Hélène n'a rien d'un joueuse au début du film. Levée à 5 heures de matin tous les jours, elle fonce à l'hôtel des Roches rouges où elle fait le ménage. D'elle, sa patronne dirait que c'est une employée modèle. Toujours à l'heure, le travail fait avec soin sans jamais dire un mot plus haut que l'autre. Quelques après-midi, elle nettoie la maison d'un docteur bourru. Puis elle rentre préparer le repas pour son mari et sa fille. Avec son mari, le désir s'est émoussé au fil du temps et il passe davantage de temps dehors à jouer avec ses copains que dans sa maison.
Une vie tellement rythmée par les tâches ménagères que cette femme n'est plus qu'une ombre. Une ombre qui sert les autres.
Un jour, en faisant le ménage dans une des chambres de l'hôtel, elle surprend un couple jouer à un jeu. Ils jouent aux échecs. A travers le voile du rideau, elle est subjuguée par la sensualité qui émane de leurs gestes. Ils ont l'air si amoureux !
Comme c'est bientôt l'anniversaire d'Ange, son mari, elle prévoit alors de lui offrir un jeu d'échecs électronique. Elle espère secrètement que ce jeu les rapprochera.
Néanmoins, Ange ne voit pas du tout ce qu'il ferait d'un tel jeu ! Alors, durant une nuit d'insomnie, Hélène ouvre la boîte, et commence à jouer pour elle.
Ce sera une véritable révélation. Une révolution pour cette femme sans réels contours.
"Joueuse" est l'adaptation d'un roman de Bertina Henrichs que j'avais lu l'été dernier : La Joueuse d'échecs.
De ce roman, j'avais aimé cette femme qui voit son destin basculer pour ce jeu, aussi je voulais voir ce qu'avait réalisé Caroline Bottaro.
L'émancipation de cette femme passe ici par les objets, symboles d'une féminité retrouvée : des cheveux qu'on laisse s'échapper d'un chignon, des vêtements plus féminins, une cigarette qu'on reprend après avoir délaissé le paquet pendant des années ... Sandrine Bonnaire incarne assez facilement la Eleni du roman. 
De temps en temps, les scènes sont filmées caméra à l'épaule, donnant un mouvement saccadé à l'image et illustrant ainsi le désarroi d'Hélène. Par exemple, lorsqu'elle revient de chez le docteur en courant, ces images caméra à l'épaule accentuent le trouble dans lequel est plongé Hélène.
En revanche, si vous vous attendez à voir une adaptation fidèle du roman, vous risquez d'être déçu.
L'action ne se passe plus en Grèce mais en Corse. Et pour une amoureuse de la Grèce comme moi, la déception fut grande quand j'ai vu les premières images ! Surtout que le film s'ouvre sur un temps tellement maussade que j'ai eu l'impression que l'action allait se dérouler en Bretagne ! Bon, finalement, la Corse permet de faire des très belles images, et les personnages parlent du continent comme d'un lieu presque inaccessible, tout comme le fait le roman. L'atmosphère étouffante du livre est presque bien rendue et souvent on a envie qu'Hélène franchisse cette barrière d'eau qui la sépare d'un de ses rêves.
Un écart encore plus grand sépare le livre du film : celui du personnage masculin.
Dans le premier, c'est un vieux professeur très maigre qui apprend à Eleni à jouer aux échecs. Dans le second, c'est un docteur poivre et sel, certes bourru, mais vite sympathique ... Quel choc tout de même ! Vous vous doutez bien qu'entre un vieil homme de 80 ans et un quinquagénaire, la relation qui unira les deux protagonistes ne sera pas vraiment la même ...
Dans le livre, Eleni est une femme ivre de liberté, totalement incomprise par ses proches. Et son choix final est désarmant. Ici, ils ont aplani l'ensemble. Finalement, même si Bonnaire montre qu'Hélène s'émancipe, les choix opérés par le scénariste font que la révolution n'a pas vraiment lieu ici.
Bon,vous l'aurez compris, c'est une adaptation libre du roman de Bertina Henrichs. L'essentiel est tout de même là : l'obsession de cette femme pour le jeu est bien retranscrit, et Sandrine Bonnaire joue avec naturel la chrysalide devenue papillon.
Un film à voir pour le jeu de Bonnaire, mais si vous avez lu le livre, il faut oublier l'histoire, car vous risquerez comme moi de ne pas vraiment réussir à plonger dans le film. C'est dommage de ne pas être allé au bout de l'histoire, car d'un véritable drame est né un film sentimental.
La Bande-annonce :
Voir l'adaptation d'un roman qui m'a émue m'a toujours posé de nombreux problèmes (böh, rien de vital grave, cependant ...) Quand j'ai appris que le roman de Barbery sortait au ciné, j'étais à la fois contente de voir quels seraient les choix opérés par le réalisateur, mais aussi sceptique (erff, ne vont-ils pas dénaturer cette histoire ?)
