Ross, Stevie Wonder), écoutez son album !
J'ai été soufflée par cette voix et l'arrangement de ses morceaux.
Album réédité qui sort le 6 avril. Au Bataclan le 15 avril. 
Pour écouter l'album entier, vous pouvez aller sur son site officiel.
Le nouvel album d'Antony and the Johnsons vient de sortir dans les bacs.
J'ai découvert ce groupe avec leur deuxième album "I'm a bird now" et j'ai instantanément été séduite par la voix androgyne du chanteur Antony Hegarty. A chaque fois que j'écoute cet album, j'ai une soudaine allergie qui touche mes glandes lacrymales. Effectivement comment rester de glace en écoutant "You're my sister" ?
Alors que le précédent album largement autobiographique évoquait la difficulté de trouver sa place dans ce monde, celui-ci parle davantage de la Nature bien malmenée depuis un certain nombre d'années ... "Aujourd'hui, j'ai l'impression que mon corps est en phase avec la nature. Qu'on est fait des mêmes éléments, confie le chanteur. Je suis même persuadé que toutes les espèces chantent, même celles qu'on ne peut pas entendre."
La couverture de l'album en étonnera certains, en dérangera d'autres. Sur la pochette, un acteur grimé en femme est tourné vers la lumière, quasi dans la position du suppliant.
Il s'agit du danseur de butô Kazuo Ohno à qui est dédié cet album.
"The Crying light" symbolise un lieu où tout aurait été préservé. Un lieu refuge où chacun pourrait se sentir en sécurité.
Bon, assez parlé, le mieux est encore d'écouter cet album et laisser opérer la magie. (Les tags sur Deezer sont les suivants : magique, génie, mélancolique, étrange, féérique, magnifique, sublime. Je suis d'accord avec tous.)
A vous donner la chair de poule.
Hier sur Canal, j'ai entendu une voix qui m'a fait lever le nez de mon assiette. Fourchette suspendue en l'air, les yeux rivés sur l'écran, je suis aussitôt tombée amoureuse de cette voix.
Cette voix est celle de Victor Démé qui sort son premier album à cinquante ans. Guitare blues, influences latines, et une voix à donner la chair de poule.
Extrait du myspace de cet artiste :
En langage dioula, «Burkina Mousso » est un hommage à toutes les
femmes burkinabés «ayant construit ce pays de leurs mains » comme le
chante Démé. Ses textes appellent à la solidarité nationale (« Peuple
Burkinabé »), prônent la tolérance envers son prochain (« Djôn’maya »),
et tissent des hymnes à la grâce féminine («Sabu »). Le menu s’achève
sur deux titres de musique traditionnelle mandingue, et ce disque
éponyme présente ainsi au public toute la richesse de son répertoire.
A découvrir sans tarder !
Vous vous rappelez peut-être de son tube "Tu seras", sorti après la célèbre émission de télé-crochet (vi, vi c'est bien la St** *c').
Depuis la miss a grandi.
C'est une jeune fille infidèle à l'idée qu'on s'fait d'elle, comme elle l'écrit dans la chanson "Lipstick et Rimmel".
Finie l'époque où on voulait lui donner l'apparence d'une Avril Lavigne à la sauce française.
Après un deuxième album aux sonorités pop-rock, elle sort un troisième album surprenant. Emma Daumas avait déjà annoncé la couleur avec son premier single "J'suis conne" sorti il y a quelques mois.
Chanson qui illustre bien l'auto dérision dont elle peut faire preuve.
Qui ne s'est jamais dit "punaise, mais quelle con(ne) !" quand il commet une belle bourde ?
Les autres titres de l'album sont peu définissables car les influences sont nombreuses. En vrac et dans le désordre, voici un album qui me rappelle les Coco Rosie, Keren Ann, The DØ ou encore Julien Doré pour le côté décalé.
Quant au genre de l'album, il est plutôt protéiforme. Aux rythmiques pop/folk viennent s'ajouter des sons électros.
Pour écouter la chanson la plus pop/rock de l'album : "Elle".
Celle que j'aime écouter en ces temps bien moroses : "That's all fun".
Un extrait du livret :
Décalé, rafraîchissant, drôle et mélancolique, cet album me donne la pêche dans les bouchons parisiens.
Pour écouter l'album entier :
Son album est à écouter avec un livre dans la main gauche et une tasse de thé, chocolat, café (rayez les mentions inutiles) dans la main droite. Ajoutez à cela un p'tit plaid sur les genoux, un chat qui vient se lover contre vous : voici les ingrédients pour passer un bon hiver.
