Ce recueil de six nouvelles est à l'image de la première de couverture : beau et troublant.
Dès les premières lignes, j'ai été plongée dans un univers particulier : la plume de Guadalupe Nettel s'immisce dans les travers compulsifs dont nous pouvons tous être atteints. Et c'est justement ce qui est déroutant : les différentes histoires montrent toutes comment une chose insignifiante peut prendre des proportions exagérées.
Ce ne sont pas des nouvelles fantastiques, mais le doux malaise produit par ces histoires fait tout de même penser à cette tonalité.
C'est le corps qui est mis à nu dans ce recueil, ce corps qui devient omniprésent dans cette société du paraître.
Ainsi la première nouvelle parle-t-elle d'un photographe qui ne prend en photo que des paupières. Photographe officiel d'un chirurgien réputé de Paris, il a la charge de prendre des photos avant et après l'opération. Au fil du temps, l'oeil averti du photographe trouve que ses photos faites après l'opération se ressemblent toutes. Il trouve même que ces paupières sont abominables ...
Dans la dernière nouvelle s'élève la voix d'une patiente internée volontairement dans une clinique pour troubles capillaires.
Dans "Bonsaï", le narrateur japonais trouve refuge dans une serre d'un jardin botanique. Des visites anodines qui bouleverseront sa vie.
C'est ce qui rend ce recueil étrange : à partir de situations quotidiennes, l'auteur crée un monde à la limite du fantastique. Ce n'est pas l'histoire qui devient fantastique, c'est le monde dans lequel nous vivons qui l'est.
Ce sont donc des personnages qui semblent anormaux mais qui finalement nous ressemblent un peu.
Le toute est servi dans un style finement ciselé.
Ce recueil a obtenu le prix littéraire franco-mexicain Antonin Artaud.
Actes Sud, 140p, 15€, mars 2009
Si la couverture vous plaît, je vous conseille d'aller voir le site de l'illustratrice Nicoletta Ceccoli.
Thierry Clermont (Figaro) parle de féérie renversée.
Xavier Houssin (Le Monde): Aucune complaisance chez Nettel. Mais elle va chercher loin où ça démange. Depuis longtemps.
Emilie Vitel (Evene) : Tels des morceaux choisis, chacune des nouvelles de Guadalupe Nettel
sonde plus avant la déraison du monde, l’interroge et l’ausculte, la
provoque afin d’en saisir l’essence. Et si ces histoires deviennent
"embarrassantes", c’est qu’elles sonnent comme un rappel à l’ordre,
qu’elles clament qu’en tout lieu et à tout instant la folie peut
frapper.
J'ai adoré ce recueil. J'ai été impressionnée par la plume de Guadalupe Nettel.
Je dois faire un billet dans les prochains jours.
Je lirai ton billet attentivement ! :D
Ravie de lire ton enthousiasme ! ;)
l'illustration me fait penser à Benjamin Lacombe, merci de me faire découvrir Nicoletta!
Le contenu et le contenant, plutôt hors du commun, font vraiment envie. :)
Je ne lis guère de nouvelles mais ce recueil me plairait peut-être (et j'aime bien la couverture !).
Je connaissais déjà l'illustratrice (c'est d'ailleurs celle qui illustre le "Prédicateur", de Camilla Läckberg) au travers d'images aperçues ici ou là, mais maintenant je pourrai mettre un nom sur ces oeuvres peu banales !
Les nouvelles c'est pas trop mon truc alors je passe !
Ah je me souviens bien de l'achat sur ce stand... Un ouvrage qui a l'air bien intéressant. Bon choix ;)
Hmmm... ça donne envie ! Mais je croyais que tu n'étais pas fan du genre de la nouvelle, si ? (ou alors je confonds ???)
Encore une fois, mon esprit frivole prend le dessus et bave devant cette couverture sublime qui, à elle seule, me donne envie de lire ce livre (je sais, je sais)
(et je n'ai pas oublié ces premières scènes sous la douche... *_* ce qui me donne envie de revoir le film, même si je ne l'avais pas aimé plus que ça - à part la scène de la douche, j'ai bien aimé l'idée de la voiture qui se conduit toute seule et avec des trucs qui peuvent s'afficher sur le pare-brise)
Ca m'intéresse, tant le fond que la forme ^^(et bien oui, une couv réalisée par Nicoletta Ceccoli ça se remarque!)
Merci pour cette nouvelle trouvaille que j'ajoute à ma loooongue liste :D
je l'ai eu en main mais j'avais peur que ce ne soit trop répétitif.
La couverture donne très envie !
Hum hum!!! Bien intrigant tout ça!
J'aime beaucoup les illustrations de Nicoletta Ceccoli, toutes en délicatesse, mais en même temps étranges et un peu inquiétantes. Comme ce recueil de nouvelles, apparemment ! Je le note !
Moi aussi j'avais remarqué ce livre surtout pour sa couverture bien intrigante. Il faut dire que je suis fan de cette illustratrice Nicoletta Ceccoli.
Et l'univers de ces nouvelles à l'air d'être tout aussi intéressant donc à voir ;-)
@ Faelys :
Cette illustratrice est un peu plus "morbide" que Lacombe, mais c'est vrai qu'il y a un p'tit air ! ;)
@ In Cold Blog :
Lors de ma première excursion au salon du livre, mes yeux s'étaient directement posés sur cette couverture. Mais j'avais reposé le livre après avoir lu "l'auteur dévoile dans leur plus déconcertante intimité les âmes tourmentées qui croisent notre route" sur la quatrième de couverture. J'ai -je l'avoue- eu peur.