Quand Stéphie (cette grande chanceuse avait gagné deux places pour "Le Hérisson" .... d'ailleurs elle devrait jouer au loto !
) m'a proposé d'aller voir le film avec elle, je n'ai pas hésité. C'était un signe du destin qui me poussait gentiment par derrière ! Ça ne pouvait être que ça ! Puis, c'est toujours l'occasion de s'échanger des livres, d'aller regarder de jolis livres sans en acheter et en acheter très raisonnablement.
L'intrigue de base est toujours la même : dans un immeuble cossu de Paris, une jeune fille, en avance sur son âge et tellement dubitative sur ce que peut apporter la vie qu'elle compare l'existence à un poisson rouge dans un bocal, s'apprête à faire la connaissance de deux personnes (Renée la concierge et Ozu un nouvel arrivant dans l'immeuble) qui pourront peut-être lui apporter les clés qui ouvrent la porte de la sérénité. En gros, des repères qui lui feront aimer la vie.
Enfin, pour le moment, cette jeune fille du doux nom de Paloma est encore en pleine crise, et elle souhaite se suicider le jour de ses treize ans. Mais avant d'en finir, elle filme son entourage. Son film sera la preuve de la fatuité de l'existence.
Me replonger dans cette histoire, c'est faire un bond de trois ans en arrière. Pour moi, les livres marquants sont toujours associés à un lieu, à une époque. J'ai aussi en tête des passages clés du livre, des passages sans lesquels le roman serait moins porteur ... des passages chouchous qui doivent apparaître aussi dans l'adaptation.
Le casting des personnages est vraiment réussi : Garance Le Guillermic (Paloma) a un visage qui respire à la fois son intelligence supérieure mais aussi sa candeur, Togo Igawa (Ozu) possède cette élégance folle d'Ozu, du moins c'est ainsi que je l'imaginais en lisant le roman, quant à Josiane Balasko, elle est parfaite.
Les grandes lignes de la narration sont respectées, et le lecteur retrouve les passages clés du roman. Rien de bien novateur à ce niveau pour cette adaptation qui se dit "libre". Cependant, en regardant plus en détail, il me semble que dans le film, la relation entre la petite et Ozu est bien moins marquée car ils ne font que se croiser. Dans mon souvenir, l'amitié entre Paloma et Renée était elle aussi plus rapide à se mettre en place, dans le film le lien entre elles est aussi fort que dans le livre, il apparaît cependant plus tardivement. La vraisemblance est davantage respectée dans le roman. Après tout, rien de plus normal, Paloma et Renée sont deux hérissons, et c'est un animal très long à apprivoiser. Mais il faut bien faire des coupes dans l'intrigue, sinon le film durerait des heures et des heures.
La réalisatrice a choisi d'adopter le point de vue de Paloma par le truchement de la caméra de la jeune fille : grâce à cet outil, il devient possible de faire entendre les pensées de Paloma au sujet de ses proches, puisqu'en voix-off elle commente ce qu'elle filme. Malheureusement, choisir le point de vue de cette jeune fille est certes plus attendrissant pour le spectateur, mais tout un pan du livre se trouve supprimé : exit les phrase ampoulées de Renée qui montraient à quel point elle était à mille lieues de ressembler à l'image que les autres ont d'elle ! Aussi l'originalité de cette concierge est longue à arriver.
Néanmoins, ce ne sont que des points de détail, et l'essentiel est là : les émotions ressenties lors de la lecture du livre sont bien présentes, et peu à peu j'ai été bercée par l'intrigue et les acteurs.
Malheureusement la fin de film est un véritable gâchis ! Pour un peu, j'aurais l'impression que le tournage devait se terminer au plus vite ! Comment peut-on à ce point négliger la fin alors qu'elle constitue le point d'orgue du film ? C'est la fin qui donne la morale si émouvante de cette histoire !
De la fin, je me souvenais de camélias, et surtout d'une phrase : Car, pour vous, je traquerai désormais le toujours dans le jamais. La beauté de ce monde.
Que reste-t-il de cette phrase dans l'adaptation ? Rien. C'est dommage car sans cette fin, le film devient bancal et amputé d'une grande richesse.
Mon avis rejoint celui du journaliste de Ouest-France : Il manque forcément à cette transposition la magie des mots dans
lesquels les deux protagonistes exprimaient leur tempérament, leur
culture, leur quotidien. L'image est ici très réductrice par rapport au
pouvoir imaginaire et émotionnel du verbe pour installer des
personnages. Mais il reste dans ce propos sagement illustré dans ses
décors sobres la consistance d'une belle leçon d'ouverture à l'autre et
de méfiance contre les préjugés
Après avoir vu l'adaptation de Joe Wright et lu le livre d'Austen, il fallait bien que je complète ma collection avec cette série. Le film ne m'avait pas du tout convaincue, aussi je ne devais pas rester sur "cet échec".
