Jeune avocat de 35 ans, le narrateur vit au Luxembourg et travaille pour un salaire non négligeable. Néanmoins, cette vie ne lui convient pas. C'est un homme qui se sent rejeté. Adolescent, il aurait voulu être un artiste. Un peintre avec une blouse maculée de couleurs, le nez plongé dans la toile ...
Mais sa blouse ressemble plutôt à un costume noir. Et à la place d'un pinceau, il a un attaché-case dans la main.
A force de se sentir transparent, voici qu'un jour, après avoir rencontré un groupe d'hommes peu avenants, il se rend compte qu'il est réellement devenu invisible.
Une nouvelle vie commence pour lui. Il goûte les premiers jours : ils sont pour lui des moments de liberté. Respirer, n'avoir aucune entrave. Et puis très vite, comme c'est un homme frustré, il commence à prendre un certain plaisir à regarder les femmes fraîchement dénudées : Elle était élégamment affalée devant un client, elle cliquait avec nonchalance sur une souris virtuelle, et pendant que je matais son cul le client s'ébahissait devant ce nouvel ordinateur grand comme un dé à coudre.
Ainsi le narrateur, jusqu'à présent repoussé par ces femmes qu'il convoitait, va utiliser cette invisibilité pour en visiter une chez elle. Et il ne se limitera pas à la regarder ...
Cet homme aime s'introduire dans les maisons, il s'adresse même au lecteur en le mettant en garde : Et pensez-y la prochaine fois que vous serez soulagé d'être chez vous, en sécurité dans vos murs, la prochaine fois que vous aurez fait jour le verrou de la salle de bains ... voues n'êtes pas seul, cher lecteur, installé confortablement sur le canapé, couché dans votre lit ... à ce moment précis, chère lectrice, penché sur vous, scrutant, sur votre visage, les réactions que provoquent ces mémoires inouïs ...
Voici un homme qui goûte à ce nouveau pouvoir. Lui, l'homme transparent, a finalement transformé son défaut principal en super pouvoir ...
Malgré tout, c'est aussi un homme qui utilise cette nouvelle faculté pour combler un désir trop peu souvent inassouvi par le passé. Ainsi, ce qu'il adore regarder chez les autres, c'est leur visage au moment de l'orgasme. Vaste programme.
Et puis, parfois ce n'est pas un couple qu'il regarde, mais une jeune fille qui avait l'âge où les adolescentes commencent à être appétissantes, l'âge terrible où elles commencent à troubler l'affection tranquille de leurs pères.
Après les couples, les jeunes filles donc ...
Mais cela est vite lassant pour lui, malgré le côté très subversif et jouissif de ce voyeurisme. Bientôt il suivra un homme, ce qui sera l'occasion pour lui de fuir encore plus ce monde qu'il déteste ...
S'il fallait qualifier le style de ce premier roman, j'emploierais le mot "moderne". Les phrases ne sont guère musicales et de facture très simple. De temps en temps des mots vulgaires se glissent ici ou là. Même si cette écriture ne mime pas le langage oral, elle s'y rapproche souvent, notamment dans l'utilisation fantaisiste de la ponctuation.
Le postulat de base rappelle la nouvelle de Marcel Aymé "Le Passe-muraille" puisque Dutilleul prend lui aussi sa revanche dans cette histoire ou encore L'Homme invisible de H.G Wells. Bien-sûr, dans ce récit, le mécanisme de cette invisibilité n'est pas vraiment expliqué car il ne s'agit pas de se focaliser sur cette intrusion fantastique.
Le personnage est un anti-héros qui se cherche et qui joue de cette invisibilité pour dominer les autres. Les dérapages ne lui font plus peur car le regard de l'autre n'existe plus. Ainsi, s'il fallait trouver une morale à cette histoire, ce serait bien ennuyeux puisque ce récit démontre qu'un homme outrepasse toutes les bienséances s'il a la certitude de rester libre. A moins que l'ensemble de ce récit ne soit une critique acerbe de la société moderne ...
En bref, ce récit serait donc le portait d'une personne exclue de cette société et qui le fait payer aux autres.
Ed. Buchet-Chastel, 301 pages, 17 €
Stéphie aussi l'a lu.
Sur Evene, on peut lire la critique suivante : Derrière les traits cyniques de ce héros frustré, il fustige
allègrement tous les travers d'une société injuste, égoïste,
narcissique, en proie à la dictature de l'artificiel et du virtuel.
Plume acerbe à l'humour corrosif, l'auteur jongle aisément entre les
tonalités, mêlant avec brio légèreté de style à la gravité de certaines
vérités.