Mais une amie m'a rassurée en me disant que les nouvelles n'étaient si glauques que ça. ;)
@ Brize :
C'est aussi ce que je me suis dit en lisant ton billet sur le nouveau Camilla Lackberg. ;)
@ Saxaoul :
Bizarrement, là je n'ai pas ressenti le manque que peut me produire ce genre. L'atmosphère est parfois si étrange que terminer une histoire fait de nouveau mieux respirer ! ;)
@ Stephie :
Très bon choix, oui ! :D
@ Cachou :
La première impression est souvent la bonne. La couverture est tellement en adéquation avec le contenu qu'elle semblerait avoir été faite spécialement pour ce livre.
@ Alwenn :
Disons que ce n'est pas le genre que je préfère. Mais certaines tonalités s'y prêtent mieux que d'autres. C'est le cas ici.
En revanche, ce ne sont pas vraiment des nouvelles à chute. On laisse le personnage continuer seul sa route. La fin est généralement ouverte. ;)
@ Sabbio :
J'aime beaucoup cette illustratrice, découverte il y a quelques mois à je ne sais plus quelle occasion.
@ Cathulu :
Nulle répétition dans ce recueil : les narrateurs et les lieux sont différents. L'atmosphère est plus ou moins légère. Non, pas de répétitions. :D
@ Calypso :
C'est elle qui m'a attirée moi aussi. ;)
@ Keisha :
Les différentes histoires le sont aussi. :)
@ Virginie :
Si tu aimes ce qui se dégage de ces illustrations, le livre devrait te plaire. ;)
@ Alice :
A découvrir, oui !
En revanche l'auteur a aussi écrit un roman "L'hôte" qui me glacerait le sang.
Résumé sommaire trouvé sur le net : Ana, la narratrice, sait depuis l’enfance qu’un hôte intérieur se terre en elle. Attendant le moment propice pour prendre définitivement possession de son être, La Chose surgit parfois des profondeurs.
Brrr
Je disais justement sur mon blog que j'étais de moins en moins attirée par les nouvelles. Mais en voyant cette couverture sublime, et en lisant ton billet, je suis déjà prête à me laisser tenter de nouveau.
Je n'aime pas trop ce genre non plus car je reste toujours sur ma faim. Mais ce recueil est vraiment différent. Chaque histoire forme vraiment un tout à part. :)
Je l'ai feuilleté lors de ma dernière déambulation en librairie. J'ai de suite été attirée par la couverture. Mais je suis ressortie les mains vides. Quel exploit !
Ah, j'ai a-do-ré ce livre !!! Quelque chose de nouveau, j'ai fait, c'est vrai, un rapprochement avec la littérature fantastique, parce que le ton m'embarquait pour des contrées inexplorées, mais ce n'est pas un ouvrage fantastique, c'est mieux que cela :-)
Magnifique couverture ! Et le contenu à l'air troublant comme j'aime : il me fait très envie ce livre !
@ La liseuse :
C'est aussi ce que j'ai fait la première fois que j'ai vu ce livre ... mais je n'ai pas résisté bien longtemps. ^^
@ Lolo :
Oui, oui mais tu n'es pas la seule. Je crois avoir lu dans un magazine que le style de Nettel faisait penser à celui d'Edgar Allan Poe. ;)
Merci d'avoir vaincu mes réticences envers ce livre. Effectivement les histoires sont supportables, même pour la chochotte que je suis. :P
@ Ys :
Je ne m'en lasse pas non plus. ;)
J'avais déjà retenu ce livre par sa couverture, mais ce que tu en dis me pousse à en prendre note ! ;-)
ouh j'ai bien envie de le lire celui-ci!!! je le trouve fort original!!
Petit coucou... A un blog où j'aime revenir... car il est sympatique ..
A bientôt....
Lorent et ses 2900 trésors les tailleS-crayon...
@ Florinette :
A ajouter sur la loooooongue liste (j'avoue, celui-ci est passé devant d'autres qui attendent depuis longtemps. ;) )
@ Lael :
Oui, c'est le mot : original !
@ Taille-crayon :
Merci ! :)
Très très tentant!
@ Fashion :
Oui ! :)
D'ailleurs, ce serait p'tre l'occasion d'en faire un livre-voyageur ?
(Je ferai un billet.... vais pouvoir faire un vœu, car ce sera mon premier livre-voyageur :P)
Je ne suis pas certaine que ça me plaise...je passe, mais la couverture est magnifique, oui !!
Là aussi il faut être dans certaines dispositions pour lire ce livre. ;)
Oh oui, un livre-voyageur, chouette, je m'inscris tout de suite! :))
Calamity Fashion ! :D
Tu as dégainé la première ! ;)
A lire ton artile (passionnant comme toujours), on pense un peu aux auteurs japonais avec leur façon de créer un malaise indéfini, je pense à Ogawa en particulier...
Leur univers a-til quelque ressemblance ou suis-je à côté de la plaque?
Oh, merci Sybilline. :-)
Je ne peux pas te répondre pour le moment car je n'ai jamais lu Ogawa ... mais un de ses livres est dans ma PAL. :D
J'aime beaucoup l'illustration! Ca semble vraiment particulier comme atmosphères!!
@ Karine :
La couverture est vraiment à l'image du livre. L'auteur n'aurait pas pu trouver meilleure illustration pour son livre. :)
Je viens de chez fashion qui disait que le livre voyageait. Puis-je m'inscrire aussi ?
Bien-sûr, oui. :) Envoie-moi ton adresse par mail. ;)
J'arrive de chez Alex "mots à mots" qui en ap fait un billet très alléchant alors pourrai-je le recevoir en livre voyageur mais ce n'est pas pressent car j'en ai déjà un à lire. Peux tu me dire si tu acceptes ?
Merci beaucoup et à très bientôt.
Je réponds à ton mail dans la soirée. :)