Je ne reviendrai pas sur les différents faits de l'intrigue : elle reste toujours la même. : les préjugés et l'orgueil ouvrent toujours le bal de cette histoire avant de laisser place à l'amour ...
L'intérêt de cette série réside surtout dans sa longueur : les six épisodes permettent au réalisateur de ne pas faire trop de coupes. Du coup, il n'a pas été obligé de passer sous silence certains faits essentiels au déploiement du ton de l'histoire. En effet, dans le film de Wright, j'avais trouvé l'ensemble un peu trop porté sur la guimauve, laissant peu de place à l'ironie sous-jacente du narrateur. Dans cette série, ce ton est bien rendu car on retrouve vraiment la verve du livre. Cette longueur qui pourrait effrayer celui qui se lance dans cette aventure est en fait un réel avantage !
D'autant plus que les acteurs sont vraiment crédibles. Jennifer Ehle joue souvent de ses regards et de son sourire narquois, ce qui rend son jeu parfait. Quant à Colin Firth que je ne connais que peu (je crois ne l'avoir vu que dans Bridget Jones), il a su incarner parfaitement les deux versants de Darcy : sa froideur et son petit côté hautain au début de l'histoire sont vite oubliés par ses regards de braise dans la suite de l'histoire ...
D'ailleurs, le casting est dans l'ensemble très bien réussi. Même si le choix de Jane m'a étonnée (dans cette série, Elisabeth est presque plus jolie que sa sœur), le reste m'a bien plu. Une mention spéciale pour Alison Steadman qui joue Mrs Bennet.
Elle m'était tellement insupportable que j'ai été soulagée de moins la voir dans les trois derniers épisodes. Brrrr quelle voix stridente !
Si on se tourne du côté des décors ou des costumes, là encore ils reflètent vraiment l'idée que j'ai de cette époque. Bon, je ne suis pas non une spécialiste, mais dans cette série, Elisabeth n'a jamais les cheveux détachés (alors que dans l'adaptation de Wright, elle arrivait chez Mr Bingley les cheveux défaits.) Le réalisateur a donc trouvé un autre moyen de montrer aux spectateurs l'esprit libre de Lizzy. Quant aux domaines, je ne serais pas contre un petit séjour à Pemberley ! (surtout si Colin sort de nouveau avec sa chemise trempée) 
D'ailleurs à ce propos, l'ajout de cette scène ne me choque pas du tout. Je trouve qu'elle montre à quel point Darcy est désemparé face à ses sentiments. Dans cette série, le bouillon de sentiments contradictoires se voit vraiment bien, montrant ainsi les affres de l'amour.
Alors bien-sûr, il n'y a pas vraiment de recherches de plan particulier, d'effet de zoom ou de travelling, les jeux de lumière sont absents, mais en contrepartie cette série est très fidèle au roman. Les six heures passent donc très vite.
BBC : 6 épisodes de 50 min. Série récompensée par 15 prix internationaux dont quatre nominations aux Emmy awards.
Lou et Isil ont aimé elles aussi.
Séraphine est une femme qui reste à l'écart des autres. Elle fait des ménages, nettoie les abats chez le boucher, frotte le linge des autres dans la rivière. Elle n'arrête pas. Pour deux francs six sous elle travaille pour les autres et elle ne semble jamais fatiguée. Et que fait-elle de l'argent ramassé ? S'achète-t-elle du bois pour se chauffer l'hiver ? Pas du tout.
Elle peint.
Avec de la peinture ripolin, des planches de bois, du sang pour la couleur rouge, de la terre et de l'huile d'éclairage prise dans les églises.
Depuis qu'elle a eu une apparition de la Vierge, elle peint toutes les nuits, se reposant dans la journée entre deux travaux ménagers.
Un jour, un nouveau locataire d'origine allemande débarque à Senlis. Wilhelm Uhde est un collectionneur dénicheur de talent ...
Repéré lors de sa sortie au cinéma, je n'avais pas eu le temps d'y aller, mais je m'étais promis de le voir. C'est chose faite.
Quel destin a eu cette femme ! Un destin digne du genre romanesque. Et pourtant Séraphine a bien existé.
A-t-elle pris des cours pour peindre de la sorte ? Comment une femme dans le besoin a-t-elle pu peindre des œuvres aussi foisonnantes ?
Selon Séraphine, son inspiration vient du ciel. Et elle puise son énergie dans la nature. Elle touche les arbres, leur parle, et voit une réalité différente de celle du commun des mortels.
