Une vieille maison qui semble hantée, une femme à la recherche d'un secret enfoui, un homme qu'elle n'a pas vu depuis 10 ans, et des contes de notre enfance.
Tels sont les ingrédients du dernier livre de Nathalie Rheims.
Le roman (autobiographique ?) sent la naphtaline et le chocolat chaud avec un soupçon d'angoisses enfantines.
Ce livre s'ouvre sur un voyage en train qui prend fin, mais un autre voyage débute : celui d'une femme qui a un compte à régler avec son passé. Elle a un secret enfoui en elle et elle pense que Roland pourra, grâce à ses dons en psychanalyse, le faire remonter à la surface.
C'est un homme qu'elle n'a pas vu depuis dix ans qui vient lui ouvrir. Le contact est difficile. Dix ans que cet homme, délaissé par la mère de la narratrice et par sa femme, a tout quitté.
La maison dans laquelle il vit n'est guère accueillante, cette habitation regorge même d'endroits interdits ou hostiles.
Et voilà l'originalité du récit : la narratrice est, dans cette maison, confrontée à plusieurs contes de notre enfance. Est-ce Roland qui lui interdit d'accéder à une pièce de l'étage, ou est-ce Barbe Bleue ? Et quand la narratrice se pique avec le fuseau du rouet, ne devient-elle pas pour un temps la Belle au Bois dormant ? Et pourquoi chaque matin la narratrice trouve-t-elle un nouveau conte sur sa table de chevet ?
Réalité et fiction s'interpénètrent, la narratrice est prise de vertiges. Roland, lui, semble imperturbable. Son métier le rend sans doute plus imperméable à toutes ces manifestations surnaturelles. Ou peut-être est-ce autre chose ?
Le rouet qui parcourt ce récit symbolise la narratrice bien obligée de filer sa vie mais à l'envers, à la recherche d'un secret enfoui. Tout comme dans le conte, elle devra faire face à des opposants, et sera aidée par des adjuvants. Le fantastique fait même de nombreuses fois irruption.
J'ai été embarquée dans ce récit, dans cette quête identitaire (Ne cherche-t-on pas tous un secret, un non-dit qui nous empêcherait d'avancer sereinement ?), même si certaines allusions aux contes de notre enfance sont bien trop faciles ... Je pense que Nathalie Rheims n'a pas assez tiré parti de ces contes.
Le charme agit tout de même, et la fin de ce récit montre bien à quel point l'esprit humain est capable de bien des prouesses pour enfouir certaines souffrances trop difficiles à gérer sur le coup.
Ed. Léo Scheer, 180p, 14€
C'est cette phrase de Clarabel qui m'avait donné envie de découvrir ce roman : accepter ce qu'elle avait occulté, à se réconcilier avec sa mémoire.
Ca semble très tentant, ce livre... je ne me rappelle pas de l'avis de Clarabel mais si je ne l'y avais pas noté, je le fais maintenant. Même si les allusions aux contes sont un peu faciles, ça me plait généralement!
D'après l'aperçu que j'ai de tes lectures, je pense que ce livre rempli de contes, mais aussi de fantastique devrait te plaire. :)
Je savais que les contes permettaient aux enfants de grandir, là il s'agit d'une femme pas encore devenue adulte qui en a besoin ...
PS : J'ai vu un Samsung Hello Kitty. J'ai de suite pensé à toi ! :))
Je n'aime pas Nathalie Rheims, voilà c'est dit, il en faut bien aussi, elle ne rentre pas un instant, même pas l'espace d'une virgule dans "ma" catégorie d'écrivains.J'ai lu "L'ombre des autres", désolée si je choque les lecteurs et lectrices, ce livre était une insondable niaiserie, je me demande si je ne préfère pas Guy des Cars, c'est dire !