Hugh Coltman a décidé de quitter The Hoax après sept ans de bons et loyaux services et il vient de sortir un album tout en douceur. Au détour des morceaux, on rencontre un hautbois, un ukulélé, des guitares, des percussions. Certains critiques disent qu'il y a du Jeff Buckley, Otis Redding et Leonard Cohen en lui. C'pas rien. Sur deezer, vous pouvez écouter l'album entier :
Les chansons ne sont pas toutes des ballades. Son single "Could you be trusted" est même très pop.
Un tag muscial en ce dimanche qui me vient directement de la contrée de Clarabel.
Ma mission, puisque je l'ai acceptée, est la suivante ... 
Toujours difficile de choisir une chanson parmi d'autres ...
Tout d'abord une chanson d'une artiste qui n'a pas le succès qu'elle mérite. Il s'agit de Myrtille et de sa chanson "Murmures"
Une chanson animée d'une douce énergie ...
M' enfin l'énergie n'est pas toujours au rendez-vous et dans ce cas, je suis plutôt comme la chanson "River" de Joni Mitchell
Je peux me passer cette chanson en boucle ...
Autre chanson qui me ressemble : "Merci" de Jeanne Cherhal :
Pour tout ces petits bonheurs indispensables, qu'il faut prendre le temps de savourer.![]()
"Après moi" de Regina Spektor pour le rythme entêtant du piano, pour les vers de Boris Pasternak.
Февраль. Достать чернил и плакать !
Писать о феврале навзрыд,
Пока грохочущая слякоть
Весною черною горит.
Un homme et non le moindre ...
La chanson parle d'elle-même "No Surprises" de Radiohead :
Le bonus track :
Je ne pouvais passer à côté de "Tristana" de Mylène Farmer ... cette chanson m'habite depuis que j'ai 13 ans.
Bon, un peu l'impression de me mettre toute nue avec ces chansons ...mais telle était ma mission du jour. Je dois maintenant redonner le bébé à cinq personnes.
Le troisième album de la petite fée italo-islandaise qu'on comparait jusqu'à présent à Björk vient de sortir.
Le single "Me and Armini" étonne. La belle ne nous avait pas habitués au rythme reggae.
Découvrez Emilíana Torrini!
Avec "Fireheads", "Birds", la miss et sa guitare nous emmènent en balade. Doux comme j'aime.
Découvrez Emilíana Torrini!
Avec "Heard It All Before" on change carrément de genre. Beaucoup plus pop sans tomber non plus dans la variétoche ...
Découvrez Emilíana Torrini!
Pop-folk avec un soupçon trip-hop ce qui rend cet album hors du commun, vous aimerez cet album si vous aimez Yaël Naïm et Cocoon. ![]()
Vi, vi encore un ex-candidat de la Nouvelle Star. Après Julien Doré, voici Cédric Oheix. J'vous assure que je ne suis pas sponsorisée par Fremantle. ![]()
Alors oui, quand on voit Cédric Oheix, la première chose qu'on se dit, c'est que c'est le gendre idéal. Mais ce qui est bien, c'est que derrière ce physique se cache un bon compositeur/interprète.
Il était donc au Sentier des Halles mardi dernier, accompagné de ses deux musiciens Régis et Sébastien (alias Rock Feller et Mu$$.)
Je n'ai pas vraiment suivi ce chanteur à la NS, et d'ailleurs les titres imposés choisis ne lui rendaient pas toujours justice (quand on pense qu'ils lui ont donné "Joe le Taxi" ...
) Bref, on n'est pas là pour débattre sur cette émission.
Une amie m'a gentiment invité à ce concert et j'étais curieuse de (re)découvrir cet artiste. C'est donc en parfaite vierge néophyte, que je suis allée au Sentier des Halles.
Le grand gars fumait nerveusement tranquillement une p'tite clope avant le concert du soir et c'est très naturellement qu'il a fait la bise à tous ceux venus le voir (la grosse tête, il ne connaît pas) et a tapé la bavette avec nous.
Puis vient le concert. Ses deux musiciens s'occupent de la première partie : deux guitaristes bourrés de talent et de simplicité ; ils forment tous les trois une sacrée équipe. Une telle complicité fait plaisir à voir.
Cédric Oheix arrive après 3/4 chansons. La petite salle (une centaine de places) permet d'instaurer de suite une certaine proximité et l'humanité du chanteur fait le reste.
On commence par des reprises (certaines déjà entendues à la NS) : le titre tubesque de Kylie Minogue "Can't get you out of my head" qui rend vraiment très bien en acoustique.
L'arrangement de "Crazy" tout en douceur convient bien à la voix suave du chanteur. Je redécouvre la chanson.
Suivent des chansons de marins (ben oui, comme il le dit si bien, c'est ce qu'il est aussi.) : une reprise "Aux sombres héros de l'amer" de Noir Dés', mais aussi ses compositions "Alone Again" et "Pénélope". Notre Ulysse des temps modernes met toute son âme dans ces chansons.