Je ne connaissais pas cette artiste, mais quand j'ai vu ce film, je n'ai pu m'empêcher de penser à la vie de Camille Claudel. A sa fin.
C'est un film qui interpelle par bien des côtés.
Tout d'abord la performance de Yolande Moreau qui n'est plus à démontrer (elle a eu le César de la meilleure actrice pour ce rôle). Elle incarne Séraphine, elle lui redonne corps. Tout se joue dans ses yeux. J'étais fascinée.
De ce film, je retiendrai aussi la belle relation amicale entre Wihelm et Séraphine. Tous deux des personnages en marge de la société.
Et que penser de l'histoire vraie derrière ce film ! Que de rebondissements ! Que les tableaux de Séraphine puissent être exposés aujourd'hui tient presque lieu du miracle !
C'est une histoire qui relancerait presque le débat sur l'inné et l'acquis. Comment peut-on à ce point maîtriser les couleurs et la lumière grâce à son seul instinct ?
L'ensemble est servi par un joli décor où une forêt verdoyante a une grande place, et les scènes avancent au rythme d'instruments à cordes discrets, à l'image de Séraphine qui est restée dans l'ombre trop longtemps.
A voir si ce n'est pas déjà fait.
C'est aussi un coup de cœur pour Aifelle et Cathe.
La bande-annonce de ce film aux 7 César.
Il vous est sûrement arrivé quand vous étiez petit de rapporter de la plage une étoile de mer, ou une grenouille si vous étiez à la campagne (j'ai fait les deux, j'étais très Belle des champs quand j'étais petite).
Ce n'est pas un simple animal que Sôsuke rapporte chez lui, mais un poisson rouge très particulier. Comme tous les enfants l'auraient fait, il s'attache très vite à cette bête et il lui donne un nom : Ponyo (ce qui me fait d'ailleurs penser que j'avais moi-même donné un nom à un papillon recueilli dans un petit pot : Oscar.)
Comme la mère de Sôsuke doit partir au travail et lui à l'école, il met le poisson dans un seau rempli d'eau fraîche. Alors qu'ils partent en voiture, ils croisent un curieux personnage muni d'un pulvérisateur à eau. Ils ne le savent pas encore, mais cet homme étrange est sorti de la mer pour ramener la fille-poisson au bercail.
Bien-sûr, Ponyo ne veut surtout pas retourner auprès de cet alchimiste, un peu sorcier sur les bords ...
Je vais essayer d'avoir un avis construit et objectif sur ce film. Écrire un billet sans insérer de gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii sera le plus dur. Pour vous donner une idée de mon attachement envers les films de Miyazaki, sachez que j'ai eu la gorge serrée et les yeux brillants rien qu'en voyant les premières images de la bande-annonce ...
Après avoir sorti de nombreux films qui se passent dans le ciel ("Le château ambulant", "Porco Rosso", "Le château dans le ciel", "Nausicaa"), voici que Miyazaki s'intéresse à un autre élément : l'eau. Mais il n'oublie pas pour autant de nous parler du rapport de l'homme avec la Nature. Si Ponyo sort de la mer, celle-ci est en bien mauvais état.
Mais, ce serait vraiment réducteur de ne parler que du versant écologique de ce film.
Miyazaki est avant tout un conteur. Même si le canevas du film reprend le thème de la petite sirène d'Andersen, le spectateur s'aperçoit très vite qu'à 70 ans Miyazaki n'a pas perdu le pouvoir d'enchanter le monde à sa manière : la danse des méduses qui ouvre le film le montre.
D'ailleurs dès les premières images, le spectateur sait que Miyazaki est revenu à ses premières amours car le dessin épuré fait d'emblée penser à "Mon Voisin Totoro". Ceux qui ne connaissent de lui que "Chihiro" ou "Princesse Mononoké" risquent d'être surpris voire même déçus. Les dessins sont beaucoup plus doux que dans les deux derniers films cités et l'intrigue ne recèle aucun suspens. Il suffit juste de se laisser porter par deux enfants de 5 ans qui découvrent la vie (ce qui pour Ponyo donne lieu à des moments très drôles).
C'est un monde rempli de poésie qui est donné ici aux spectateurs, un monde où un poisson à tête d'homme qui parle n'a rien d'étrange, où la déesse de la mer fait des apparitions, où des petits de 5 ans ont le pouvoir de rétablir la frontière entre deux mondes.
Dans "Ponyo", il n'y a pas de réels méchants. Le manichéisme n'a ici aucune place : l'homme a le droit de commettre des erreurs et de s'améliorer. Vision beaucoup plus saine du monde selon moi (Disney devrait s'en inspirer davantage) ...