Forte de mon idée de laisser une deuxième chance ceux que je n'aime pas, j'ai tenté un essai avec ce livre, il m'est tombé des mains à la 25e page, c'est sans espoir, j'en ai peur ;-)
Chez les Rheims, je préfère le père et la soeur Bettina, ouala !
Je ne connais pas. ^^
Mais je te comprends, Lolo. Ce livre ne m'a pas plu pour son style que je trouve plat (surtout après avoir lu Audeguy ...) et convenu.
C'est davantage l'histoire de cette femme à la recherche d'un secret enfoui qui m'a encouragée à lire ce livre. J'ai totalement cédé à l'identification, j'avoue.
De Nathalie, j'avais lu "Lettre d'une amoureuse morte". C'est la 4ème de couverture qui m'avait attirée :
« Tout était si simple avant toi/je suis morte de cet amour... »
Bing, là encore identification ...
Je pense que Nathalie Rheims tire son succès de là car elle écrit toujours sur des sujets porteurs.
Qui ne cherche pas un secret enfoui ? Qui n'a jamais vécu la perte d'un amour ?
Nous sommes parfaitement d'accord je le vois sur le style de Nathalie:-)
Bettina, sa soeur est photographe et de grand talent.
Ah mais oui bien-sûr ! Elle a sorti un livre pour la liberté de la presse !
Punaise, j'ai toujours autant de mal avec les noms.
*smiley qui rougit*
(Je suis aussi dans les starting-blocks ! Cf. ton blog-it express !!!! ;))
C'est en voyant ton blog-it que j'ai sursauté ! Déjà ! Rouuuuuh ! ^^
Je viens d'achever cette lecture. Je trouve dommage que l'auteur ait gâché tous les ingrédients mis à sa portée pour faire un vrai petit chef d'oeuvre.
Si le thème est fédérateur, je trouve l'utilisation des contes bien trop superficielle, et l'aspect fantastique bien mal ficelé.
De plus, l'écriture est vraiment simplette.
Désolée, je n'ai pas adhéré.
J'avais aussi trouvé les allusions aux contes de fées conventionnelles, mais la quête identitaire avait pris le dessus.
Je comprends tout à fait ton point de vue sur l'écriture.
En revanche, le Somoza est bien écrit et super bien ficelé. Après Rheims, cela va te faire un choc ! :P
Je vais attaquer Somoza dès ce soir alors. (rires)
Je vais attaquer Somoza dès ce soir alors. (rires)
et bien moi j'ai passé un bon moment de lecture avec ce livre très court, mais assez dense.
Je me suis laissée porter dans cette ambiance de rêves, de cauchemars, de contes et de fantômes. Je trouve que l'auteur a pas mal de talent pour nous parler avec délicatesse des blessures de l'âme.
Je n'ai rien lu d'autre, et j'avoue que le personnage est un peu dérangeant, mais honnête dans son travail d'écriture.
J'ai moi aussi été charmée par cet univers crée par l'auteur, même si l'utilisation des contes est trop simpliste ... Le canevas n'a rien de surprenant à la longue.
Merci de ta visite. Je découvre avec plaisir ton très beau blog. Je viens de parcourir ton compte-rendu du "Chemin des Sortilèges". J'y lis notamment que "l'utilisation des contes est simpliste" mais, à mon avis, dans l'esprit de l'auteur, il n'est probablement qu'un fil conducteur. Il y a quelque temps que j'ai lu ce livre et j'ai toujours en tête cette quête et l'univers de l'héroïne. C'est ce qui fait d'un livre sa réussite : on ne parvient pas à s'en défaire et il vous hante! A très bientôt.
Un fil conducteur, oui je pense aussi. Je pense que cet auteur écrit surtout pour se décharger de certaines tensions. Grâce à l'écriture de ce livre, elle tente d'exorciser certaines peurs, voire certains manques.
Aujourd'hui, du livre il me reste surtout une impression d'atmosphère étouffante.
Un ouvrage à relire et à relire.