Lorsqu'il s'attaque à "Hallelujah", mes poils se dressent. Waw.
Comme il n'est pas né de la dernière pluie, l'envolée lyrique de la fin de la chanson prend aux tripes.
Bon, il ne compose pas que des chansons qui poussent à la consommation de Lexomil non plus ; "Thirty", titre plus enlevé, parle avec humour de la crise de la trentaine. Ben vi, même lui est touché par les transformations physiques de cet âge. L'est pas non plus épargné. ('fin, cela dit, cela reste trèèèèèès relatif, hein. ![]()
La version du Sentier est bien moins rock que celle sur son myspace.
Z'avez remarqué, pas une fausse note et l'accompagnement est à tomber. (ça donne envie de se r'mettre à la guitare.
)
La dernière chanson avant le rappel est une reprise de Chris Isaac "Wicked Games" qui n'a rien à envier à l'auteur d'origine. Avec une telle voix, si ce mec ne parvient pas à décrocher un contrat, c'est que les producteurs doivent aller dare dare motus chez un othorino .
Il nous quitte sur "Here with me" de Dido. "I woooooon' go" nous dit-il. Ben nous non plus on ne veut pas qu'il s'en aille.
Ces deux heures sont passées très vite. Pour reprendre les paroles d'un sage : "ce fut trop court" ©Darknouille.
Et ce n'est pas parce que la salle s'est transformée rapidement en sauna que l'ambiance fut bonne : (Le pauvre, il était dégoulinant, tant il faisait chaud) ce "p'tit" gars est la simplicité même. Après le concert, il nous a gentiment tous invités à boire un coup avec lui au bar de la salle. Il s'est plié à toutes les photos / dédicaces pendant plus de deux heures, le sourire aux lèvres (jolies fossettes en passant.)
Pour finir, en cadeau, une superbe photo floue artistique.
Merci à Alehimes et à Cacoucaro pour les vidéos. D'autres photos et vidéos sur le forum de Cédric Oheix.
Julien Doré, pour ceux qui ne le connaîtraient pas est un chanteur issu de la télé réalité.
Bouuuuuuh, ne jetez pas de suite vos tomates, gardez-les pour vos salades de ce soir plutôt.
Doré ne semble pas être promis à devenir un chanteur kleenex qu'on jetterait au bout de quelques mois. Il a sorti un album pas dégueu du tout. "Ersatz" qu'il s'appelle même.
Cocoon, Christophe et Arno, BabX font partie des artistes ayant contribué à ce que cet album voie le jour. Du bon monde, hein.
Doré est connu pour aimer les surréalistes (je rappelle qu'il est diplômé des Beaux-Arts). Du coup, j'ai regardé de plus près les différentes paroles de l'album ...
Voici ce que j'en ai retiré ... (pour ceux qui n'auraient pas les paroles sous les yeux, elles se trouvent facilement sur le net.)
Bouche Pute :
Découvrez Julien Doré!
Non, il ne parle pas forcément de sodomie (j'espère que ce mot ne figurera pas trop dans les mots-clés menant à ce blog)... mais plutôt de l'amour violent en général.
pisser sur tes hanches
corps noué aussi ..
l'homme slave aussi (/esclave)
La bouche pute = une bouche rouge comme les putes mais aussi bouche qui appelle le désir.
Amour violent donc jusqu'à la rage.
Mais pas seulement puisqu'il parle de large (cette femme est partie ..
d'où p'tre aussi la putasserie du titre). D'autant plus qu'elle est
passée de De jolie brume à pauvre conne. Que fait-on quand l'autre nous quitte ? Ben on le traite de tous les maux, de tous les noms d'oiseaux ...
S'il a détouré son corps à la craie, c'est p'tre pour rendre présente l'absente. Seule la craie peut symboliser le corps absent.
La
fin instrumentale du titre monte crescendo et montrerait à la fois la
violence du sentiment amoureux (physique ou psychique) mais aussi la
peine de cet homme quitté.
Braif pour résumer on a là un homme
quitté qui revient sur une relation très passionnée voire violente ...
Rien de bien caché ici. Juste quelques images et jeux de mots mais pas
de double sens pour moi puisqu'il est explicite.
Passons à un autre titre, Acacia :
Découvrez Julien Doré!
Pour "Acacia", si on ne lit pas les paroles, on peut facilement entendre Marie-Jeanne (pitète une réminiscence de Joe Dassin ou une ode au cannabis
) Bon c'pas ça, puisqu'il dit
Au nord je /t’ai tuée . Tant pis. ![]()
Cette chanson est jolie comme tout et la voix de Morgane (du groupe Cocoon) s'allie bien à celle de Doré.
Les paroles me font penser à un poème de V. Hugo, surtout la fin du poème surtout.