Un film rempli d'une féérie impressionnante (je me fais avoir à chaque fois), rythmé par les sublimes musiques de Joe Hisaishi (qui a composé pour ce film une chanson très inspirée de la chevauchée des Walkyries.)
En somme, Ponyo est une histoire est simple, dont les dessins sont simples aussi, et pourtant c'est la simplicité qui rend ce film magique. 
Il m'a été difficile de sortir de ce film car j'ai vraiment plongé dans cet univers à part. J'ai souri en sortant de la salle car une petite demandait à sa mère si elle pouvait dorénavant s'appeler Ponyo. (D'ailleurs, aucun enfant n'a parlé ou pleuré pendant le film : ils étaient tous scotchés aux dessins.)
Je vous mets la chanson du générique qui me fait bien rire. Il y a même une chorégraphie qui me fait penser à la danse des canards, et ça tombe bien car quand Ponyo commence à se transformer, elle a des pattes de poulet.
Et pour ceux qui ont vu le film : Ponyo aime le jambon !
Je sens que certaines vont rire en découvrant ce nouveau billet ... oui, c'est vrai, j'avoue m'être montrée faible et avoir continué mon voyage austenien avec cette adaptation cinématographique d'Emma. Mais, que voulez-vous, je ne suis qu'une faible femme. ![]()
Emma Woodhouse est une jeune fille à l'abri du besoin qui est persuadée que sa gouvernante a trouvé l'amour grâce à elle. Elle se met alors en tête de trouver un mari à sa fidèle amie Harriet. Et ce, même si celle-ci a déjà ses regards tournés vers Robert Martin. Mais pour Emma, Harriet vaut mieux que ce fermier. Le vicaire Highbury est d'ailleurs tout désigné pour devenir le futur compagnon d'Harriet.
Emma la marieuse vient de naître.
Et elle, me direz-vous ? Eh bien, à 22 ans, le célibat ne la dérange pas. Elle aime vivre avec son père vieillissant, et elle ne manque pas d'amis. Entre ses visites chez les plus défavorisés, des bals, des soupers, sans oublier de nombreux loisirs en compagnie de son ami d'enfance, Mr Knightley, elle ne voit pas le temps passer.
Finalement voici un portrait bien élogieux.
Oui, mais ce ne serait pas vraiment Austen si ça ne grinçait pas un peu ...
Emma est avant tout une jeune femme qui ne jure que par le paraître et la futilité. Elle n'est animée que par l'envie de marier son amie sans réellement prendre en compte l'amour. A quoi bon s'enticher d'un fermier quand un vicaire ferait mieux l'affaire ?
Mais ce n'est pas tout. C'est un personnage aveuglé par la bêtise qui se meut sous nos yeux. Malgré les nombreux avertissements de Mr Knightley au sujet de sa nouvelle fonction, notre marieuse ne veut pas voir la réalité en face. Elle a tellement envie de bien faire qu'elle ne voit pas quels torts elle pourrait commettre envers son entourage.
Voici donc encore une fois un personnage pétri d'orgueil (un Darcy version féminine ?) qui souhaite diriger tout son petit monde.
Malgré tout une ambiguité existe : on ne peut que se moquer de cette femme si sûre d'elle qui ne cesse de faire des erreurs, mais on ne peut aussi qu'admirer sa belle répartie et son franc-parler qui pourrait faire penser à Elisabeth Bennet.
Si le choix de Gwyneth Paltrow est assez judicieux, j'ai été étonnée par l'acteur qui joue Mr Knightley.
D'après l'intrigue, il devrait avoir 16 ans de plus qu'elle. Mais à l'écran il ne semble pas si âgé que ça ... Certes Jeremy Northam est appétissant, mais la différence d'âge entre Emma et Knightley n'est pas vraiment évidente.
Quant à Ewan McGregor, je l'ai attendu longtemps et je ne l'ai pas vu beaucoup. Je pensais, à tort peut-être, qu'il jouerait un plus grand rôle ... Malgré tout, j'ai aimé sa prestation vocale qui m'a rappelé -soupir- "Moulin rouge".
Les personnages secondaires sont tous bien choisis : mention spéciale pour le visage chevalin d'Harriet incarnée par Toni Collette. Et le couple formé par Juliet Stevenson et Alan Gumming (le révérend Elton) est à mourir de rire. Le pauvre, le voici marié à une femme qui ne le laisse jamais parler.
Si le contexte historique semble avoir été respecté, il y a tout de même un petit point qui me laisse perplexe. La scène du bisou était-elle vraiment indispensable ? Je pensais qu'à cette époque-là il était plus convenable d'attendre les sacrements du mariage ...