Lu dans le cadre du prix des
Il rentre aussi en compte pour le challenge 2 % (13/14).![]()
Oui, lu aussi... J'aime beaucoup la manière dont tu t'en es tirée avec ton billet ;)
Belle fable . Je ne connaissais pas..
Je viens juste de le commencer (deux pages...) c'est un envoi Babelio. j'ai déjà lu Le passe muraille, je verrai...
je ne sais pas mais ça a l'air très original en tout cas!
Bof bof, pas très tentée par le thème...;o)
cette lecture ne me tente pas vraiment.
oh la la, ca semble très racoleur, non?
Ca me fait penser à un "vis ma vie de type raté en devenant invisible"... mais je m'avance peut-être!
@ Stéphie :
Mouarf ! J'espère avoir fait passer implicitement mes idées ! :)
@ Alain : Ce n'est pas vraiment l'adjectif que j'emploierais ... :)
@ Keisha :
Alors je lirai attentivement ton billet. :)
@ Béné :
Original ? Je ne sais même pas ... :/
@ Antigone :
Je comprends ! :)
@ Line :
Tout comme pour Antigone. ;)
@ La Nymphette :
Un poil, oui ! :P
Sinon, peut-être que TF1 reprendra les droits, qui sait ! :D
je n'ai pas accroché : ni l'histoire ni le style n'ont su me séduire.
Bof, je n'ai pas trop envie de lire ce genre d'histoire pour le moment.
Bof, je n'ai pas trop envie de lire ce genre d'histoire pour le moment.
je ne suis pas du tout tentée...
Il ne me tente pas non plus.
je vois ta remarque de "mots vulgaires", ça ne sera donc pas pour moi. ça me fait refermer le livre tout de suite. si j'en veux, je sors de chez moi ou j'allume la tv!
je vais passer mon tour pour celui-ci je ne vais pas du tout accrocher
Je me demande comment un tel roman peut se terminer ... et comme je ne suis guère tentée par sa lecture, je ne le saurai probablement jamais !
Ben c'est dommage que la chronique ne parle que de la moitié du livre ! Normal que ça paraisse racoleur si tu n'y as vu que l'aspect cul, sans prendre en compte toute la dimension humaniste qui suit.. Enfin moi ça m'a plu, c'est bien écrit et ça emmène loin...
@ Amanda :
Mais tu n'as pas fait de billet ? (Ou alors, je ne l'ai pas trouvé. :/)
@ Alex :
Il y en a plein d'autres. :)
@ Hérisson et Manu :
Mais je suis certaine que vos pal regorgent de trésors à découvrir. ;)
@ Esmeraldae :
Je te comprends. ;) Cela dit, il n'y en a pas énormément non plus. :)
@ Lael :
Te connaissant, je pense que tu fais bien ! :)
@ Eloah :
A la rigueur, je te dis comment il se termine par mail. :)
@ Brindavoine :
C'est déjà pas mal de parler de la moitié du livre ! Jusqu'à la page 160 (je viens de regarder dans le livre), cet homme est mené par des pulsions sexuelles rendues accrues par son invisibilité. Si on considère que ça prend la moitié d'un roman, c'est -selon moi- que l'enjeu est tout de même important, non ? Sinon, seules 10 pages auraient pu y être consacrées.
Mais la moitié ...
Quant à la dimension humaniste, non je ne l'ai pas vue du tout. D'ailleurs, je ne l'ai pas mis dans mon billet, mais les différents qualificatifs de l'homme que notre narrateur suit m'ont fait dresser les cheveux sur la tête.
Humaniste ? Il va falloir m'en dire davantage pour me faire adhérer à cette idée. Mais je suis ouverte à toutes les explications argumentées qui me seront données.
Humaniste ? Raciste, oui !
(comment c'est pas argumenté ? :P)
Sauf si l'adjectif "humaniste" vient de changer de définition. :P
Une histoire passionante !
il faisait partie des titres notés en priorité pour la rentrée littéraire, mais plus je vois des billets dessus et moins j'ai envie de le lire...
Comme les autres, je ne suis pas tentée non plus...
Cela me ferait plutôt penser à "Hollow man qu'à "l'homme invisible"... Kevin Bacon en moins ! mais le film est raté aussi, de toute façon. Bon, j'écarterai sans doute ce livre de mon chemin je pense, après t'avoir lue.
@ Ceanothe :
Ça dépend du point de vue. :)
@ Lilly :
Qui sait, peut-être auras-tu un autre avis ? :)
@ Choco :
Je te comprends ! :)
@ Melmelie :
Oui, plutôt au film qu'au livre, c'est vrai. Surtout vu la fin du livre ...