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
La
bruyère et le houx sont des plantes vivaces et persistantes et la
bruyère en fleur symbolise la vie. Le poète montre ici que la mort
n'est finalement pas une fin, qu'elle mène vers une renaissance.
Ben
dans la chanson de Doré, on a la même chose avec l'acacia. Cet arbre
dans plusieurs cultures est le symbole de l'éternité, de l'immortalité.
Belle antithèse dans la chanson donc, puisqu'il la tue mais sous un
arbre symbolisant l'immortalité.
Pour les fleurs en papier, on peut au choix penser à Sayonara d'Hervé Villard
Mais le doute m'habite ... il faut tout de même signaler que la première phrase de Villard est Je vais quitter ton jardin de fleurs en papier. Ah oui tout de même .. l'influence est manifeste.
Bon sinon, "les fleurs en papier" montrent au contraire le côté éphémère des choses. L'antithèse est toujours présente.
Néanmoins ces antithèses accentuent paradoxalement une (ré)union : le nord / le sud, la vie/ la mort, fugacité / éternité.
Belle alliance des contraires, le tout ordonné par une Nature personnifiée. Chanson très proche du mouvement romantique. Finalement Doré se crée une religion, lui qui se dit athée dans la chanson
Je n’ai même pas prié car je rappelle que l'étymologie de religion est re-legere = " ce qui lie deux choses".
Allez, une dernière chanson, Piano Lys ; elle m'plaît bien celle-là.
Découvrez Julien Doré!
Là l'influence surréaliste se voit bien mais on peut même étendre ses influences à toute la première moitié du XXème...
Doré a choisi d'associer des images assez éloignées les unes des autres ; comme l'a dit Reverdy (poète surréaliste) L’image ne naît pas d'une comparaison, mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Ben là nous sommes en plein dedans.
Finalement il ne fait que "sculpter les opposés" comme il le dit dans son titre "Figures imposées".
"Je peins la langue bleue de Cézanne".
Cézanne n'était pas un mouton (cf la maladie de la langue bleue qui touche les moutons),
mais un peintre qui aimait le bleu. D'ailleurs à cette époque là, cette
couleur inspire pas mal d'artistes. Cézanne a produit pas mal d'oeuvres
avec une dominante de bleu, Matisse ( avec son Nu bleu), et Eluard
aussi avec son fameux "la terre est bleue comme une orange".
Pourquoi peindre une langue ? P'tre pour montrer qu'avec cet album il donne de la couleur aux mots ?
A cette couleur primaire vient s'en ajouter une autre : le rouge (le fer rouge pivoine). Autre couleur fétiche des fauves. L'a pas fait les Beaux-Arts pour rien le Doré. ![]()
Ajoutons à cela des jeux de mots : il joue avec nos attentes afin de mieux les briser.
Quand il dit qu'il trace en large, il omet le "en long", mais on le retrouve à la phrase suivante Qui me remonte le long. L'attente de l'oreille est comblée et le jeu de mots est crée.
Au début du titre, on entend les larmes de tous tes fonds
... alors que normalement on aurait dû s'attendre "aux lames de fond".
Sonorités proches mais sens différent, et bing l'image dans nos
cerveaux est décuplée. Ces larmes prennent l'ampleur des lames de fond.
Et c'est là qu'on voit une autre influence manifeste. Le titre "Piano Lys" est une référence directe au pianocktail de Boris Vian. Et que fait ce pianocktail ? Ben il fait de la musique et de l'alcool. Ah ben tiens, on retrouve notre trait d'absinthe qui figure aussi sur cette chanson. Alcool dont raffolaient les artistes de la fin du XIXème.
L'ensemble est donc très mélancolique : le bruit des baleines sûrement, mais aussi un réseau de mots très sombre comme lames, exportes (on part d'un endroit), la porte qui ferme un accès, et le virage derrière lequel on ne sait pas ce qu'on va trouver.. .
Et
je suis certaine qu'il y aurait encore des choses à dire. Par exemple,
loin de se limiter aux paroles, les instruments eux aussi s'allient. Le
piano, le clavecin, mais aussi un bruit en fin de titre qui pourrait
faire penser à un cétacé. Le tout mixé à de l'électro. Belle alliance.
Les synesthésies baudelairiennes ne sont pas loin.
De jolies influences dans cette chanson dont Julien s'est servi pour enfanter un bel album. Alors oui bien-sûr, les détracteurs disent qu'il n'a rien crée, que l'ensemble ne ressemble qu'à un patchwork d'influences. Ben je leur dirai qu'en littérature, copier un artiste fait partie du lent processus de création. Je ne citerai que Rimbaud dont les premiers poèmes ne sont que des topoï romantiques.
Je ne compare pas Doré à Rimbaud, je dis juste que cette démarche de copier autrui est nécessaire pour un artiste.