Finalement c'est un film plaisant où j'ai retrouvé la verve d'Austen, mais dont je n'ai pratiquement rien à dire sur le choix des plans et des couleurs. Autant "Orgueil et Préjugés" de Joe Wright était visuellement très travaillé, autant celui-ci est assez fade.
Sorti en 1997, réalisé par Douglas McGrath, avec Gwyneth Paltrow, Greta Scacchi, Ewan McGregor ...
Merci Anne pour ce DVD.
Isil a aimé ce film, Cuné l'a d'abord rejeté en bloc avant de passer le film en VO.
Au premier janvier, je me suis lancé un petit défi : découvrir l'univers de Gaiman.
Avant d'ouvrir ce blog, je n'avais jamais entendu parler de cet auteur (comme d'Austen d'ailleurs, ahem).
Bref.
Ce week-end, j'ai donc fait la connaissance de Gaiman grâce à un DVD (et à un livre aussi, mais ce sera pour le prochain billet. Quel sens du teasing, n'est-ce pas ?)
"Stardust, le mystère de l'étoile" raconte l'histoire de Tristan qui par amour a décidé de rapporter à sa belle (plus intéressée par une bague brillante que par le véritable amour) une étoile filante tombée de l'autre côté du mur. Le problème est justement de franchir ce Mur, véritable frontière entre le monde réel et le monde imaginaire car un vieil homme, adepte des films de Bruce Lee, surveille la seule brèche du mur 24 H /24.
Après avoir été rabroué, notre gringalet parle de sa mésaventure à son père : comment obtenir le coeur de sa belle s'il ne peut passer de l'autre côté du mur ?
Son père lui raconte alors le mystère de sa naissance et lui donne une lettre écrite par sa mère et une bougie de Babylone. Grâce à sa magie, Tristan fera la découverte d'un monde peuplé de cruelles sorcières, de sortilèges ou encore de princes assoiffés de pouvoir. Mais comme dans tous les contes, le bon côté a aussi sa place, et cette étoile pourrait se révéler surprenante ...
Cette première immersion dans l'univers de Gaiman est une réussite. Je ne comprends même pas comment j'ai pu passer à côté d'un tel auteur si longtemps.
Dès les premières minutes, le spectateur est plongé dans un univers à la fois féérique et humoristique. Le tout savament dosé.
Le merveilleux de cette histoire est beaucoup plus abouti que dans "Narnia" ou encore "Les Chroniques de Spiderwick". Pour moi il se rapproche davantage de "Princess Bride" ou de "Labyrinth" (mon premier coup de coeur au cinéma).
Que ce soit dans le comique de situation (Lorsque la sorcière s'aperçoit que sa jeunesse part à vitesse grand V), le comique de caractère ( De Niro m'a bien fait rire dans son rôle à mille lieues de ce qu'il fait d'habitude.), ou encore le comique de mots, l'humour donne à ce film une certaine fraîcheur indéniable.
Non, vraiment tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment.
A noter : Charlie Cox qui joue le rôle de Tristan n'a rien d'un laideron.
Un film de Matthew Vaughn avec Charlie Cox, Claire Danes, Robert De Niro, Michelle Pfeiffer
Film noté chez Pimpi qui a adoré elle aussi.

Autour d'un verre, deux hommes discutent d'un cauchemar. Un des hommes demande à l'autre s'il se souvient de sa participation à la guerre du Liban au début des années 80. Ce dernier avoue n'en avoir aucun souvenir, comme si son esprit avait mis le voile sur cette période trouble. Peu de temps après, cet homme, Ari Folman, fait un rêve étrange. Il se baigne nu avec d'autres amis, puis sort de l'eau et enfile son treillis avant de s'enfoncer dans Beyrouth en flammes.
Que signifie ce rêve ? Pourquoi 20 ans après la guerre ces images improbables viennent-elles le hanter ?
Le réalisateur israélien commence alors une longue enquête pour tenter de se souvenir. Comme sa mémoire a rejeté cette partie de son passé, il se tourne vers ses amis qui ont vécu les mêmes horreurs que lui ...
Ce film souhaite montrer avant tout que les soldats ne sont que des pions que les dirigeants placent au gré de leurs envies.
Au fil des témoignages recueillis, Ari se rend compte que ces soldats ont tiré parce qu'il fallait le faire. Ces hommes qui ont vu leurs amis se faire tirer dessus auraient préféré danser avec les leurs plutôt que sous les balles. Par exemple, quand Ari reçoit l'ordre de tirer sur une mercedes rouge parce que Bashir est mort, il demande qui est Bashir. (Il s'agit en fait de Bashir Gemayel, élu président de la république libanaise et dont l'assassinat engendrera le massacre de Sabra et Chatila.)
L'action aurait donc pu se passer dans n'importe quel pays en guerre : un des enjeux du film est de montrer comment un soldat qui a suivi des ordres est ensuite accablé par la culpabilité. Qu'ai-je fait ? Ne suis-je pas moi aussi responsable de cette tuerie ?
Mais ce n'est pas seulement un film universel sur l'après-guerre. C'est aussi une quête personnelle, un film autobiographique que livre ici Ari Folman.
C'est un homme qui ne se souvient de rien et qui souhaite en savoir plus sur une période de sa vie. Et ce sera grâce à plusieurs témoignages et de psychanalystes que ses souvenirs remonteront à la surface.
Le force de ce film d'animation réside dans l'exploitation très travaillée des couleurs.
Certaines scènes rivalisent de réalisme car toute la palette de couleurs est utilisée pour recréer le monde ; d'autres virent au bleu/vert quand les scènes relatent des moments oniriques ; d'autres enfin (vers la fin du film) tirent vers la couleur orangée, retranscrivant alors la nuit sous les bombes et les tirs.
Ces couleurs symboliques sont accompagnées d'une musique assez hétéroclite : des tubes pop/rock des années 80 aux morceaux originaux de Max Richter, l'éventail musical est très large, mais illustre toujours le propos du film.
Bien-sûr, on ne peut que penser à "Persépolis" en regardant cette valse. Je ne sais pas si on peut vraiment les comparer tant le dessin est différent. "Persépolis" est en noir et blanc, et celui-ci joue avec les couleurs. Ce sont pour moi deux films forts mais différents que je conseille.
Les avis élogieux d'Aifelle, Saxaoul, Kathel.
Je remercie chez les filles de m'avoir proposé ce film que j'avais raté quand il passait au cinéma.
J'étais petite lors du massacre de Sabra et Chatila et voir ce film m'a permis d'en apprendre davatange. Peut-être ce film pourrait-il être un bon outil pédagogique en histoire ?
Hier soir, quand l'homme m'a annoncé que ce film passait sur Arte quelques jours avant sa sortie au cinéma, j'étais partagée. Déjà le titre ne me parlait pas, puis je n'avais pas vraiment envie de replonger dans le milieu scolaire dès le vendredi soir ...
Néanmoins entre des épisodes de Bones dans le désordre et un "Qui veut gagner des millions ?", le choix fut vite fait.
Le film s'ouvre sur un gros plan d'Isabelle Adjani, alias Sonia Bergerac, professeur de français dans un collège difficile de banlieue parisienne.
- Je ne l'ai pas voulu, répète-t-elle.
Flashback.
Quelques heures plus tôt, elle s'apprête avec ses élèves à faire une séance dans la salle polyvalente du collège, l'objectif étant de répéter des scènes du Bourgeois Gentilhomme de Molière.
Malheureusement l'entrée en matière est assez houleuse. Les élèves sont violents entre eux et envers la prof, n'hésitant pas à la plaquer contre la porte en entrant dans le cours. Les élèves s'asseyent, casquette rivée sur le crâne. L'ambiance est électrique : jets d'objets, insultes, le silence ne se fait jamais et il est difficile pour cette prof d'entendre la prose de Molière. Prose si éloignée de la réalité dans laquelle évoluent ces jeunes.
Sonia Bergerac est blasée. Ses paroles, comme celle de Molière, n'atteignent jamais les élèves.
C'est alors, qu'à la suite d'une échauffourée, un revolver tombe d'un sac de sport. Sonia Bergerac s'en empare.
La situation bascule.
Si un prof seul n'a plus aucune autorité, il devrait en avoir une un révolver à la main. A lui d'utiliser les mêmes armes que les élèves. Mais le RAID s'en mêle et la situation tourne vite à la prise d'otages.
Malgré un a priori négatif, je n'ai pu détacher mes yeux de ce film qui sonne juste. Même l'homme qui ne souhaitait pas le voir l'a regardé entièrement.
Dans cet incroyable face à face, la tension ne se relâche jamais. Les travers de l'école contemporaine sont tous là : la violence entre les jeunes, l'irrespect envers le professeur, la loi de l'omerta, la religion comme arme et les viols dans les cités. Comment faire cours dans ces conditions ? Où est passée l'école laïque censée instruire les élèves pour qu'ils deviennent des citoyens responsables ?
On ne peut s'empêcher de comparer ce film à celui de Cantet "Entre les murs". Là où ce dernier montrait qu'il fallait essayer une nouvelle pédagogie en se mettant à la portée des élèves, celui-ci présente une prof intransigeante toujours habitée par certains idéaux républicains. Une enseignante qui ne se servira pas par exemple de ses origines pour faire passer son cours.
Je suis professeur de français, clame-t-elle.
C'est le portrait d'une femme intransigeante, mais d'emblée le spectateur sent que sous cette rigueur transparaît la foi pour sa matière. Et malgré toutes les agressions subies, son amour pour les élèves est flagrant.
Un film juste et bouleversant. Isabelle Adjani incarne ici une femme fragile et habitée qui m'a fait penser à sa prestation dans Adèle H.
Il sort au cinéma mercredi prochain, mais dans 50 salles seulement. Le mieux serait encore de programmer votre magnétoscope car il passe de nouveau sur Arte lundi à 00h35 et 14h45.
LA BA pour vous donner une idée du ton :
Télérama : Il y a eu des rires pendant la projection, ce qui n'empêche pas ce téléfilm incroyable, bâti sur un postulat casse-gueule au possible, d'être d'abord une authentique tragédie. On en sort les yeux embués et les jambes flageolantes. Plutôt qu'une chronique sociale, c'est une fable sur la peur, toutes ces peurs qui s'ancrent dans le quotidien, et auxquelles on finit par s'habituer, faute d'oser en chercher et en soigner les racines, alors qu'elles sont inacceptables, insupportables, et qu'elles ne peuvent aboutir qu'à un désastre social et humain.
Sur France Info, une interview d'Isabelle Adjani qui espère que ce film fera polémique car il rend visible un malaise actuel.
Sur Bivouac : On est loin de l’angélisme béat multi-culturel des bisounours Laurent Cantet et François Bégaudeau.
Entre Frank et April, ça commence par un regard langoureux lors d'une soirée suivi d'une longue discussion. Elle suit des cours de comédie car elle souhaite devenir actrice, il souhaite ne pas être touché par le conformisme ambiant.
On les retrouve quelques années plus tard.
Ils habitent une petite ville ironiquement appelée Revolutionary Road, mais leur vie de banlieusards n'a rien de mirifique. April est une femme au foyer et ses activités se résument à nettoyer la maison et préparer le petit déjeuner pour son homme et ses deux enfants. Elle a vaguement tenté de monter sur les planches, mais le public lui montre bien qu'elle n'est pas une actrice talentueuse ... quant à Frank, il fait le même boulot que son père, dans une entreprise de comm'. De temps en temps, il lorgne une nouvelle secrétaire avec qui il finit la journée.
Tout change le jour où en regardant des photos April tombe sur une photo de son mari devant la Tour Eiffel. Elle se souvient alors qu'ils avaient décidé qu'ils iraient vivre à Paris, ville de tous les possibles. Ville de la Liberté. Elle convainc son mari de délaisser son travail : ils décident alors de partir dans quelques mois à Paris
Mais le poids des conventions est bien lourd dans cette Amérique des fifties.
Alors voici le grand retour du couple qui a fait trembler d'émotion toute une génération. Ici plus de "I'm the king of the world", les cheveux au vent et les bras ouverts. DiCaprio / Frank et Winslet / April ont grandi, et ils ont appris qu'on ne fait pas vraiment ce que l'on veut dans la vie.
C'est un couple qui s'engueule, englué dans la vie quotidienne. Et rien ne semble pouvoir changer. Y a du tragique dans l'air. D'ailleurs même si l'intrigue ne se passe pas en huis-clos, l'atmosphère est étouffante ...
Winslet joue à merveille le rôle d'une femme emprisonnée dans une cage dorée. Son visage a gagné en maturité et même ses silences sont chargés d'une belle émotion. Quant à DiCaprio, il a encore son visage de poupon (quel âge a-t-il ?), mais quand la tension monte, il est tout de même super crédible ... un peu caméléon sur les bords.
Les voisins sont eux aussi accablés par le poids des conventions. La palme revient au couple incarné par David Harbour et Katheyn Hahn. Que leurs sourires sont faux ! Certes ce couple semble parfait en apparence, mais il suffit de gratter un peu le vernis pour apercevoir la mauvaise qualité de la peinture ...
Finalement celui qui semble le moins accablé par ce conformisme est un matheux en dépression. C'est à lui que revient le rôle du voyant. Oui, sauf qu'en ce temps-là, les dépressifs étaient considérés comme des fous. Alors même s'il crache à la figure de tous La Vérité, elle ne les atteint guère ...
Mendes, après "American Beauty", porte encore un regard caustique sur l'American way of life et fait mouche.
Un film qui touchera sans doute les couples installés et titillera leurs plus profondes angoisses.
(Le dernier plan est vraiment terrible.)
Yon lui a donné la note suprême, Cachou a écrit que c'était un film sublime mais désespérant, et Antigone a écrit que "flûte c'était bien".
Crédit photos Allociné©
Pour l'occasion, le livre de Richard Yates ressort en poche sous le titre Fenêtre panoramique. Amanda a écrit que c'était une belle peinture au vitriol et Brize a été impressionnée par la fidélité de l'adaptation de Mendes.